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Pont Saint-Bénézet.

© Archives départementales de Vaucluse

Agrandissement - Zoom
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Titre : Pont Saint-Bénézet.

Auteur : CARISTIE
Date de création : 1825
Technique et autres indications : Plan, couleurs. Échelle : 10 cm pour 40 m
Lieu de Conservation : Archives départementales de Vaucluse (Avignon) ; site web
Contact copyright : Palais des Papes
84000 AVIGNON
Tel. : 04.90.86.16.18
Fax : 04.90.86.71.60
Mel : archives84@cg84.fr ; site web

Pont Saint-Bénézet.

© Archives départementales de Vaucluse

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Titre : Pont Saint-Bénézet.

Auteur : CARISTIE
Date de création : 1825
Technique et autres indications : Plan, couleurs. Échelle : 10 cm pour 40 m.
Lieu de Conservation : Archives départementales de Vaucluse (Avignon) ; site web
Contact copyright : Palais des Papes
84000 AVIGNON
Tel. : 04.90.86.16.18
Fax : 04.90.86.71.60
Mel : archives84@cg84.fr ; site web

  Contexte historique

Un pont légendaire

Par la vertu d’une ronde enfantine, le pont Saint-Bénézet est sans doute le monument le plus célèbre de la Provence médiévale.

Selon la légende, c’est en 1177 qu’un jeune berger appelé Bénézet et se disant envoyé de Dieu vint à Avignon pour construire un pont sur le Rhône. Moins de dix ans après, le pont était utilisable. Performance d’exécution – vite attribuée à l’intervention divine ! – qui prenait appui sur les piles de pierre d’un pont romain du Bas Empire, surmontées d’un tablier en bois. Au siècle suivant, les Avignonnais jouissent d’un pont entièrement en pierre, sur le modèle de celui que nous connaissons.

Grande voie de circulation nord-sud, de Lyon à Marseille, le fleuve est une frontière sur laquelle depuis l’Antiquité les hommes se sont efforcés de maintenir une circulation transversale. L’installation de la papauté à Avignon au XIVe siècle entraîne un mouvement incessant de voyageurs, un afflux de population et un gonflement des échanges qui provoquent le développement fulgurant de la ville.

Victime des conflits des hommes mais plus encore des crues du fleuve, le « pont d’Avignon » demeure un chantier permanent jusqu’au milieu du XVIIe siècle où, face à la violence du Rhône, les hommes abandonnent la reconstruction incessante des vingt-deux arches du pont de pierre médiéval. En 1668, on met en service un « bac à traille ». Avec cette innovation, l’embarcation est accrochée à une chaîne qui relie les deux berges, et le passeur peut à la fois utiliser et lutter contre le courant. Mais le Rhône n’est pas n’importe quel fleuve, et, pour éviter les accidents, le bac est interdit de traversée en cas de hautes eaux ou de crues. La solution prévaut jusqu’à l’orée du XIXe, confortée par le statut de terre étrangère d’Avignon.

La révolution industrielle fait resurgir la nécessité d’un pont pour satisfaire aux nécessités des échanges entre les deux rives et, en 1812, un nouveau pont, en bois celui-ci, enjambe le fleuve.

  Analyse des images

Plans de consolidation

Les deux plans datés du 20 février 1825 ont été dressés par Caristie, ingénieur d’arrondissement. Le premier présente, en l’état, le pont avec les quatre arches restantes, la chapelle Saint-Nicolas et la tour du Châtelet située à l’extrémité de l’ouvrage. Le second les reconstitue tels qu’ils pourraient être après restauration.

Que faire du vieux pont médiéval ? Certains avaient bien rêvé de le reconstruire ou de le ressusciter, mais la priorité était d’empêcher la ruine complète des quatre arches restantes dont la chute aurait inéluctablement barré la navigation sur le petit bras du Rhône. Une consolidation, sinon une véritable restauration, s’imposait, et très vite. Dans un ordre de service du samedi 19 mai 1827 à sept heures du matin, à cause de la pluie violente, il est demandé à l’entrepreneur de dresser une tente au-dessus de la lézarde de la deuxième pile « de manière à empêcher la pluie de pénétrer » et « d’y couler du bon béton, de faire travailler les ouvriers jusqu’à la nuit et le dimanche, et même aux flambeaux s’il y a nécessité ».

Les travaux décidés ne correspondent pas forcément à un souci archéologique ou esthétique, ils sont entrepris et poursuivis dans l’urgence pour éviter l’écroulement du pont.

  Interprétation

De la ruine au monument

Jusqu’à l’ouverture, en 1820, d’un nouveau pont enjambant le Rhône au sud du vieux pont roman, c’est au moyen de bacs à traille que le commerce franchit le fleuve. En ruines depuis près de deux siècles, le vieux pont roman gagne alors sa survie. Des plans aquarellés de Caristie en 1825 aux premières vraies restaurations d’octobre 1828, le destin du « pont d’Avignon » s’affirme : désormais fermé au trafic, il restera la belle image d’une chanson. Matériellement comme sentimentalement il ne pouvait plus disparaître, et sa protection au titre des monuments historiques était assurée, dès 1840, avec l’ensemble des monuments d’Avignon. La logique touristique d’aujourd’hui confirme la pertinence du choix passé.

Auteur : Françoise CHAUZAT


Bibliographie

  • « Saint-Bénézet : dossier publié à l’occasion de l’exposition », in Mémoires de l’Académie de Vaucluse, p. 97-210., 1984.
  • Passages d’une rive à l’autre, catalogue de l’exposition des Archives départementales de Vaucluse, juin 2000-avril 2001.
  • BRETON (Alain), « Les restaurations du pont Saint-Bénézet », in Annuaire de la Société des amis du palais des Papes et des monuments d’Avignon, p. 87-94., 1986-1987.
  • MERIMEE Prosper, Notes d’un voyage dans le midi de la France, p. 102., Paris, rééd. Adam Biro, 1989.
  • PERROT (R.), GRANIER (J.) et GAGNIERE (S.), « Contribution à l’étude du pont Saint-Bénézet », in Mémoires de l’Académie de Vaucluse, p. 67-93., 1971.

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