Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
S'abonner à
L'Histoire par l'image
Ajouter à un album

Albums liés

la classe ouvrière (36 études)

Les déchargeurs de charbon.
Les déchargeurs de charbon.
Claude MONET

Le Front populaire (4 études)

Votez communiste
Votez communiste

Découvrez aussi

Les grèves de mai-juin 1936

Grévistes jouant aux cartes dans la cour d’une usine occupée, en région parisienne.
Grévistes jouant aux cartes dans la cour d’une usine occupée, en région parisienne.

La guerre civile espagnole

Guernica bombardée.
Guernica bombardée.

La paix de Brest-Litovsk

La délégation allemande à son arrivée à Brest-Litovsk.
La délégation allemande à son arrivée à Brest-Litovsk.

Les femmes des FTP-MOI

Les femmes des FTP-MOI défilent à Marseille le 29 août 1944.
Les femmes des FTP-MOI défilent à Marseille le 29 août 1944.
Julia PIROTTE

Le 1er mai 1936

1er mai 1936
1er mai 1936

André Malraux, écrivain engagé

André Malraux en 1933
André Malraux en 1933

Le traité d'Amiens (27 mars 1802)

Traité d'Amiens - première page
Traité d'Amiens - première page

Guerre et paix 1936-1937

Journée nationale de la paix Journée nationale de la paix
Jean CARLU.
Noël 1936 Noël 1936
WILCHAR.
Le communisme c’est la guerre Le communisme c’est la guerre
ANONYME.
commentaires 0 commentaire commentaires
Journée nationale de la paix

© ADAGP, © CIRIP - Photo Alain GESGON - Tous droits réservés

Agrandissement
»

Titre : Journée nationale de la paix

Auteur : Jean CARLU (1900-1997)
Date de création : 1936
Lieu de Conservation : CIRIP/Gesgon (Paris)
Contact copyright : ADAGP, 11, rue Berryer. 75008 Paris. Tél: 33+01-43-59-09-78 - Email : adagp@adagp.fr -Site web : www.adagp.fr

Noël 1936

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine / MHC

Agrandissement - Zoom
« »

Titre : Noël 1936

Auteur : WILCHAR (1911-?)
Date de création : 1936
Lieu de Conservation : Bibliothèque de documentation internationale contemporaine / MHC (Paris) ; site web
Contact copyright : Bibliothèque de documentation internationale contemporaine ./MHC. 6, allée de l'Université. 92001 Nanterre Cedex. Tél. ,: 01 40 97 79 00 / Fax : 01 40 97 79 40. ; site web

Le communisme c’est la guerre

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine / MHC

Agrandissement - Zoom
«

Titre : Le communisme c’est la guerre

Auteur : ANONYME
Date de création : 1937
Lieu de Conservation : Bibliothèque de documentation internationale contemporaine / MHC (Paris) ; site web
Contact copyright : Bibliothèque de documentation internationale contemporaine ./MHC. 6, allée de l'Université. 92001 Nanterre Cedex. Tél. ,: 01 40 97 79 00 / Fax : 01 40 97 79 40. ; site web

  Contexte historique

Le Front populaire et la guerre d’Espagne
Le 18 juillet 1936, le putsch du général Franco fait entrer l’Espagne dans une guerre civile, prolégomènes et champ de manœuvre de la guerre à venir. Le gouvernement Blum hésite sur l’attitude à tenir avant de se résoudre à la non-intervention. La droite estime la France trop impliquée. Elle accuse le gouvernement de Front populaire de risquer la guerre pour des motifs idéologiques. Les organisations de Front populaire se divisent. L’antifascisme et le pacifisme semblaient jusqu’alors se conforter et se confondre. Ils entrent en conflit d’intérêt. Faut-il tout faire, y compris la guerre, pour empêcher le fascisme de régner aux frontières ou au contraire sauver à tout prix la paix ? La guerre ou la paix, au cœur des affrontements, envahissent la propagande.

  Analyse des images

Représenter la paix, représenter la guerre.
Dans l’entre-deux-guerres, l’affiche constitue un des modes d’expression privilégié de cette propagande. Quelques exemples révèlent son efficacité graphique.
Les deux affiches se réclamant explicitement de la paix ont pour origine le Rassemblement universel pour la paix (mentionné sur l’une d’elles). Créée fin 1935 dans la mouvance communiste, cette association recrute cependant ses membres bien au delà de ses rangs en se réclamant du respect des principes de la SDN. La première affiche est l’œuvre de Jean Carlu, l’un des artisans majeurs du renouvellement de ce mode d¹expression graphique en France à partir de 1925. Elle invite à la journée nationale de la paix initiée par le RUP. Cette journée est soutenue par le ministère de l’Education nationale, en vertu des relations inédites alors nouées entre le gouvernement de Front populaire et les associations ayant contribué à sa victoire. La seconde affiche est l’œuvre du Belge Wilchar. Réalisée pour la Noël 1936, elle est une bonne illustration de la nature syncrétique de la culture de Front populaire. Les deux affiches représentent le globe terrestre. Qu’il soit en paix ou menacé, au moins apparaît-il en bleu à l’image des cieux que l’on voit dans l’affiche de Carlu (mais couleur de terre, bien qu’étoilé, dans l’affiche de Wilchar). C’est une manière de signifier qu’aucun conflit ne saurait demeurer local et, implicitement, de prendre position sur la guerre d’Espagne, qui n’est ouvertement évoquée sur aucune des affiches. Seule la seconde fait apparaître la guerre figurée symboliquement par un serpent, dans la tradition animalière des hydres. Mais une main, qui n’est pas sans évoquer le poing serré devenu emblématique du Front populaire, fait rendre gorge au serpent.
L’affiche assimilant le communisme à la guerre ne porte aucune signature d¹organisation et se donne dès lors pour l’expression d’une évidence commune (à l’égal de celle de Wilchar). Le communisme, seul adversaire désigné, est figuré par son drapeau. Il est en lambeaux mais ne se confond pas moins, la couleur aidant, avec l’explosion des bombes, au centre de l’affiche. Il est assimilé à une histoire, celle de l’Espagne, résumée en trois épisodes : la grève, hier, les bombes, aujourd’hui, et la guerre. Mais les silhouettes noires des première et troisième séquences évoquent plutôt les grèves de 1936 et, sans conteste, les poilus abattus dans les tranchées. Les bombes qui tombent alors même sur l’Espagne, sont, pour elles et dans les faits, d’origine italienne et surtout allemande. Il s’agit là d’une confusion entretenue qui doit à l’efficacité graphique de l’explosion centrale et à l’unification réalisée par la couleur d’être parfaitement gommée.

  Interprétation

Des images à fronts renversés
Les figures adoptées permettent aux formations à l’origine de ces affiches de se battre à fronts renversés, ce qui est pour elles une nécessité. Les organisations antifascistes ne peuvent assumer l’idée de guerre nécessaire à laquelle bon nombre de leurs partisans vont pourtant se rallier. Elles mettent en avant la défense de la paix et utilisent l’une et l’autre l’image de l’enfance : l’une par le biais du ministère de l’Education nationale, l’autre à travers la figure de ce Jésus aux allures de petit prince avant l’heure, flanqué de son mouton. Le slogan quant à lui joue des ressorts publicitaires en instituant les besoins de l’enfant en argument, non de vente, ici, mais de ralliement. La formation adverse, qui ne dit pas son nom, se garde de son côté d’afficher un pacifisme inavouable, car suspect de collusion avec le fascisme menaçant. Elle préfère construire une image horrifiante du communisme fauteur de guerre. Les futurs clivages entre munichois et anti-munichois sont, ici, graphiquement déjà à l’œuvre.

Auteur : Danielle TARTAKOWSKY


Bibliographie

  • Le Couteau entre les dents, Chêne, 1989.
  • Jean-Baptiste DUROSELLE, La Décadence, 1932-1938, Seuil, coll. « Points Histoire », rééd. Imprimerie nationale, 1979.

Commentaires

Laisser un commentaire :

twitter

facebook










Haut de page