© BPK, Berlin, Dist. RMN-GP - Heinrich Hoffmann
Titre : Rencontre entre Hitler, Ribbentrop et Pétain.
Auteur : Heinrich HOFFMANN (1885-1957)
Date de création : 1940
Date représentée : 24 octobre 1940
Technique et autres indications : Photographie
Lieu de Conservation : Bayerische Staatsgemäldesammlungen: Neue Pinakothek (Munich (Allemagne)) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 04-505687
© BPK, Berlin, Dist RMN-Grand Palais - Photographe inconnu
Titre : Le Ministre de l'Intérieur Ribbentrop et le chef de l'OKW Keitel saluent le maréchal Pétain.
Date de création : 1940
Date représentée : 24 octobre 1940
Technique et autres indications : Photographie
Le Ministre de l'Intérieur Ribbentrop (au milieu) et le chef de l'OKW (Haut Commandement de l'Armée de terre allemande) Keitel (tout devant) saluent le maréchal Pétain avant le début des discussions avec Hitler
Lieu de Conservation : Bayerische Staatsgemäldesammlungen: Neue Pinakothek (Munich (Allemagne)) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 04-505703
La rencontre du 24 octobre 1940
Le 24 octobre 1940, le maréchal Pétain rencontre pour la première fois Hitler et son Ministre des Affaires étrangères dans la gare de Montoire-sur-le-Loir (Loir et Cher). Après une poignée de main échangée entre les deux hommes sur le quai, la discussion se déroule dans le wagon personnel du Führer. Précédée et préparée par la rencontre du 22 octobre entre Pierre Laval (alors Ministre des Affaires étrangères) Hitler et Ribbentrop, cette entrevue visant à préciser les principes de la collaboration du gouvernement français avec l’Allemagne nazie n’a pas de caractère officiel, et ne débouche sur aucune mesure précise.
Elle comporte toutefois une forte valeur symbolique, qui lui confère une importance historique et politique. De ce fait, les images de l’événement réalisées par la propagande nazie et largement diffusées jouent, notamment en France, un rôle considérable dans les représentations, la perception et les conceptions associées à la fois au régime de Vichy et au maréchal Pétain. Les deux photographies techniques réalisées le 24 octobre 1940 dans le cadre du tournage d’un film d’actualités consacrés à l’événement et ici étudiées, Rencontre entre Hitler, Ribbentrop et Pétain, d’Henrich Hoffmann et Le Ministre de l'Intérieur Ribbentrop et le chef de l'OKW Keitel saluent le maréchal Pétain sont donc en elles-mêmes très significatives.
La défaite incarnée
Le Ministre de l'Intérieur Ribbentrop et le chef de l'OKW Keitel saluent le maréchal Pétain immortalise la rencontre entre les deux délégations. Elle est centrée sur la poignée de main entre le maréchal Pétain et le chef de l'OKW (Haut Commandement de l'Armée de terre allemande) Keitel (au premier plan), tous deux en uniforme, puis composée suivant la ligne diagonale formée par la délégation nazie. Au second plan et à droite de Keitel, le Ministre de l'Intérieur Ribbentrop (en uniforme lui aussi) salue un autre membre de la délégation française, qui reste ici invisible. A l’arrière plan plus droite, un simple soldat de la Wermarth armé de son fusil regarde Pétain, le visage de trois quarts par rapport à l’objectif.
Prise par l’un des photographes « officiels » d’Hitler, Henrich Hoffmann, Rencontre entre Hitler, Ribbentrop et Pétain est assez saisissante. Structurée par la présence de nombreux cadres (celui du wagon, exigu ; celui des fenêtres aux rideaux tirés ; celui de la table ; celui des étagères ; celui de l’horloge), l’image est comme prise sur le vif, en dehors de toute pose (Ribbentrop semble ainsi surpris, et à moitié hors cadre). Dans une atmosphère sombre (les bois du wagon) rehaussée des reflets de la lumière artificielle (y compris sur les cheveux brillantinés d’Hitler), Pétain croise les mains, le regard vide et perdu, sous le regard en biais presque carnassier d’Hitler.
Les vainqueurs et le vaincu
Ces deux photographies montrent tout d’abord que la France vaincue entend collaborer avec la puissance occupante. Accueilli et reçu par les plus hauts responsables nazis, le maréchal est traité et respecté en homme d’Etat (et en militaire), salué et placé à la même table qu’Hitler. Partenaire à part entière, la France conserverait ainsi sa souveraineté, sa dignité et son honneur. Pour le régime de Vichy, il s’agit de signifier que la défaite peut être transformée en participation d’égal à égal à l’ordre nouveau. Pour les nazis, cette mise en scène pourrait servir à s’assurer de la collaboration du peuple français, qui, si elle n’est pas essentielle, constitue tout de même un atout stratégique et tactique.
Cependant, de nombreux éléments distinguent assez nettement et assez durement les vainqueurs et le vaincu. Volontaires (s’il sont destinés à la réception par un public mondial, et notamment allemand) ou plus indirects (ils pourraient desservir auprès du public français), ils suggèrent aussi l’humiliation française. Ainsi, on peut opposer le pluriel des vainqueurs au singulier du vaincu, puisque Pétain apparaît seul face aux Allemands sur les deux images. D’autre part, et alors que la rencontre a lieu en France, ce sont bien les nazis qui accueillent Pétain : le soldat armé de la seconde image rappelle que l’ordre est assuré par les occupants, tandis que le wagon de Rencontre entre Hitler, Ribbentrop et Pétain, est bien celui d’Hitler, qui préside la séance (en bout de table). Enfin, cette dernière image propose le saisissant contraste entre un vieil homme fatigué, hagard (le regard flou) et un chef dont le regard noir, cruel et déterminé a tout de celui, humiliant, du prédateur sur sa proie.
L’ambiguïté d’une telle image incarne en fait celle du Régime de Vichy, qui tente de concilier défaite et honneur.
Auteur : Alexandre SUMPF
Hitler aura davantage besoin de racketer la France après l'échec de son attaque contre la Russie.
D'un autre côté, la publication de tels clichés a permis à nombre de Français de comprendre où ils en étaient arrivés.
A vouloir trop en faire, les nazis ont mis en place, eux-mêmes, de quoi redonner à la France vaincue l'envie de redevenir elle-même.
Humilier pour humilier me paraîtra toujours une politique à très courte vue et, ceci, où que ce soit.
je ne vous répondais pas, je commentais les images.
Mais, puisque en vous venez sur ce terrain, je vous conseille de relire les "mémoires d'un soldat", du Général Guderian, de loin le meilleur stratège de Hitler.
Il n'avait pas du tout la même vision que vous.