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François MAROT.
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Louis XIV suivi du Grand Dauphin passant à cheval devant la grotte de Thétys à Versailles.

© Photo RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Hervé Lewandowski

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Titre : Louis XIV suivi du Grand Dauphin passant à cheval devant la grotte de Thétys à Versailles.

Auteur : ANONYME
Date de création : 1684
Dimensions : Hauteur 96 cm - Largeur 96 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 98-024036 / MV8075

Première promotion des chevaliers de l'ordre de Saint-Louis par Louis XIV.

© Photo RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Gérard Blot

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Titre : Première promotion des chevaliers de l'ordre de Saint-Louis par Louis XIV.

Auteur : François MAROT (1666-1719)
Date représentée : 8 mai 1693
Dimensions : Hauteur 51 cm - Largeur 76 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 95-001943 / MV2149

  Contexte historique

La cour de Louis XIV

Louis XIV choisit de stabiliser la cour à Versailles, qu’il fait aménager, agrandir et embellir. Il y multiplie les séjours jusqu’à s’y fixer définitivement le 6 mai 1682. La proximité des jardins et de forêts giboyeuses, mais aussi la mise de la noblesse à distance de Paris, contribuent à cette décision, le roi appréciant les plaisirs de plein air (chasses, promenades, fêtes) et se méfiant du passé frondeur de Paris.

A Versailles évolue une cour composée de plusieurs milliers de personnes, des plus hauts princes aux plus humbles serviteurs, qui gravitent autour du roi et de la famille royale. La création artistique est au service d’un mécénat politique, en particulier de la part du roi. Les représentations de la cour et de la famille royale participent de la mise en scène monarchique. L’artiste anonyme de Louis XIV et Monseigneur passant devant la grotte de Thétis est sans doute un proche de Van der Meulen. L’œuvre est difficile à dater (début des années 1670 ou début des années 1680) en raison de la délicate identification de la femme qui descend les quelques marches au premier plan.

En 1710, François Marot reçoit commande d’une esquisse afin de réaliser une des tapisseries de la série de L’Histoire du Roy. Sa contribution, La Première Promotion des chevaliers de l’ordre de Saint-Louis, en restera cependant à l’état de projet. La toile représente la création le 10 mai 1693 de l’ordre de Saint-Louis, qui récompense des officiers militaires ayant bien servi la monarchie.

  Analyse des images

La « société de cour »

Les deux peintures proposent deux représentations très différentes de la cour : une vision baroque, dynamique et de plein air de la société de cour organisée autour de la famille royale avant la stabilisation à Versailles, et une vision classique, figée et codifiée dans un lieu clos emblématique de la mise en scène royale à la fin du XVIIe siècle.

Dans la première œuvre, Louis XIV, dont la tête du cheval est au centre exact de la composition, passe devant la grotte de Thétis, construite en 1665-1666 sur le flanc nord du château de Versailles. Cette œuvre montre à la fois la diversité sociale de la cour – évidente dans la mode vestimentaire – et le cadre dans lequel elle vit. À l’arrière-plan, la tour de la pompe avait pour fonction d’amener l’eau aux fontaines du parc du château. La grotte de Thétis, détruite dans un remaniement de 1685, était un lieu de fête et de représentations théâtrales apprécié. L’artiste mêle des scènes pittoresques (partie gauche de la toile) à des scènes où agissent des personnes connues : le Grand Dauphin suit le roi à cheval ; madame de Montespan descend une volée de marche appuyée sur son frère le duc de Vivonne (à moins qu’il ne s’agisse de la dauphine Marie-Anne de Bavière) ; madame de Maintenon, gouvernante des enfants illégitimes du roi, s’occupe du petit duc du Maine, né en 1670 (à moins qu’il ne s’agisse du petit duc de Bourgogne né en 1682). La cour s’organise ici en groupes distincts : tandis que les courtisans contemplent Louis XIV et sa suite dans la partie droite de la composition, des personnes de rang social plus modeste (peut-être un voleur) s’animent à gauche, autour des cavaliers précédant le roi.

François Marot montre quant à lui une cour plus sérieuse et compassée. La solennité de l’événement – qui explique sans doute l’exclusivité masculine – ne dispense pas le peintre de prendre des libertés avec la réalité : la chambre du roi dans laquelle la cérémonie a effectivement eu lieu n’est pas celle qui est représentée ici et qui résulte d’un remaniement de 1701 ; les ombres indiquent que les fenêtres ouvrent au sud, alors qu’elles ouvrent en réalité à l’est, c’est-à-dire là où se situe le spectateur. Seul le roi est identifiable, même si on peut supposer que parmi les personnes agenouillées figurent le Dauphin, le duc d’Orléans, le duc de Chartres, le prince de Conti et le maréchal de Bellefonds, tous adoubés par Louis XIV ce jour-là. Conformément à l’étiquette, qui prescrit que nul ne se couvre dans la chambre du roi, seul le roi porte un chapeau, ce qui contribue à distinguer sa stature.

  Interprétation

La « civilisation des mœurs »

Louis XIV a exercé le pouvoir en organisant une vie codifiée à la cour, rendant ainsi la haute noblesse dépendante de son accessibilité. La vie de cour coûte cher aux courtisans, qui doivent se loger de manière souvent inconfortable, se vêtir à la mode et pour les plus riches d’entre eux entretenir un hôtel particulier dans la ville de Versailles. Pourtant, elle est recherchée comme un moyen de parvenir, comme un moyen éventuel de plaire au roi. Après la sédentarisation de la cour à Versailles en 1682 et le mariage morganatique du roi (l'union entre un souverain avec une personne de rang inférieur) avec madame de Maintenon en 1683, la cour devient plus grave, voire ennuyeuse pour certains observateurs. Les quelque dix mille personnes qui fréquentent quotidiennement le château de Versailles s’astreignent à respecter le cérémonial de cour, espérant approcher le monarque hiératique, dont la vie règle celle des courtisans. L’étiquette contribue à domestiquer la noblesse et la mobiliser au service du roi et de l’État. La « civilisation des mœurs » est, d’après Norbert Elias, un processus de normalisation des comportements et des sensibilités auquel la vie de cour a fortement participé. Par son éclat et les commandes qu’elle provoque, la cour est aussi un foyer de culture où le roi joue le rôle d’un mécène.

Auteur : Jean HUBAC


Bibliographie

  • ELIAS Norbert, La société de Cour, Flammarion, Paris, 2008 [1969].
  • LEFERME-FALGUIERES Frédérique, Les courtisans. Une société de spectacle sous l’Ancien Régime, PUF, Paris, 2007.
  • LE ROY LADURIE Emmanuel, Saint-Simon ou le système de la Cour, Fayard, Paris, 1997.
  • SOLNON Jean-François, La Cour de France, Fayard, Paris, 1987.

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