© Archives départementales du Nord
Titre : Vue générale du camp de Holzminden.
Date de création : 1917
Date représentée : 1917
Dimensions : Hauteur 8.7 cm - Largeur 13.8 cm
Technique et autres indications : Photographie
Lieu de Conservation : Archives départementales du Nord (Lille) ; site web
Contact copyright : Archives Départementales du Nord, 22 Rue Saint Bernard, 59000 Lille, Tél : 03.20.93.87.17 / Fax : 03.20.93.13.30 / archivedep@cg59.fr
Référence de l'image : AD Nord. 15 Fi 1319, coll. J. Beausire
© Archives départementales du Nord
Titre : Prisonniers et baraquements au camp de Holzminden.
Date de création : 1917
Date représentée : 1917
Dimensions : Hauteur 8.7 cm - Largeur 13.8 cm
Technique et autres indications : Photographie
Lieu de Conservation : Archives départementales du Nord (Lille) ; site web
Contact copyright : Archives Départementales du Nord, 22 Rue Saint Bernard, 59000 Lille, Tél : 03.20.93.87.17 / Fax : 03.20.93.13.30 / archivedep@cg59.fr
Référence de l'image : AD Nord. 15 Fi 189
© Archives départementales du Nord
Titre : Vue du camp de Holzminden avec femmes et enfants prisonniers.
Date de création : 1917
Date représentée : 1917
Dimensions : Hauteur 8.7 cm - Largeur 13.8 cm
Technique et autres indications : Photographie
Lieu de Conservation : Archives départementales du Nord (Lille) ; site web
Contact copyright : Archives Départementales du Nord, 22 Rue Saint Bernard, 59000 Lille, Tél : 03.20.93.87.17 / Fax : 03.20.93.13.30 / archivedep@cg59.fr
Référence de l'image : AD Nord. 15 Fi 188
A Holzminden, déportation de civils des territoires occupés
A leur arrivée en Alsace en 1914, les troupes françaises ont emmené les fonctionnaires impériaux en poste dans les villes sous contrôle de l’armée française ainsi que leur famille. Ceux-ci ont été internés dans des camps en France et en Algérie. De longues tractations ont commencé entre la France et l’Allemagne pour régler leur sort. Afin de faire céder le gouvernement français, les Allemands décident en novembre 1916 de déporter 300 civils du Nord. Ces otages – hommes et femmes – sont choisis dans les mêmes catégories socioprofessionnelles que les Allemands emprisonnés. Parmi eux se trouvent de grands industriels (Prouvost, Pollet, Motte, Masurel, Tiberghien…), des élus, des juristes, des avocats, des médecins… Un début d’accord ayant été signé entre les gouvernements français et allemand, ces premiers otages sont rapatriés en avril 1917 après six mois d’une détention relativement clémente.
Comme les négociations franco-allemandes piétinent, les Allemands procèdent à une deuxième déportation massive (600 personnes) en janvier 1918. Cette fois, seules les femmes sont internées à Holzminden. Les hommes sont déportés en Lituanie dans les camps de Jewie, Milejgany et Roon, dans des conditions bien plus dures : vingt-six d'entre eux y trouvent la mort.
Un studio photographique dans un camp
Le camp, installé à la périphérie de la petite cité de Holzminden, dans le duché de Brunswick, a été photographié entre 1916 et 1918 par des otages. Un studio de photographie, ironiquement dénommé « violon », existait à Holzminden ; il a produit toute une série de clichés sur la vie du camp, qui étaient utilisés comme cartes postales pour la correspondance des prisonniers.
Prises probablement au cours du premier semestre 1917, ces vues montrent les baraquements en bois qui se juxtaposent à perte de vue. Même si la circulation des détenus semble libre, elle se fait à heures fixes et les femmes séparément des hommes. La présence des barbelés rappelle la captivité sans obstruer la vue de la campagne. Des montagnes boisées font face au camp de Holzminden.
Le camp est construit selon un plan géométrique : les petites constructions en planches sont disposées le long de larges axes, des « boulevards ». Une impression de mouvement transparaît de ces cartes postales : des hommes, des femmes et des enfants déambulent dans les « avenues » du camp, semblant vouloir occuper un temps qui s’écoule trop lentement, sans qu’on aperçoive leurs gardiens.
L’uniforme n’est pas de rigueur à Holzminden : le seul signe distinctif est le brassard numéroté, cousu sur les vêtements des prisonniers.
Les conditions de vie à Holzminden
Le camp de concentration de Holzminden est un camp de prisonniers de guerre civils prévu pour héberger 10 000 personnes. Dès la déclaration de guerre tous les ressortissants des pays belligérants y sont internés ainsi que les Allemands indésirables : prisonniers de droit commun, pacifistes, prostituées… Le camp compte une centaine de baraquements et il est entouré par une enceinte de deux mètres de haut dominée par des miradors. Son aspect n’est pas sans rappeler celui des camps de sinistre mémoire de la Seconde Guerre mondiale. Mais la comparaison s’arrête là. Les conditions de détention n’y sont pas dramatiques. Certes, les prisonniers souffrent du froid, de la faim, de l’isolement et d’une bureaucratie tatillonne et vexatoire ; mais ils peuvent recevoir du courrier, des colis de victuailles et sont parfois autorisés à sortir en ville. Toute une vie sociale est par ailleurs recréée dans le camp : université, chapelle, cafés, studio de photographie.
La prise d’otages a été couramment pratiquée pendant la guerre de 1914-1918. Choisis parmi les notables (élus, industriels, ecclésiastiques, hauts fonctionnaires), ces prisonniers doivent répondre de la tranquillité de la population ou servent de moyen de pression, comme dans ce cas de déportation, afin d’obliger l’ennemi à céder sur un objectif particulier. La déportation qui s’ajoute à une occupation particulièrement dure dans le Nord de 1914 à 1918 est aussi un moyen d’effrayer les populations et d’écarter les indésirables.
Auteur : Claudine WALLART et Marine VASSEUR
En espérant que vous pourrez m'aider.
Gilles Colignon