Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
S'abonner à
L'Histoire par l'image
Ajouter à un album

Albums liés

Sport (9 études)

Plage de Granville.
Plage de Granville.
Eugène ISABEY

Belle Epoque (34 études)

La Vie populaire publie <em>La bête humaine</em> par Emile Zola.
La Vie populaire publie La bête humaine par Emile Zola.

Mots-clés

Découvrez aussi

Le charisme de Hitler

Hitler
Hitler "combatif"
Heinrich HOFFMANN

Parcs et jardins parisiens

Vue du parc Montsouris vers le kiosque à musique.
Vue du parc Montsouris vers le kiosque à musique.
Ludovic VALLÉE

Le sport et la photographie scientifique

Chronophotographie d'un escrimeur.
Chronophotographie d'un escrimeur.

L'essor de la lutte française

Lutteurs.
Lutteurs.
Alexandre FALGUIERE

Les premiers reportages photographiques sportifs

Militaires pratiquant le sport. Militaires pratiquant le sport.
ANONYME.
Sauteur à la perche. Sauteur à la perche.
ANONYME.
Louis de Fleurac, coureur du Racing-Club. Louis de Fleurac, coureur du Racing-Club.
ANONYME.
commentaires 0 commentaire commentaires
Militaires pratiquant le sport.

© Collection Iconothèque de l'INSEP

Agrandissement - Zoom
»

Titre : Militaires pratiquant le sport.

Auteur : ANONYME
Date de création : 1890
Dimensions : Hauteur 13 cm - Largeur 18 cm
Technique et autres indications : Tirage d’une plaque de verre
Lieu de Conservation : Iconothèque de l'INSEP (Paris) ; site web
Contact copyright : Pierre Simonet, Iconothèque de l'INSEP 11, av du Tremblay 75012 Paris / tél. : (33) 01 41 74 41 07 ; site web

Sauteur à la perche.

© Collection Iconothèque de l'INSEP

Agrandissement - Zoom
« »

Titre : Sauteur à la perche.

Auteur : ANONYME
Date de création : 1893
Technique et autres indications : Photographie extraite d’un album de 1893
Lieu de Conservation : Iconothèque de l'INSEP (Paris) ; site web
Contact copyright : Pierre Simonet, Iconothèque de l'INSEP 11, av du Tremblay 75012 Paris / tél. : (33) 01 41 74 41 07 ; site web

Louis de Fleurac, coureur du Racing-Club.

© Collection Iconothèque de l'INSEP

Agrandissement - Zoom
«

Titre : Louis de Fleurac, coureur du Racing-Club.

Auteur : ANONYME
Technique et autres indications : Photographie publiée dans La Vie au Grand Air (1906)
Lieu de Conservation : Iconothèque de l'INSEP (Paris) ; site web
Contact copyright : Pierre Simonet, Iconothèque de l'INSEP 11, av du Tremblay 75012 Paris / tél. : (33) 01 41 74 41 07 ; site web

  Contexte historique

Dès 1880, il n’est pas rare que, pour tester les possibilités des émulsions rapides au gélatino-bromure d’argent (une émulsion à la fois plus sensible et favorable à la prise de vue en extérieur), des photographes s’intéressent au sport, dont le succès social est grandissant et qui offre en effet un sujet idéal pour la pratique de l’instantané[1]. Dix ans plus tard, le développement de la photographie de presse, qui accorde au sport une attention croissante du fait de sa dimension spectaculaire, annonce la disparition progressive de l’illustration picturale. Des journaux spécialisés sont créés, comme Le Véloce-Sport ou Le Sport universel illustré. Ils commencent à publier des clichés, dont la plupart demeurent relativement statiques. En 1898, La Vie au Grand Air fait son apparition. Dans cette revue entièrement consacrée à l’actualité sportive et à la pointe de la modernité graphique, on trouve des textes souvent très pertinents et des photographies de grande qualité. Pour cela son fondateur, Pierre Laffite, fait appel à des professionnels chevronnés, tel Jules Beau, mais aussi à de simples amateurs.

  Analyse des images

La première photographie est une vue générale en plongée montrant différentes pratiques physiques réalisées par des militaires en plein air. Dans le fourmillement des activités encadrées par des moniteurs et des officiers, on distingue des gymnastes, des boxeurs, des escrimeurs, des artilleurs, et des hommes faisant des agrès, du cheval d’arçon, des exercices sur un portique, des échelles ou un octogone (à gauche sur l’image). A noter la présence, au fond à droite, d’une hune (constituée de deux mas de douze mètres de haut que relient des barres fixes successives). La deuxième photographie est une photographie prise avec un vélocigraphe (appareil automatique à répétition rapide) en 1893. Elle montre un saut à la perche en longueur sur la promenade du Gravier, le long de la Garonne, à Agen. Il s’agit d’un très bel instantané : le perchiste, saisi au vol, apparaît de façon très nette. La composition est remarquable : le photographe s’est placé dans l’axe du mouvement, prenant soin de cadrer de chaque côté une partie du public et les commissaires de l’épreuve. L’ensemble possède par ailleurs une bonne profondeur de champ. Le troisième cliché représente Louis de Fleurac, un coureur du Racing-Club de France champion du 4 000 m steeple et recordman de France du 3 000 m en 1904. Elle a été publiée dans la “ Galerie des célébrités sportives ” de la revue La Vie au Grand Air en avril 1906. On croirait, à première vue, qu’il s’agit d’un dessin. La posture de l’athlète, de profil, au contour si net, sa parfaite immobilité, son visage dépourvu de toute trace d’effort, son regard fixe, l’absence de décor et les quelques retouches visibles (sur le corps, les vêtements, le sol et l’ombre), tout cela donne l’impression qu’il évolue comme affranchi des lois de la gravité.

  Interprétation

Le premier document est une étonnante mise en scène qui date des années 1890. Elle montre le “ gymnase de plein air ” de l’Ecole de Joinville (créée en 1852) où l’on enseigne, dans la tradition de Francisco Amoros (considéré comme le fondateur de l’éducation physique en France), la gymnastique et l’escrime afin de former des moniteurs qui seront ensuite répartis dans l’armée. Il s’agit d’une sorte de démonstration d’ensemble spécialement organisée pour le photographe : tous les protagonistes ont en effet posé durant le temps nécessaire à la prise de vue. Du coup, la composition rappelle l’imagerie d’Epinal, qui concentre un maximum d’informations dans un espace restreint. D’ailleurs il existe une gravure quasi identique à ce cliché. Cela prouve qu’à l’époque, bien souvent, la photographie prolonge une tradition représentative qui lui est antérieure. Le deuxième document est très différent. Il fait partie d’un album exceptionnel retraçant l’intégralité du Lendit d’Agen qui s’est tenu les 27 et 28 mai 1893. Les lendits étaient des concours sportifs interscolaires organisés par la Ligue girondine, regroupant les élèves des collèges et lycées de l’académie de Bordeaux. Destinées à promouvoir les jeux traditionnels de plein air, ces fêtes républicaines visaient surtout à développer les capacités physiques des jeunes jusqu’à leur incorporation militaire. Ces exercices athlétiques, hygiéniques et récréatifs, intégrés dans une conception globale de l’enseignement d’inspiration patriotique, étaient destinés à former de bons citoyens et de robustes soldats. Ce document démontre que les activités sportives intéressent les photographes amateurs. Le perfectionnement des appareils leur permet désormais de réaliser d’excellentes prises de vue capables de traduire le mouvement avec justesse. Contrairement à l’exemple précédent, la troisième photographie n’a pas été obtenue en situation réelle. C’est un trompe-l’œil étrange. En fait, le personnage a posé devant une toile peinte, simulant pour l’objectif de l’opérateur les gestes de sa course. Cela prouve que la pratique du studio, malgré les progrès techniques des appareils photographiques et l’augmentation de la sensibilité de la pellicule, est encore courante au début du siècle, car la prise de vue instantanée est encore difficile dans certaines circonstances. Les athlètes les plus connus se prêtent alors volontiers à ce genre d’exercice imposé par les revues illustrées, qui cherchent à populariser leur image auprès des lecteurs passionnés de sport.

Auteur : Laurent VÉRAY


Notes

Terme désignant une photographie qui capte en une fraction de seconde un objet ou un personnage en mouvement.


Bibliographie

  • Pierre ARNAUD (dir.), Les Athlètes de la République, Paris, Privat, 1987.
  • Georges VIGARELLO, Une histoire culturelle du sport, Paris, Robert Laffont, 1988.

Commentaires

Laisser un commentaire :

twitter

facebook










Haut de page