Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
S'abonner à
L'Histoire par l'image
Ajouter à un album

Albums liés

Les chemins de fer (8 études)

Cheminots, syndiquez-vous.
Cheminots, syndiquez-vous.
Jules GRANDJOUAN

La banlieue parisienne (4 études)

Les coquelicots.
Les coquelicots.
Claude MONET

Découvrez aussi

L'évolution du paysage industriel

Fabriques à Argenteuil.
Fabriques à Argenteuil.
Gustave CAILLEBOTTE

Les tramways électriques dans les villes françaises

Rue de Nice. Tramway.
Rue de Nice. Tramway.
Jean GILETTA

Victor Laloux, l'architecte de la gare d'Orsay

Victor Laloux (1850-1937), architecte.
Victor Laloux (1850-1937), architecte.
Adolphe DESCHENAUX, dit DECHENAUD

La prise de la Bastille, le 14 juillet 1789

Prise de la Bastille et arrestation du gouverneur M. de Launay, le 14 juillet 1789.
Prise de la Bastille et arrestation du gouverneur M. de Launay, le 14 juillet 1789.

Les ouvriers belges vus par Léon Frédéric

Les âges de l'ouvrier.
Les âges de l'ouvrier.
Léon FREDERIC

Le chemin de fer dans le paysage français

Le pont de chemin de fer à Argenteuil.
Le pont de chemin de fer à Argenteuil.
Claude MONET

La puissance industrielle britannique

Les docks de Cardiff.
Les docks de Cardiff.
Lionel WALDEN

La gare dans le paysage urbain

La gare de banlieue. La gare de banlieue.
Georges d' ESPAGNAT.
La gare. La gare.
Auguste CHABAUD.
commentaires 0 commentaire commentaires
La gare de banlieue.

© ADAGP, © Photo RMN-Grand Palais

Agrandissement
»

Titre : La gare de banlieue.

Auteur : Georges d' ESPAGNAT (1870-1950)
Date de création : 1895
Dimensions : Hauteur 97 cm - Largeur 130 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris) ; site web
Contact copyright : ADAGP, 11, rue Berryer. 75008 Paris. Tél: 33+01-43-59-09-78. Adagp@adagp.fr / Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 86EE1648/RF 1979-21

La gare.

© ADAGP, © Photo RMN-Grand Palais - G.Blot

Agrandissement
«

Titre : La gare.

Auteur : Auguste CHABAUD (1882-1955)
Date de création : 1907
Dimensions : Hauteur 73 cm - Largeur 100 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée d'Art moderne de Troyes (Troyes) ; site web
Contact copyright : ADAGP, 11, rue Berryer. 75008 Paris. Tél: 33+01-43-59-09-78.adagp@adagp.fr ; site web
Référence de l'image : 96DE5370

  Contexte historique

Avec le développement du réseau ferré apparaissent des ouvrages et des équipements nouveaux, mais aussi des lieux qui n’existaient pas auparavant. Les gares, qui s’insèrent dans le tissu urbain, sont dans la deuxième moitié du XIXe siècle l’un des symboles de la civilisation moderne, comme les Expositions universelles et les grands magasins. A Paris, leur emplacement a été décidé sous Louis-Philippe : les gares Montparnasse, du Nord, de l’Est, Saint-Lazare et d’Orléans-Orsay ont été placées à la périphérie de la ville, contrairement à celles de Londres, construites le plus près possible du centre. Leur architecture est très travaillée : Hittorff, concepteur de la façade de la nouvelle gare du Nord à Paris, l’orne d’arcades vitrées, de colonnes et de pilastres néo-grecs. Pavillons, frontons, pilastres et statues couvrent l’extérieur de la gare d’Orsay. Mais, plus que les aspects architecturaux ou techniques, il nous faut saisir la trouble « poésie des gares » qui sut charmer Zola à l’exposition impressionniste de 1877.

  Analyse des images

La toile de Chabaud, peinte au début du XXe siècle, évoque moins une gare qu’un tunnel ou une souricière géante, dont l’ouverture est fermée à moitié par une herse et que s’apprête à quitter un train surmonté d’un panache noir. Elle n’est éclairée par aucune couleur, hormis le bleu de la vapeur au loin et le rouge des feux arrière. La perceptive des rails a beau guider le regard vers l’extérieur, le convoi a beau s’échapper vers la lumière, la voûte de la gare semble happer le spectateur. A l’intérieur de cette structure massive, formée tout d’un bloc, opposée en tous points aux délicates cathédrales modernes que sont les gares des Impressionnistes, on ne peut s’empêcher d’éprouver un sentiment d’oppression.

La Gare semble appartenir au même univers de noirceur que le Voyage au bout de la nuit de Céline, publié vingt-cinq ans plus tard. La Gare de banlieue d’Espagnat, au contraire, est construite à ciel ouvert et inspire l’apaisement. Alors que la Gare est plongée dans l’anonymat, les figures sont ici représentées en grande taille et avec précision : une élégante bourgeoise et sa fille attendent tranquillement l’arrivée à quai du train qui se profile, au fond, dans un nuage de vapeur. Les couleurs claires allègent la composition (fondée sur la diagonale de la voie dans la moitié gauche), tandis que le tableau de Chabaud repose sur une saturation de noir qui accuse la monumentalité du lieu et la sensation d’étouffement.

  Interprétation

Les deux tableaux, pourtant, illustrent une même réalité, les nouveautés introduites par le rail dans la région parisienne. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, les voies ferrées pénètrent au cœur des villes, facilitant les échanges, améliorant les communications entre les régions, accroissant la mobilité des citadins et des banlieusards. S’il est plus facile de quitter les villes, il est aussi plus aisé de s’y rendre. Le gain de temps est net : dans la banlieue sud de Paris, en 1861, le train ne met plus qu’une heure pour parcourir 15 à 20 km. Les progrès seront rapides : en 1871 se réunit une commission technique chargée de réfléchir à l’extension du réseau ferré (chemins de fer et tramways) de la Seine, afin de mieux intégrer Paris à sa banlieue, d’améliorer la circulation intra muros et de faciliter les échanges entre le centre et la périphérie.

Assuré en province par la modernisation des lignes de tramways électriques et à Paris par la construction du métro, le développement des transports collectifs de masse permet l’expansion spatiale de la ville. Le point d’intersection entre le citadin et la voie ferrée est la gare. Et, de fait, la Gare et La gare de banlieue (l’article défini est révélateur, comme si le peintre représentait un idéal-type) célèbrent l’apparition d’un lieu d’un genre nouveau, un lieu ouvert de départs, d’attentes, de trafic, inquiétant et confiné comme dans la toile de Chabaud, paisible et familial comme dans celle de d’Espagnat.

Auteur : Ivan JABLONKA


Bibliographie

  • Georges DUBY (dir.), Histoire de la France urbaine, t. 4, « La ville de l’âge industriel », Paris, Seuil, 1983.
  • Alain FAURE (dir.), Les Premiers Banlieusards. Aux origines des banlieues de Paris (1860-1940), Paris, Créaphis, 1991.
  • Annie FOURCAULT (dir.), Un siècle de banlieue parisienne (1859-1964), Paris, L’Harmattan, 1988.
  • Bernard MARCHAND, Paris, histoire d’une ville (XIXe-XXe siècle), Paris, Seuil, 1993.

Commentaires

Laisser un commentaire :

twitter

facebook










Haut de page