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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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La bataille des Pyramides. La bataille des Pyramides.
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Louis-François LEJEUNE.
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La bataille des Pyramides.

© Photo RMN-Grand Palais - J. Schormans

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Titre : La bataille des Pyramides.

Auteur : François André VINCENT (1746-1816)
Date de création : 1806
Date représentée : 21 juillet 1798
Dimensions : Hauteur 80 cm - Largeur 125 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée du Louvre (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 85DE1317/RF 1983-105

La bataille des Pyramides.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

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Titre : La bataille des Pyramides.

Auteur : Louis-François LEJEUNE (1775-1848)
Date de création : 1806
Date représentée : 21 juillet 1798
Dimensions : Hauteur 180 cm - Largeur 258 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 92DE1100 / MV 6854

Animation

  Contexte historique

L’Egypte ottomane est une base idéale pour arrêter la domination commerciale des Anglais en Inde. L’expédition ayant pour but l’occupation du territoire enthousiasme Bonaparte, toujours passionné d’Orient, et lui permet de conserver sa gloire, menacée par le Directoire depuis ses échecs avec l’Angleterre.
Soutenue par Talleyrand, l’expédition comprenant les meilleurs généraux du Consulat, notamment Kléber et Desaix, ainsi que de nombreux savants, artistes et ingénieurs part en 1798,
Après son débarquement à Aboukir, Bonaparte conquiert Alexandrie et, le 3 Thermidor an VI (21 juillet 1798), écrase les quinze mille mamelouks de Mourad Bey à la bataille des Pyramides. Les portes du Caire s’ouvrent aux conquérants. Les nombreux documents ramenés par Vivant Denon ont souvent rendu service aux peintres qui ont relaté les événements.

  Analyse des images

En 1800, Lucien Bonaparte, ministre de l’Intérieur, commande sur ordre du Premier consul une première Bataille des Pyramides à Vincent. Le tableau de Lejeune fut peint quant à lui pour célébrer le premier anniversaire de la bataille d’Austerlitz.
Vincent a ébauché une œuvre de 8 m x 5 m qui a disparu. Malade, il ne livre au Salon de 1806 que l’esquisse terminée, conservée aujourd’hui à Versailles, et abandonne le projet entre les mains de Philippe Auguste Hennequin. Plus tard en 1810, Alexandre Berthier, ministre de la Guerre puis grand veneur, lui commande le même sujet pour la décoration de la galerie du château de Grosbois.

Dans la composition aérée de Vincent, on observe de droite à gauche une mêlée chaotique de cavaliers mamelouks. Leurs chevaux se cabrent devant la croupe blanche d’un cheval, monté par un cavalier arabe allant à l’assaut des rangs français. Quelle fougue, quelle liberté d’exécution ! Le graphisme est d’une grande fermeté, loin cependant du caractère épique des panoramas de batailles de Gros ou de Gérard.
L’action arrive à son point essentiel mais son aboutissement reste incertain : les sabres sont dressés, les armes à feu grondent, des soldats tombent.
Face à ce tourbillon qui semble tout emporter sur son passage, les fantassins français, coiffés de bicornes, forment un impénétrable mur de défense.
La première ligne, arc-boutée à ses armes, met en joue tandis que la deuxième, hérissée de baïonnettes, attend son tour, prête à tirer. A l’arrière-plan, à gauche, on remarque une tour et deux pyramides, sur la droite, des palmiers et encore des troupes françaises. Le tableau de Vincent est une composition traditionnelle du choc militaire, traitée en tons brunâtres rehaussés de blanc.
L’œuvre de Lejeune est plus grande que l’esquisse de Vincent. Ses dimensions sont en deçà des exigences d’un tableau militaire, mais que de détails et d’épisodes pour un modeste format !
Lejeune, militaire et peintre dans ses moments de repos, n’a pas pris part à cette bataille. Il connaît les autres campagnes, l’art de la guerre et les hommes. Son souci d’exactitude et de vérité s’oppose au caractère lyrique et baroque de la toile de Vincent, ce qui lui a valu d’être qualifié de « premier reporter » de l’histoire.
La scène se passe aussi sur la rive gauche du Nil, en face du plateau de Guizeh avec au loin, les trois pyramides, Kéops, Képhren et Mykérinos. Desaix et Régnier sont à droite, Dugua au centre, Bon à gauche.
Sa faiblesse en cavalerie et en artillerie contraint l’armée à se former en un carré qui occupe la droite de la composition avec Bonaparte, Berthier, l’état-major et la cavalerie. Aux angles apparaissent l’artillerie et les pelotons de grenadiers armés de baïonnettes.
Bloqués par le solide carré tandis que le reste des troupes leur coupe la retraite, les adversaires courent vers le Nil. Une chaloupe canonnière saute, un Turc emporte un mort, un autre, le fils de Mourad Bey, sabre et pistolet menaçants, rênes entre les dents, attaque un officier d’artillerie légère. A gauche, on peut identifier le village fortifié d’Embabé. Trois colonnes d’attaque de la 32e demi-brigade de ligne et le général Rampon le prennent d’assaut. Les habitants fuient dans le désordre vers les bateaux. Surchargés, ces derniers s’enfoncent.
Lejeune aime le mouvement et le genre s’y prête bien. La lumière de l’Egypte lui permet d’utiliser des couleurs vives, notamment le rouge velouté, mais il reste plus narratif. Chez lui, c’est la composition qui prime, non l’effet comme dans le tableau de Vincent.
Les détails de costumes, lancier polonais, mamelouks chatoyants et carabiniers d’infanterie légère, avec des plumes rouges piquées sur le shako, lui ont valu le surnom de « d’Artagnan de la peinture ». Ce vaste ensemble est clair, aérien et panoramique. Le dessin est sûr et souple, la touche légère et fine, le coloris un peu froid. Un bel ordonnancement, reposant sur des lointains noyés et une large perspective, met en valeur le mouvement.
Son style, précieux, un peu dans le goût de l’époque, contient déjà des ingrédients de l’orientalisme : pyramides, palmeraie, étoffes chatoyantes et coupole surmontée d’une croix.

  Interprétation

En plus de leur intérêt historique, les deux tableaux mettent l’accent sur deux tactiques et deux tempéraments opposés. La mêlée pleine de fougue mais sans issue et sans discipline des courageux cavaliers mamelouks s’oppose à l’esprit de méthode qui mène à la victoire les armées aguerries de Napoléon. Face à la guerre moderne, la guerre moyenâgeuse n’a plus aucune chance.

Auteur : Malika DORBANI-BOUABDELLAH


Bibliographie

  • Annie JOURDAN,, Napoléon, héros, mécène, imperator, Paris, Aubier, 1998.
  • Gunther ROTHENBERG, Atlas des guerres napoléoniennes : 1796-1815, Paris, Autrement, 2000.
  • Henry LAURENS, L’Expédition d’Egypte, Paris, Le Seuil, coll. « Points Histoire », 1997.
  • Geoffroy SAINT-HILAIRE, L’Expédition d’Egypte, Paris, Paléo, 2000.
  • Yveline CANTAREL-BESSON, Claire CONSTANS et Bruno FOUCART, Napoléon. Images et histoire, peintures du château de Versailles (1789-1815), Paris, RMN, 2001.
  • De David à Delacroix. La peinture française de 1774 à 1830, catalogue de l’exposition, Paris, Grand Palais, novembre 1974-février 1975.
  • Marguerite GASTON, « Le général baron Lejeune », in Bulletin du Musée Bernadotte, Pau, n° 20, déc. 1975.

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