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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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commentaires 4 commentaires commentaires
Fabriques à Argenteuil.

© Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski

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Titre : Fabriques à Argenteuil.

Auteur : Gustave CAILLEBOTTE (1848-1894)
Date de création : 1887
Dimensions : Hauteur 65 cm - Largeur 82 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur toile
Lieu de Conservation : Collection particulière
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 94DE18103

Le canal à Saint-Denis.

© Saint-Denis, musée d'art et d'histoire - Cliché I. Andréani

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Titre : Le canal à Saint-Denis.

Auteur : Jean LUGNIER (1901-1969)
Date de création : 1935
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis (Saint-Denis)
Contact copyright : Photothèque, Tél : 01.42-43-83-85 / Fax : 01.48.20.07.60, musee@ville-saint-denis.fr, 22 bis, rue Gabriel Péri - 93200 Saint-Denis

Les dix-huit cheminées de Saint-Denis.

© Saint-Denis, musée d'art et d'histoire - Cliché I. Andréani

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Titre : Les dix-huit cheminées de Saint-Denis.

Auteur : Paul SIGNAC (1863-1935)
Date de création : 1933
Lieu de Conservation : Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis (Saint-Denis)
Contact copyright : Photothèque, Tél : 01.42-43-83-85 / Fax : 01.48.20.07.60, musee@ville-saint-denis.fr, 22 bis, rue Gabriel Péri - 93200 Saint-Denis

Gare et usines à Saint-Denis.

© Collection musée de l'Ile-de-France, château de Sceaux - cliché P. Lemaitre

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Titre : Gare et usines à Saint-Denis.

Auteur : Maurice FALLIES (1883-?)
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée de l'Ile-de-France de Sceaux (Sceaux) ; site web
Contact copyright : Dominique Brême, directeur, musée de l'Île-de-France, château de Sceaux, 92330 Sceaux. Tél : 01 41 87 29 50 / Fax : 01 41 87 29 51 ; site web
Référence de l'image : 57.2.6

  Contexte historique

Les dates qui encadrent ces quatre œuvres correspondent très exactement à la période d’intense industrialisation de la plaine Saint-Denis, situé entre l’actuel boulevard périphérique parisien et la limite de la ville de Saint-Denis. Un demi-siècle suffit à transformer cette zone géographique (à laquelle seule la vue d’Argenteuil ne se rattache pas) en un paysage industriel d’une exceptionnelle densité ; la concentration usinière a atteint ici un degré unique en France – il s’agit, bien sûr, de l’excroissance directe d’une grande agglomération au nord-nord-ouest de Paris – et non d’un bassin d’industrie minière et sidérurgique liée à la présence aléatoire de ressources naturelles. De cette proche banlieue l’usine a progressivement expulsé toute activité rurale (disparition du maraîchage – et comment s’empêcher d’évoquer celle des asperges d’Argenteuil !) ou résidentielle (châteaux, demeures bourgeoises ou villages).

Ces quatre toiles qui sont l’œuvres de créateurs au tempérament et à la culture certainement très différents témoignent ensemble de l’impact du phénomène industriel, dans les dimensions qu’il atteint depuis la fin du XIXe siècle, sur la sensibilité des artistes contemporains. Les quatre tableaux identifient parfaitement les facteurs qui, outre la proximité immédiate du marché parisien et de son réservoir de main-d’œuvre, déterminent cette localisation industrielle : les voies d’eau (la Seine elle-même, et le canal Saint-Denis court-circuitant les méandres de la Seine, avec son prolongement dans le canal Saint-Martin) ; et la voie ferrée, l’artère centrale du réseau du Nord, qui ouvre sur le charbon du nord de la France, de la Belgique, de l’Allemagne et sur tous les marchés de l’Europe septentrionale.

  Analyse des images

La plus ancienne de ces quatre représentations donne à voir deux ateliers de forme allongée, le bâtiment de la chaudière et de la machine à vapeur se trouvant sans nul doute à leur tête (à gauche) ; l’architecture en est traditionnelle (halles basses, couvertures de tuiles, baies en plein cintre sur les flancs – probablement un atelier de construction mécanique).

Les deux vues de Lugnier et de Signac soulignent la fonction de la voie d’eau : transport de pondéreux (charbon, matériaux de construction) par des péniches et des remorqueurs ; quais de déchargement avec leurs grues. Celle de Falliès privilégie la voie ferrée ; mais ce n’est pas celle des liaisons à grande distance, des voyageurs pour l’étranger : c’est celle de la desserte ouvrière et industrielle de banlieue – les usines sont au bord des rails comme ailleurs au bord de l’eau. Il manque cependant l’évocation du réseau intérieur du « chemin de fer industriel » qui raccordait la grande ligne aux entreprises.

Un contraste frappant oppose Caillebotte et Falliès d’une part, Signac et Lugnier de l’autre : pour les premiers, le recours à une palette très sombre ; pour les seconds, une vision beaucoup plus lumineuse de l’alliance du ciel et de l’eau. Lugnier a bien saisi l’imbrication, en beaucoup d’endroits, de l’usine et de l’habitat (au centre de l’arrière-plan, un immeuble ouvrier à trois ou quatre étages). Tous ont été séduits par le jeu des verticales : cheminées et leurs reflets dans l’eau, notamment celles de la centrale électrique choisie par Signac ; cheminées, signaux mécaniques de la voie ferrée et sans doute installations d’usine à gaz chez Falliès.

  Interprétation

Falliès, Lugnier et Signac sont particulièrement précieux dans leur témoignage sur cette « vision d’un autre continent » que pouvait s’offrir le Parisien d’avant 1950, à quelques kilomètres de chez lui, avant que ne se développe le puissant mouvement de désindustrialisation de la zone dépeinte, c’est-à-dire du département de la Seine-Saint-Denis. Le paysage peu engageant de la gare conserve aujourd’hui une valeur évocatrice de la sujétion des salariés au « train de banlieue », en dépit de la récente modernisation des transports franciliens ; la notion est née précisément, au tournant du XXe siècle, des premiers tarifs réduits de chemin de fer destinés à faciliter la « commutation » journalière entre résidence et travail. Les efforts des services d’inventaire des sites industriels, arrivés parfois après les démolisseurs, trouvent dans ces tableaux des compléments utiles et parfois impressionnants.

Auteur : Louis BERGERON


Bibliographie

  • Jean BASTIÉ, La croissance de la banlieue parisienne, Paris, PUF, 1964.
  • Louis BERGERON, L’industrialisation de la France au XIX ème siècle, Paris, Hatier coll. « Profil-dossier », 1979.
  • Marie BERTHAUD, Gustave Caillebotte : catalogue raisonné des peintures et pastels, Paris, Wildenstein Institute, 1994.
  • Anne DISTEL, Signac . Au temps d’harmonie, Paris, Gallimard, coll. « Découvertes », 2001.
  • Georges DUBY (dir.), Histoire de la France urbaine, t .4, La Ville de l’âge industriel, par Maurice AGULHON, Françoise CHOAY, Maurice CRUBELLIER, Yves LEQUIN, Marcel RONCAYOLO, Paris, Seuil, 1983, réed coll. « Points Histoire », 1998.
  • Alain FAURE (dir.), Les premiers banlieusards : aux origines des banlieues de Paris (1860-1940) , Paris, Créaphis, 1991.
  • Gérard NOIRIEL, Les ouvriers dans la société française, Paris, Seuil coll. « Points Seuil », 1986.

Commentaires

Lugnier dont un tableau superbe etait en vente ce matin porte de vanves a 500 euros
Luca
Par Luca le 08/05/11 à 00h10 - #167
comment se fait il qu'il n'y es pas la date de creetion de"gare et usines a saint denis" de maurice fallies
lina
Par lina le 19/04/12 à 09h54 - #716
Bonjour,

il arrive, et c'est assez fréquent, de ne pas avoir la date précise de création d'une œuvre.
Pour plus d'information sur cette toile, vous pouvez vous rendre ici :
http://www.collections.chateau-sceaux.fr/Record.htm?idlist=1&record=19122577124919407599

A bientôt

Anne-Lise
Histoire-image
Par Histoire-image le 27/04/12 à 18h42 - #736
Ce site ne donne pas l'année précise mais le siècle.
Je ne trouve pas la gare d'Argenteuil mais pourtant elle existe et il me faut vraiment des informations sur elle...
Julie
Par Julie le 07/05/12 à 21h28 - #765

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