La banlieue parisienne (4 oeuvres)
© Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski
Titre : Fabriques à Argenteuil.
Auteur : Gustave CAILLEBOTTE (1848-1894)
Date de création : 1887
Dimensions : Hauteur 65 cm - Largeur 82 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur toile
Lieu de Conservation : Collection particulière
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 94DE18103
© Saint-Denis, musée d'art et d'histoire - Cliché I. Andréani
Titre : Le canal à Saint-Denis.
Auteur : Jean LUGNIER (1901-1969)
Date de création : 1935
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis (Saint-Denis)
Contact copyright : Photothèque, Tél : 01.42-43-83-85 / Fax : 01.48.20.07.60, musee@ville-saint-denis.fr, 22 bis, rue Gabriel Péri - 93200 Saint-Denis
© Saint-Denis, musée d'art et d'histoire - Cliché I. Andréani
Titre : Les dix-huit cheminées de Saint-Denis.
Auteur : Paul SIGNAC (1863-1935)
Date de création : 1933
Lieu de Conservation : Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis (Saint-Denis)
Contact copyright : Photothèque, Tél : 01.42-43-83-85 / Fax : 01.48.20.07.60, musee@ville-saint-denis.fr, 22 bis, rue Gabriel Péri - 93200 Saint-Denis
© Collection Musée de l'Ile-de-France, château de Sceaux - cliché P. Lemaitre
Titre : Gare et usines à Saint-Denis.
Auteur : Maurice FALLIES (1883-?)
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée de l'Ile-de-France de Sceaux (Sceaux) ; site web
Contact copyright : Cécile Dupont-Logié, directeur, Musée de l'Ile-de-France, château de Sceaux . 92330 Sceaux. Tél:01-46-61-06-71 / Fax 01.46.61.00.88 ; site web
Référence de l'image : 57.2.6
Les dates qui encadrent ces quatre œuvres correspondent très exactement à la période d’intense industrialisation de la plaine Saint-Denis, situé entre l’actuel boulevard périphérique parisien et la limite de la ville de Saint-Denis. Un demi-siècle suffit à transformer cette zone géographique (à laquelle seule la vue d’Argenteuil ne se rattache pas) en un paysage industriel d’une exceptionnelle densité ; la concentration usinière a atteint ici un degré unique en France – il s’agit, bien sûr, de l’excroissance directe d’une grande agglomération au nord-nord-ouest de Paris – et non d’un bassin d’industrie minière et sidérurgique liée à la présence aléatoire de ressources naturelles. De cette proche banlieue l’usine a progressivement expulsé toute activité rurale (disparition du maraîchage – et comment s’empêcher d’évoquer celle des asperges d’Argenteuil !) ou résidentielle (châteaux, demeures bourgeoises ou villages).
Ces quatre toiles qui sont l’œuvres de créateurs au tempérament et à la culture certainement très différents témoignent ensemble de l’impact du phénomène industriel, dans les dimensions qu’il atteint depuis la fin du XIXe siècle, sur la sensibilité des artistes contemporains. Les quatre tableaux identifient parfaitement les facteurs qui, outre la proximité immédiate du marché parisien et de son réservoir de main-d’œuvre, déterminent cette localisation industrielle : les voies d’eau (la Seine elle-même, et le canal Saint-Denis court-circuitant les méandres de la Seine, avec son prolongement dans le canal Saint-Martin) ; et la voie ferrée, l’artère centrale du réseau du Nord, qui ouvre sur le charbon du nord de la France, de la Belgique, de l’Allemagne et sur tous les marchés de l’Europe septentrionale.
La plus ancienne de ces quatre représentations donne à voir deux ateliers de forme allongée, le bâtiment de la chaudière et de la machine à vapeur se trouvant sans nul doute à leur tête (à gauche) ; l’architecture en est traditionnelle (halles basses, couvertures de tuiles, baies en plein cintre sur les flancs – probablement un atelier de construction mécanique).
Les deux vues de Lugnier et de Signac soulignent la fonction de la voie d’eau : transport de pondéreux (charbon, matériaux de construction) par des péniches et des remorqueurs ; quais de déchargement avec leurs grues. Celle de Falliès privilégie la voie ferrée ; mais ce n’est pas celle des liaisons à grande distance, des voyageurs pour l’étranger : c’est celle de la desserte ouvrière et industrielle de banlieue – les usines sont au bord des rails comme ailleurs au bord de l’eau. Il manque cependant l’évocation du réseau intérieur du « chemin de fer industriel » qui raccordait la grande ligne aux entreprises.
Un contraste frappant oppose Caillebotte et Falliès d’une part, Signac et Lugnier de l’autre : pour les premiers, le recours à une palette très sombre ; pour les seconds, une vision beaucoup plus lumineuse de l’alliance du ciel et de l’eau. Lugnier a bien saisi l’imbrication, en beaucoup d’endroits, de l’usine et de l’habitat (au centre de l’arrière-plan, un immeuble ouvrier à trois ou quatre étages). Tous ont été séduits par le jeu des verticales : cheminées et leurs reflets dans l’eau, notamment celles de la centrale électrique choisie par Signac ; cheminées, signaux mécaniques de la voie ferrée et sans doute installations d’usine à gaz chez Falliès.
Falliès, Lugnier et Signac sont particulièrement précieux dans leur témoignage sur cette « vision d’un autre continent » que pouvait s’offrir le Parisien d’avant 1950, à quelques kilomètres de chez lui, avant que ne se développe le puissant mouvement de désindustrialisation de la zone dépeinte, c’est-à-dire du département de la Seine-Saint-Denis. Le paysage peu engageant de la gare conserve aujourd’hui une valeur évocatrice de la sujétion des salariés au « train de banlieue », en dépit de la récente modernisation des transports franciliens ; la notion est née précisément, au tournant du XXe siècle, des premiers tarifs réduits de chemin de fer destinés à faciliter la « commutation » journalière entre résidence et travail. Les efforts des services d’inventaire des sites industriels, arrivés parfois après les démolisseurs, trouvent dans ces tableaux des compléments utiles et parfois impressionnants.
Auteur : Louis BERGERON
il arrive, et c'est assez fréquent, de ne pas avoir la date précise de création d'une œuvre.
Pour plus d'information sur cette toile, vous pouvez vous rendre ici :
http://www.collections.chateau-sceaux.fr/Record.htm?idlist=1&record=19122577124919407599
A bientôt
Anne-Lise
Je ne trouve pas la gare d'Argenteuil mais pourtant elle existe et il me faut vraiment des informations sur elle...