Peint. d'Histoire (30 oeuvres)
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Titre : Napoléon III à la bataille de Solférino.
Auteur : Jean-Louis-Ernest MEISSONIER (1815-1891)
Date de création : 1863
Date représentée : 24 juin 1859
Dimensions : Hauteur 43.5 cm - Largeur 76 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur bois
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Compiègne (Compiègne) ; site web
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Titre : La bataille de Solférino.
Auteur : Adolphe YVON (1817-1893)
Date de création : 1861
Date représentée : 24 juin 1859
Dimensions : Hauteur 44 cm - Largeur 65 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Compiègne (Compiègne) ; site web
Après les révolutions de 1848, l’Italie a retrouvé le régime de 1815 : d’un côté des petites souverainetés despotiques sans aucun lien confédéral entre elles et ne subsistant que sous la protection des armées autrichiennes ; de l’autre les Etats pontificaux occupés au nord par les Autrichiens et à Rome par les Français
En 1858, Napoléon III et Cavour, Premier ministre du royaume de Piémont, convinrent de chasser l’Autriche et de faire de Victor-Emmanuel le roi de l’Italie du Nord, “ des Alpes à l’Adriatique ”. En échange, le Piémont céderait Nice et la Savoie à la France.
Provoquée par le Piémont, l’Autriche prit l’initiative de la guerre. L’armée française, commandée par Napoléon III, vint à l’aide des Piémontais. Elle remporta les victoires de Magenta et de Solférino (4 et 24 juin 1859), libérant ainsi la Lombardie.
Cependant, l’empereur dut faire la paix avant d’avoir conquis la Vénétie. En effet, la Prusse menaçait la France d’une guerre sur le Rhin. L’armistice de Villafranca, signé le 11 juillet 1859, déçut les patriotes italiens qui, dans toutes les petites principautés, étaient déjà passés à l’insurrection, selon un plan concerté avec Cavour. Cet armistice cédait la Lombardie au Piémont, mais l’Autriche conservait la Vénétie et entendait faire restaurer l’autorité de ses protégés, les souverains de Toscane, Parme et Modène.
En 1859, l’unité italienne est donc en marche, mais il faudra attendre onze ans pour que Rome devienne enfin la capitale d’un Etat italien unifié.
Pendant la campagne d’Italie, le peintre Ernest Meissonier était attaché à l’état-major de Napoléon III afin d’en suivre et d’en retracer les divers événements. A ce titre, il a peint la célèbre bataille de Solférino dont il a été le témoin.
Napoléon III est représenté entouré de son état-major. Il s’est installé sur le mont Fenile, poste d’observation d’où il peut apercevoir les hauteurs occupées par les Autrichiens, notamment le mont des Cyprès et la colline de Solférino couronnée d’une haute tour. Il domine la plaine de Medole et a une vue d’ensemble des mouvements des troupes françaises qui s’efforcent de chasser les troupes autrichiennes de leurs positions.
Le tableau est la parfaite illustration de cette phrase du baron de Bazancourt, chroniqueur des opérations militaires : “ Sa Majesté, du sommet du mont Fenile, domine tous les mouvements du premier corps et l’ensemble général de l’action. ” , (La Campagne d’Italie de 1859 - Chroniques de la guerre, Paris, 1860)
Tout comme Ernest Meissonier, Adolphe Yvon était présent sur le théâtre des opérations militaires. Moins statique, son œuvre illustre un moment précis de la bataille. Elle représente Napoléon III à cheval sur le mont Fenile. Il est suivi de son état-major et montre du doigt les hauteurs de Solférino au général Camou, en lui donnant l’ordre d’envoyer la garde impériale pour appuyer la division Forey afin de s’emparer de ces hauteurs. “ Quoique la journée soit très peu avancée, l’Empereur comprend tellement que sur les hauteurs de Solférino est le gain de la bataille, qu’il n’hésite pas à engager dès à présent sa Garde, son unique réserve ”, remarque le baron de Bazancourt, qui souligne ainsi les qualités de stratège de Napoléon III. Le témoignage du général comte de Fleury est sensiblement différent : il fait de Napoléon un spectateur quelque peu passif et revendique l’honneur d’avoir incité le souverain à faire donner sa Garde au moment voulu (Souvenirs, tome II (1859-1867), Paris, 1898).
Après la victoire française de Magenta, l’armée autrichienne avait précipité sa retraite sur le Mincio en abandonnant l’une après l’autre les lignes de l’Adda, de l’Oglio et de la Chiese. Les Autrichiens étaient supposés concentrer toute leur résistance derrière le Mincio pour protéger la Vénétie. Il importait que l’armée alliée occupât le plus tôt possible les points principaux d’un ensemble de collines escarpées au sud du lac de Garde. Les derniers rapports reçus par Napoléon III indiquaient en effet que l’armée autrichienne avait abandonné ces hauteurs et s’était retirée derrière le fleuve.
En fait, aidée de renforts, l’armée autrichienne reprit l’offensive. Après avoir repassé le Mincio, elle occupa de nouveau les positions qu’elle venait d’abandonner.
A l’aube du 24 juin, observant les mouvements des troupes ennemies, Napoléon III constata : “ Ce n’est pas une reconnaissance, c’est une grande bataille ” (Comte d’Hérisson, Journal de la campagne d’Italie - 1859, Paris, 1889). Les deux armées en marche l’une sur l’autre se rencontrèrent inopinément. L’armée alliée, commandée par l’empereur, avait devant elle neuf corps d’armée autrichiens regroupant de 250 000 à 270 000 hommes. L’effectif du corps expéditionnaire français s’élevait à 104 200 hommes, auxquels venaient s’ajouter les 35 000 soldats sardes recrutés par Victor-Emmanuel.
La bataille de Solférino fut surtout une bataille d’artillerie qui démontra l’immense supériorité du nouveau canon rayé de l’armée française. Elle ne fut pas décisive, mais la retraite des troupes autrichiennes fut considérée comme une victoire dont le prix fut cependant très lourd : 17 000 morts du côté franco-sarde et 22 000 dans les rangs autrichiens.
Auteur : Alain GALOIN