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Le duc d’Orléans reçu dans un campement de Lapons, août 1795 Le duc d’Orléans reçu dans un campement de Lapons, août 1795
François BIARD.
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Le duc d’Orléans descend le grand rapide de l’Eijampaïka sur le fleuve Mionio, en Laponie, août 1795

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

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Titre : Le duc d’Orléans descend le grand rapide de l’Eijampaïka sur le fleuve Mionio, en Laponie, août 1795

Auteur : François BIARD (1798-1882)
Date de création : 1840
Dimensions : Hauteur 131 cm - Largeur 163 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web

Le duc d’Orléans reçu dans un campement de Lapons, août 1795

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

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Titre : Le duc d’Orléans reçu dans un campement de Lapons, août 1795

Auteur : François BIARD (1798-1882)
Date de création : 1840
Dimensions : Hauteur 132 cm - Largeur 163 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web

  Contexte historique

Le duc d’Orléans, futur Louis-Philippe, avait participé aux débuts de la Révolution aux côtés de son père, Philippe-Egalité. Il combattit à Jemmapes et suivit Dumouriez lorsque celui-ci passa aux Autrichiens en avril 1793. Dès lors, proscrit par les républicains et objet de haine pour les royalistes émigrés, tandis qu’à Paris la Terreur connaissait ses derniers soubresauts (entre avril et décembre 1795), il décida d’un voyage incognito en Scandinavie. Fin juillet, il accomplit un périple en Laponie, au-delà du cercle polaire.

  Analyse des images

L’Eyanpaïkka
« Pendant son exil, d’avril à octobre 1795, le duc d’Orléans parcourut la Suède et la Norvège. Il s’avança jusqu’au cap Nord. A son retour, en traversant dans une barque les rapides de l’Eyanpaïkka sur la rivière Muonio, il courut les plus graves dangers » , tel est le sujet de ce tableau décrit par le livret du Salon de 1841. Le duc d’Orléans, futur roi des Français, est au centre de l’embarcation, vivant cette situation « périlleuse » dans une attitude presque indolente. Ses compagnons semblent plus préoccupés par le danger que le jeune prince. La composition repose tout entière sur l’atmosphère dégagée par le paysage, la violence des rapides dont les eaux tourbillonnantes s’opposent à la verticalité des sapins, masse sauvage à l’extrême. On remarquera à quel point la composition et les attitudes des personnages de cette peinture se rapprochent du tableau de Delacroix, la Barque de Don Juan (musée du Louvre). C’est bien encore l’esprit romantique qui préside à cette œuvre de Biard, peintre réputé pour ses tableaux sur le Grand Nord, qui se rendit en Laponie et au Spitzberg à bord de la corvette La Recherche. Ce voyage, qui dura de 1835 à 1839, lui inspira plusieurs toiles dont Magdalena Bay, vue où il a représenté un extraordinaire effet d’aurore boréale (1841, Louvre), et dont il reprit le sujet pour un grand décor au jardin des Plantes à Paris. Ce fut sans doute l’exemple de l’Allemand Caspar David Friedrich (La Mer de glace, 1823-1824, Hambourg, Kunsthalle) qui incita Biard à peindre ces vues polaires.

Le campement de Lapons
C’est en compagnie du marquis de Montjoie et de son domestique Baudoin que le duc d’Orléans voyagea en Laponie. Partis d’Hammerfest en bateau, ils se dirigèrent vers l’île de Maasoe, où un pasteur les accompagna jusqu’au cap Nord. C’est au retour qu’ils s’arrêtèrent quelque temps dans une famille lapone des îles Qualoe. Nous sommes là dans un campement d’été établi pour la chasse et l’élevage du renne, très différent des habitations enterrées d’hiver. Biard s’est plu à montrer les costumes et les ustensiles de la vie rustique des Lapons, tandis qu’il a placé les héros du tableau sur la droite, dans l’ombre, comme des intrus observant cette existence sauvage. Ménageant un espace clos souligné par les perches de bois qui forment un carré dans le rectangle de la surface peinte, Biard ouvre à gauche une entrée qui dévoile l’aridité du paysage environnant et la nature vierge dans laquelle vivent les Lapons.

  Interprétation

A la fin du XVIIIe siècle le goût de la découverte du monde est dans l’air du temps et atteint tous les hommes ayant fait quelques études. Depuis les travaux de Mallet, qui publia en 1755 un ouvrage intitulé « Introduction à l’histoire du Dannemarc », la Scandinavie et la Laponie, plus largement le Grand Nord, commencent à intéresser le public. A l’origine, on ne distinguait pas les Germano-Scandinaves des Celtes, ces derniers remis à la mode par les œuvres de Macpherson traitant du mythe d’Ossian. Ces travaux s’inscrivaient certes dans le contexte de prise de conscience des nationalités à la façon de Herder, mais, plus généralement, dans la curiosité naissante pour les sciences naturelles. Si le voyage du duc d’Orléans participait des recherches sur la physique, l’électricité et l’air, suite aux célèbres expériences des frères Montgolfier, il s’agissait aussi pour lui d’étudier les peuples vivant au sein de la nature, dont les Lapons, selon le modèle fourni par Rousseau. En ce sens, le goût pour la nature extrême avait été révélé par l’ascension du mont Blanc réalisée par Ferdinand de Saussure en 1786. A cette époque, suivant en cela l’esprit du siècle des Lumières, toutes les sciences se trouvaient reliées, et l’ethnologie ne se différenciait guère de la physique.

Politiquement, ces deux tableaux sont aussi importants. Louis-Philippe semble avoir voulu montrer par là qu’il s’intéressait de près aux découvertes de son siècle et n’était pas un souverain coupé du monde par une sacralité qui était désormais d’un autre âge. Le port d’un pantalon et d’un chapeau en cuir renvoie ainsi la culotte et le tricorne dans le passé. De surcroît, il donne l’image d’un prince courageux, qui s’est confronté en personne aux difficultés du monde extérieur.

Auteur : Jérémie BENOÎT


Bibliographie

  • Claire CONSTANS, Catalogue des peintures de Versailles, tome I, Paris, RMN, 1995.
  • Barbara C. MATILSKY, « François-Auguste Biard : artist-naturalist-explorer », in La Gazette des Beaux-Arts, février 1985.
  • Jean LACAMBRE et Isabelle JULIA, Les Années romantiques. La peinture française de 1815 à 1850, catalogue de l’exposition itinérante, Paris, RMN, 1995.

Commentaires

Je ne sais si tu pourrais faire une copie de chacun de ces tableaux ! je ne les ai qu'en minuscule et là c'est inutile !
Bisous.
marie
Par marie le 23/11/11 à 10h12 - #363

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