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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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ANONYME.
Lit de la chambre de Charles X aux Tuileries. Lit de la chambre de Charles X aux Tuileries.
Pierre-Gaston BRION.
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Panneau de velours de soie bleu

© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet

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Titre : Panneau de velours de soie bleu

Auteur : ANONYME
Date de création : 1817
Lieu de Conservation : Musée du Louvre (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 91DE3478/OA 10279

Lit de la chambre de Charles X aux Tuileries.

© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet

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Titre : Lit de la chambre de Charles X aux Tuileries.

Auteur : Pierre-Gaston BRION (1767-?)
Date de création : 1824
Dimensions : Hauteur 220 cm - Largeur 240 cm
Technique et autres indications : ébénisterie, noyer sculpté et doré, velours de soie bleu
Lieu de Conservation : Musée du Louvre (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 94CE51189/OA 10278

  Contexte historique

Le retour des Bourbons aux Tuileries

Le retour des Bourbons sur le trône de France s’effectua au lendemain du désastre de Waterloo, alors que l’Europe était exaspérée par les prétentions de l’Empereur et les Français avides de calme et de paix. Louis XVIII saisit l’occasion de renouer avec le cours de l’histoire glorieuse de sa famille, déplorant une » absence » qu’il ne pouvait cependant pas totalement occulter. Ainsi, la Charte qu’il octroya en 1814 jetait-elle les bases d’une monarchie française moderne, qui reconnaissait l’évolution récente de la société tout en affirmant le respect de la tradition. Alors que son frère proposait un système de gouvernement relativement consensuel, Charles X, sacré en 1824, voulut renouer sans transition avec le système de l’Ancien Régime, méprisant ainsi la vivacité encore importante des idéaux de 1789 et de la gloire de l’Empire dans l’opinion.

  Analyse des images

Une commande exceptionnelle : la chambre du roi

Le Premier Empire laissa les palais officiels, vidés à la Révolution, en parfait état et entièrement remeublés. De même que Louis XVIII n’avait pas estimé opportun de se faire sacrer à Reims en grande pompe, la Couronne ne développa pas au début de la Restauration un faste outrancier qui aurait pu contredire la politique tempérée du roi. Seules la salle du trône et la chambre des Tuileries firent l’objet d’une commande importante.

Les tentures commandées pour la chambre du roi sont autant l’illustration de la nouvelle iconographie officielle qu’une remarquable réalisation technique. Dessinés par Saint-Ange (qui commença sa carrière comme dessinateur du garde-meuble de la couronne sous Louis XVI), les cartons de ces panneaux disposent clairement tous les symboles traditionnels de la monarchie française : fleurs de lis au naturel et stylisées, couronnes royales, cornes d’abondance et chiffre du roi. Tores de lauriers enrubannés, rinceaux d’acanthe et fleurs de pavot assurent l’unité de la composition.

Le lit, réalisé par le sculpteur sur bois Pierre Brion pour Charles X en 1824, présente un chevet monumental en haut-relief sur lequel trônent les armes de France entourées des symboles traditionnellement attachés à la personne du roi, évoquant sa valeur guerrière (armes) et sa prodigalité (guirlandes de fleurs et cornes d’abondance garnies).

Dans les deux cas, l’utilisation du répertoire décoratif royal traditionnel témoigne de la volonté de montrer la continuité entre l’Ancien Régime et la Restauration. Cependant, l’insistance et l’exclusivité avec lesquelles ces motifs sont distribués rappellent le zèle que l’Empire mit à remplacer les fleurs de lis et les couronnes royales.

  Interprétation

Existe-t-il un style Restauration ?

La chambre du roi aux Tuileries, avec ses tentures tissées pour Louis XVIII et le lit réalisé à la demande de Charles X, illustre assez bien l’ambiguïté de ce régime entre une première période plutôt consensuelle et une seconde, dominée par les ultraroyalistes, plus autoritaire. Le premier monarque s’est contenté d’un décor mural neuf, le mobilier étant fait de réemplois du règne de Louis XVI (le lit) aussi bien que de celui de Napoléon Ier (tapis et balustrade). L’ameublement d’une pièce aussi importante dans l’étiquette de la cour n’est pas anodin ; par cet éclectisme certes économique, il salue la continuité des styles et des régimes, sans condamner l’Empire.

En revanche, le lit de Charles X apparaît comme le porte-étendard de la royauté restaurée. Sa taille, le gigantisme de son décor et sa richesse témoignent du faste que le nouveau roi entendait donner à sa vie publique, à l’image de ses ancêtres. Tout comme son couronnement, le choix du roi laissa l’opinion indifférente, même si certains en furent choqués.
Alors que le néoclassicisme du style Empire était toujours à la mode, le style officiel se trouvait perdu. Pas plus que les rois eux-mêmes n’inventèrent pour la France moderne une monarchie renouvelée, les artistes de la Restauration ne surent créer un style nouveau. On commença alors à regarder vers le passé, vers les heures de gloire de la monarchie française.

Auteur : Nicolas COURTIN


Bibliographie

  • Collectif, Un âge d'or des arts décoratifs, 1814-1848, catalogue de l’exposition, Paris, RMN, 1991, p. 57-59.

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