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Sa Majesté l’Empereur distribuant des secours aux inondés de Lyon. Sa Majesté l’Empereur distribuant des secours aux inondés de Lyon.
Hippolyte LAZERGES.
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L’Empereur visitant les inondés d’Angers en 1856.

© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Stéphane Maréchalle

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Titre : L’Empereur visitant les inondés d’Angers en 1856.

Auteur : Hippolyte BEAUVAIS (1826-1856)
Date de création : 1856
Date représentée : 1856
Dimensions : Hauteur 51 cm - Largeur 61 cm
Technique et autres indications : Huile sur Toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Compiègne (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 11-522638 / C38.2637

Sa Majesté l’Empereur distribuant des secours aux inondés de Lyon.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

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Titre : Sa Majesté l’Empereur distribuant des secours aux inondés de Lyon.

Auteur : Hippolyte LAZERGES (1817-1887)
Date de création : 1856
Date représentée : 2 juin 1856
Dimensions : Hauteur 200 cm - Largeur 301 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Compiègne (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 00DE30034 / C.84 D.18 ; INV 20559

  Contexte historique

Durant le XIXe siècle, la France a connu de multiples catastrophes naturelles, notamment les crues des grands fleuves. La Seine et la Loire ont débordé de leur lit pas moins de treize fois, le Rhône sept fois (les crues[1]). La fréquence et l’ampleur de ces crues étaient révélatrices de la négligence des gouvernements en matière de protection civile.
Les inondations de juin 1856 ont été particulièrement graves, touchant simultanément le Rhône et la Loire, dont la crue de 7,50 mètres a rompu des digues. Les conséquences désastreuses de cette catastrophe ont attiré l’attention des pouvoirs publics sur la nécessité de mettre en œuvre une politique d’aménagement du territoire. Napoléon III a réclamé une action énergique des Ponts et Chaussées pour éviter le retour de semblables fléaux, tandis que le Corps législatif votait 12 millions de crédits extraordinaires pour les réparations urgentes et le début des études.

  Analyse des images

La toile d’Hippolyte Beauvais représente la visite de l’empereur aux inondés d’Angers en 1856. Napoléon III est au centre de la composition, en uniforme de général. Il s’adresse aux sinistrés qui se pressent autour de lui. Ses bras sont tendus en signe d’apaisement. Il tient ses gants blancs dans la main droite. De part et d’autre, à ses pieds, deux femmes agenouillées l’implorent. Celle de gauche enlace ses deux enfants en bas âge. Le groupe lève les yeux vers le prince. Celle de droite a les mains jointes. Derrière elle, un jeune garçon se tient debout et la regarde. La foule des sinistrés semble attentive. A l’arrière-plan, certains lèvent la main ; un homme, manifestement enthousiaste, agite son chapeau. Hormis les deux femmes du premier plan, cette population éprouvée est essentiellement masculine. Ce sont vraisemblablement des ouvriers que la catastrophe a privés de leur outil de travail.
Au fond de l’image, à droite, on aperçoit la campagne angevine inondée. Une cheminée d’usine et les toits des maisons émergent du fleuve en crue.

Le tableau d’Hippolyte Lazerges représente l’empereur à cheval distribuant des secours aux inondés de Lyon le 2 juin 1856. La scène se passe dans le quartier des Brotteaux, à l’angle de la rue Madame. On aperçoit, au deuxième plan, les immeubles sinistrés de ce quartier et, au fond, la colline de Fourvière. Au premier plan, le fleuve charrie des débris divers. Entouré d’une foule nombreuse, Napoléon III distribue de l’argent aux victimes de l’inondation. A droite, un jeune garçon apporte une pièce à sa mère assise et portant un enfant sur les genoux ; elle pose sa main droite sur la poitrine en signe de reconnaissance. Les visages et les attitudes sont rendus avec réalisme, minutie et précision. Derrière le souverain, on distingue les personnages de sa suite. L’officier à la poitrine bardée de décorations qui suit l’empereur pourrait être le général Niel ou le général comte de Fleury, qui l’accompagnaient au cours de ce voyage.

Dans ces deux œuvres, l’influence de la thématique religieuse, chère aux deux peintres, est particulièrement sensible, notamment dans la façon dont sont traitées les victimes de l’inondation.

  Interprétation

Ces deux toiles semblent de prime abord faire l’apologie d’un souverain prompt à se rendre sur le théâtre de catastrophes nationales. Elles servent la propagande d’un régime soucieux de cultiver sa popularité. Certes, l’influence manifeste de l’iconographie religieuse dans ces deux tableaux incline à assimiler l’empereur à un sauveur qui, par sa seule présence et la magie de sa bourse prodigue, va délivrer ces pauvres gens de leurs maux, mais « ce n’était pas la recherche d’une vaine popularité qui le guidait ». Napoléon III tenait à se rendre compte par lui-même de l’étendue des dégâts, à secourir les populations touchées et à réconforter les victimes par sa présence comme par son soutien financier. Son intention était aussi de prévenir les catastrophes futures par la collecte d’informations susceptibles de lui permettre d’établir un plan personnel de lutte contre les inondations.
Cependant, il semble que la visite de l’empereur aux inondés d’Angers revête une signification qui va bien au-delà de simples préoccupations sociales et humanitaires. La seule insurrection contre le Second Empire qui eut lieu en 1855 s’est en effet déroulée dans cette région. Faute de salaires suffisants, les ardoisiers de Trélazé n’ont pu faire face à la hausse des prix des produits de première nécessité. Un certain nombre de socialistes, de républicains, de bonapartistes insatisfaits, avaient alors fondé une société secrète : La Marianne. Ils se soulevèrent, attaquèrent l’arsenal de Trélazé et tentèrent de s’emparer de la mairie d’Angers. Cette insurrection fut un échec, et de nombreux insurgés furent arrêtés et déportés à Cayenne ou emprisonnés. Le voyage de Napoléon III n’était donc pas dénué de préoccupations politiques : il était important de calmer le ressentiment de la population en lui montrant la mansuétude et la générosité du souverain.

Auteur : Alain GALOIN


Notes

- Crues de la Seine : 1802, 1804, 1807, 1819, 1836, 1839, 1844, 1848, 1850, 1854, 1861, 1866, 1872.
- Crues de la Loire : 1804, 1807, 1810, 1823, 1825, 1834, 1841, 1844, 1846, 1849, 1856, 1866, 1872.
- Crues du Rhône : 1801, 1812, 1840, 1852, 1855, 1856, 1859.


Bibliographie

  • Georges Edouard BOILET, La Doctrine sociale de Napoléon III, Paris, 1969, p. 62-64.
  • Le Monde illustré, n° 14 du 18 juillet 1857.
  • Les peintures, Musée national du Château de Versailles, Catalogue, vol. I, RMN, 1995, p. 73.
  • Jean TULARD (dir.), Dictionnaire du Second Empire, Paris, Fayard, 1995.

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