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Pierre PATEL.
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Pierre PATEL.
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Vue du château et des jardins de Versailles.

© Photo RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Gérard Blot

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Titre : Vue du château et des jardins de Versailles.

Auteur : Pierre PATEL (1604-1676)
Date de création : 1668
Dimensions : Hauteur 115 cm - Largeur 161 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 96-001865 / MV765

Vue du château et des jardins de Versailles (détail).

© Photo RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Daniel Arnaudet

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Titre : Vue du château et des jardins de Versailles (détail).

Auteur : Pierre PATEL (1604-1676)
Date de création : 1668
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 84-000903 / MV765

Vue du château et des jardins de Versailles (détail).

© Photo RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Daniel Arnaudet / Gérard Blot

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Titre : Vue du château et des jardins de Versailles (détail).

Auteur : Pierre PATEL (1604-1676)
Date de création : 1668
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 84-000902 / MV765

Vue du château et des jardins de Versailles (détail).

© Photo RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Daniel Arnaudet

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Titre : Vue du château et des jardins de Versailles (détail).

Auteur : Pierre PATEL (1604-1676)
Date de création : 1668
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 84-000907 / MV765

  Contexte historique

La seule vision de ses bâtiments évoque l'absolutisme et le classicisme. Versailles est aujourd'hui un élément constitutif, inamovible et intemporel du « roman national français ». De ce fait, sa longue construction, et les différentes étapes de celles-ci, sont souvent occultées. Le tableau de Pierre Patel, classique huile sur toile de taille modeste (1,15 x 1,61 m) présentant le palais fragmentaire et inachevé tel qu'il apparaît en 1668, est donc particulièrement intéressant.

A cette date, le règne personnel de Louis XIV a tout juste commencé. Le roi Soleil ne fréquente Versailles que depuis quatre ans. Les aménagements présents en 1668, et donc sur ce tableau, reflètent les priorités du monarque : les jardins sont dessinés, organisés et verts, la Grotte de Thétys, lieu de détente, est présente (bâtiment en forme de carré à gauche de l'entrée principale, surmonté par des sculptures). Au contraire, la chapelle, construite en 1710, n 'existe que sur les plans. La toile de Patel rappelle que jusqu'en 1789, Versailles est un éternel chantier où « il n'y a pas un endroit qui ait été modifié dix fois », selon les dires de la Princesse Palatine. De plus, cette peinture s'inscrit dans un ensemble de tableaux présentant les demeures royales commandé par le roi. Le palais présenté ici est donc celui que veut montrer le souverain : une demeure, mais aussi un instrument de puissance et de prestige.

  Analyse des images

Le tableau s'organise autour d'un axe central, la perspective Est-Ouest du château. Il est matérialisé par le canal, le bassin de Latone (même si celui-ci n'a pas encore reçu ses statues, commencées l'année même du tableau), le pavillon de Louis XIII, dont le centre sera occupé par la chambre du roi à partir de 1701, la Cour de Marbre et la future avenue de Paris.
Cette ligne crée une véritable trouée dans le relief, manifestement exagéré par le peintre. Par elle, le peintre il montre que la nature est dominée par le roi-soleil : les collines semblent repoussées par le bassin, les marais disparaissent au profit de jardins à la française agencés par Le Nôtre à partir de 1662. Cet axe se dissout au loin dans le flou du paysage, affirmant l'infini du pouvoir royal. De même, au premier plan, il explose en une multitude de chemins, donnant l'impression de rayonner et tissant un parallèle avec le soleil, symbole choisi par le roi dès 1654.

Le thème du soleil est repris dans l'organisation même du tableau : l'axe Est-Ouest choisi rappelle la course diurne de l'astre. Par le point de vue choisi, panorama surplombant l'ensemble des bâtiments, par les stricts jardins à la française et par la rigueur de son organisation, le tableau paraît géométrique, presque une « froide machine de gloire » (J. Cornette). Pour humaniser la toile, Patel a fait figurer un cortège entrant dans le palais, dans le coin inférieur droit de la toile.

La seule présence humaine du tableau s'organise autour du carrosse du roi, rappelant ainsi que ce dernier est le centre de gravité de la Cour, et ce dès 1668. Curieusement, aucun ouvrier, aucun chantier n'apparaît sur le tableau, alors même que près de 2% des dépenses du royaume sont consacrées à l'embellissement du palais, et qu'en 1685, selon un courtisan, plus de 36 000 personnes travaillent sur le chantier. Cette absence ne s'explique pas seulement par la fin de la première phase d'agrandissement (1664-1668), et la priorité alors donnée à la Guerre de Dévolution (1667-1668). Le peintre montre que c'est par le roi que s'organise et se construit le palais ; lui et ses courtisans sont les seuls dignes d'être immortalisés.

Les couleurs choisies tendent elles aussi à humaniser le tableau. Patel peint habituellement des ruines peu fréquentées. C'est par le jeu des couleurs chaudes qu'il parvient à leur donner une atmosphère rassurante. Le même procédé est appliqué pour Versailles : l'ocre des bâtiments et des terrasses éclairés par la lumière solaire, ainsi que le ciel dégagé et rassurant, tendent à atténuer l'aspect froid et majestueux de la composition.

  Interprétation

Pourquoi immortaliser le château alors que les constructions n'en sont qu'à leurs balbutiements ?

Dès le début de son règne personnel, bien avant de s'y installer véritablement (1682), Louis XIV fait de ce lieu un symbole de son pouvoir, un « reliquaire de l'absolutisme » (J.Cornette). En inscrivant ce tableau dans un ensemble de peintures comprenant Fontainebleau, le roi-soleil cherche à ancrer son règne dans la lignée de ses prédécesseurs, et notamment de François Ier. Il est intéressant de tisser un parallèle entre ce tableau de Pierre Patel et le portrait de Louis XIV en costume de sacre peint par Hyacinthe Rigaud. Ce dernier diffuse l'idée de la puissance du roi grâce à son maintien et ses regalia.

De même, le tableau de Patel diffuse l'idée de la puissance du roi à travers ses réalisations, et notamment la plus grande d'entre elles, Versailles. Le tableau de Rigaud devait être envoyé à la cour de Philippe V d'Espagne, pour rappeler au Bourbon la majesté de son grand-père. On peut supposer que la vocation de ce tableau n'était pas de rester au Palais. Ces tableaux font « éclater aux yeux de tous la grandeur de la puissance royale », pour reprendre les mots de Bossuet. Étant deux commandes, ils rappellent aussi que l'Art, au XVIIe siècle, vit grâce aux subventions du souverain, dispensateur de pensions et d'offices, et se soumet à ses goûts et à ses exigences. Celles-ci conduisent à de nombreuses représentations du palais dans le style de Patel, comme L'Orangerie du Château ? de Versailles de Martin des Batailles ou les différents tableaux de son frère, Pierre-Denis Martin (Le Palais de Versailles, 1722).

Après l'aura de prestige et de puissance louisquatorzienne, la Révolution le parera d'une aura négative et sulfureuse, qui le poursuivra tout au long du XIXe siècle, malgré le succès du Musée d'Histoire de France par Louis-Philippe inauguré en juin 1837. Il faudra attendre le XXe siècle pour que les artistes s'approprient réellement le palais. Ce dernier entre dans la culture populaire : il est le cadre de films à grand succès comme Marie-Antoinette (S.Coppola, 2006), tout en s'ouvrant à l'art contemporain (Murakami en 2010).

Auteur : Baptiste LOY


Bibliographie

  • BAJOU Thierry, La peinture à Versailles, XVIIe siècle, RMN, 2000.
  • CORNETTE Joël (dir.), Vesailles, le pouvoir de la pierre, Tallandier, 2006.
  • COURAL Nathalie, Les Patel : Pierre Patel (1605-1676) et ses fils, Arthéna, 2001.
  • MAROTEAUX Vincent, Versailles, le roi et son domaine, Picard, 2000.
  • SOLNON Jean-François, Histoire de Versailles, Perrin, collection « Tempus », 2003.

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