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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Jacques RIGAUD.
Vue du Cours de Marseille (boulevard de la Canebière) pendant l'épidémie de peste de 1720. Vue du Cours de Marseille (boulevard de la Canebière) pendant l'épidémie de peste de 1720.
Jacques RIGAUD.
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Le Dévouement de Monseigneur de Belsunce durant la peste de Marseille en 1720.

© Photo RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) / Thierry Le Mage

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Titre : Le Dévouement de Monseigneur de Belsunce durant la peste de Marseille en 1720.

Auteur : Nicolas-André MONSIAU (1754-1837)
Date représentée : 1720
Dimensions : Hauteur 130 cm - Largeur 162 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 02-013044 / INV6774

Vue de l'hôtel de ville et d'une partie du port de Marseille pendant l'épidémie de peste de 1720.

© Photo RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Franck Raux

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Titre : Vue de l'hôtel de ville et d'une partie du port de Marseille pendant l'épidémie de peste de 1720.

Auteur : Jacques RIGAUD (1680-1754)
Dimensions : Hauteur 24 cm - Largeur 48 cm
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 01-002039 / RecueildegravuresGrosseuvre150

Vue du Cours de Marseille (boulevard de la Canebière) pendant l'épidémie de peste de 1720.

© Photo RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Franck Raux

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Titre : Vue du Cours de Marseille (boulevard de la Canebière) pendant l'épidémie de peste de 1720.

Auteur : Jacques RIGAUD (1680-1754)
Date représentée : 1720
Dimensions : Hauteur 24 cm - Largeur 48 cm
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 01-002041 / RecueildegravuresGrosseuvre150

  Contexte historique

La peste qui s’abattit sur la ville de Marseille en 1720 est l’une des dernières manifestations d’une vague d’épidémie de la maladie qui toucha, à partir de 1580, la France moderne et l’Europe occidentale.

Avec une population de près de 100 000 habitants à la hiérarchie sociale fortement accusée, Marseille est alors la 3e ville du royaume de France, une ville portuaire au rayonnement international. Mais, en raison de la très forte densité de sa population, de son entassement et de sa promiscuité, l’épidémie va trouver dans la capitale phocéenne un terrain favorable à sa diffusion et faire des dizaines de milliers de morts. Ce drame aura des répercussions immédiates sur la démographie marseillaise et durable sur la prospérité commerciale de la ville.

Dans cette atmosphère de morts et de désolation, les commentateurs de l’époque, puis les historiens de Marseille, ont relevé l’attitude courageuse d’Henri François-Xavier de Belsunce de Castelmoron, évêque de Marseille, abbé de Notre-Dame des Chambons, conseiller du roi qui secourut les malades et ignora le danger. C’est ce comportement que Nicolas-André Monsiau (1754-1837) met ici en lumière. Le peintre, admis à l’Académie en 1789, inspiré par l’histoire antique et l’histoire contemporaine, reprend ici une tradition iconographique de représentations du drame marseillais, qui a produit depuis 1725 un ensemble iconographique varié (toiles, gravures, ex-voto, ensemble sculpté …) de plus d’une cinquantaine d’œuvres. On relève avant le tableau de Monsiau, les toiles, entre autre, de J.-F. de Troy, de M. Serre, de F. Gérard, de J.-L. David puis après lui celles du comte de Forbin (Salon de 1834) ou de J.-B. Duffaud en 1911.

  Analyse des images

En habit sacerdotal, mitre en tête, tenant de la main gauche un ciboire, l’évêque donne la communion aux pestiférés près du fort Saint-Jean. Il se penche sur une mère agonisante dont l’enfant nu a déjà succombé à la maladie. Le chemin que l’homme d’église a emprunté afin d’arriver jusqu’aux moribonds est jonché de cadavres, mais cet entrelacement morbide n’a pas arrêté l’exercice de son ministère, ainsi que sa détermination : il est à sa place au milieu du troupeau de ses fidèles en souffrance, leur donne les derniers sacrements et ne craint pas la mort pourtant omniprésente autour de lui.

Des capucins et des jésuites, portant crosse, aiguière, torches et croix, presque aussi nombreux que les pestiférés, attestent de leur dévouement et de leur sacrifice au secours des malades. Un moine pointe du doigt les cieux, indiquant par ce geste la dernière demeure des condamnés. La composition sous forme d’une pyramide et animée d’obliques, présente les figures « repoussoirs » au premier plan, pour mieux mettre en valeur le courage et l’action des représentants de l’église catholique. Sur le visage, dans le comportement et dans les yeux des mourants, se lit l’affolement, la détresse et l’inquiétude accentuée et dramatisée par une lumière contrastée et un dégradé de couleurs. Drame et tragédie s’opposent dans la composition au courage et au dévouement.

  Interprétation

Dans le corpus iconographique du drame marseillais, deux figures dominent : le chevalier Roze à la Tourette et l’évêque de Belsunce, l’un symbolisant l’intervention de l’Etat, l’autre celle de l’Eglise catholique. Alors que la ville se délite, ils incarnent les garants de l’ordre social et moral. Exposé au Salon de 1819, acquis cette même année par Louis XVIII, le tableau, sous la forme d’un « exemplum virtutis », illustre parfaitement la foi catholique célébrée sous la première Restauration : il s’agit pour la monarchie restaurée de faire refleurir la foi et d’épurer les mœurs.

L’œuvre se rattache également au courant romantique du moment qui dans le sillage de Chateaubriand (Génie du christianisme, 1802) exprime son admiration pour la religion chrétienne, pour la morale et l’humanité. Il est également, par le choix de ses couleurs, son harmonie générale gris-mauve, sa matière picturale glacée et régulière, typique de l’œuvre de Monciau.

Mais, la toile est aussi à mettre en relation avec une « Notice sur la vie du peintre » publiée à la suite du décès de l’artiste en 1837. Monciau, y lit-on, apprit, alors qu’il avait commencé son tableau, qu’il était atteint de la maladie de la pierre et qu’il devait être opéré de toute urgence. Le peintre décida cependant de braver le danger et ne voulut rien savoir avant d’avoir achevé sa toile, car, déclara-t-il : « si ce retard m’expose à mourir, mon dernier ouvrage aura du moins été un hommage à la vertu ». Et son biographe de conclure : « La peste de Marseille fut achevée, en effet, et pendant que le public entourait le tableau de ses éloges, le peintre supportait avec un calme inébranlable la plus douloureuse opération de la chirurgie ».

Auteur : Pascal DUPUY


Bibliographie

  • De David à Delacroix. La peinture française de 1774 à 1830, Cat. d’exposition, Grand Palais, Paris, 1974, p. 548-549.
  • AICARDI-CHEVE Dominique, Le corps de la contagion. Etude anthropologique des représentations iconographiques de la peste (XVIe-XXe siècles en Europe), Thèse de doctorat, anthropologie biologique, Université de la Méditerranée, 2003.
  • BERTRAND Régis, « L’iconographie de la peste à Marseille ou la longue mémoire d’une catastrophe » in Images de la Provence. Les représentations iconographiques de la fin du Moyen Age au milieu du XXe siècle, Pub. De l’Univ. De Provence, 1992.
  • CARRIERE C. et alii, Marseille ville morte. La peste de 1720, Marseille, 1968.

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