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Extrait du procès-verbal de la séance du 20 juin 1789 de l'Assemblée nationale tenue dans la Salle du Jeu de Paume. Extrait du procès-verbal de la séance du 20 juin 1789 de l'Assemblée nationale tenue dans la Salle du Jeu de Paume.
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Le Serment du Jeu de paume, 20 juin 1789 (esquisse).

© Photo RMN-Grand Palais

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Titre : Le Serment du Jeu de paume, 20 juin 1789 (esquisse).

Auteur : Jacques-Louis DAVID (1748-1825)
Date de création : 1791
Date représentée : 20 juin 1789
Dimensions : Hauteur 66 cm - Largeur 101.2 cm
Technique et autres indications : plume et encre brune, avec reprises en certains endroits à la plume et encre noire, lavis brun et rehauts de blanc sur traits de crayon
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 83EE530/MV 8409 ; INV Dessins 736

Extrait du procès-verbal de la séance du 20 juin 1789 de l'Assemblée nationale tenue dans la Salle du Jeu de Paume.

© Centre historique des Archives nationales - Atelier de photographie

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Titre : Extrait du procès-verbal de la séance du 20 juin 1789 de l'Assemblée nationale tenue dans la Salle du Jeu de Paume.

Transcription

Date de création : 1789
Date représentée : 20 juin 1789
Lieu de Conservation : Centre historique des Archives nationales (Paris) ; site web
Contact copyright : CARAN - service de reprographie, 60 rue des Francs-Bourgeois, 75141 Paris cedex 03 ; site web
Référence de l'image : AE/I/5/pièce 3bis/folio 43 et 44

Animation

  Contexte historique

Un acte de courage politique accompli dans des conditions de fortune

17 juin 1789, face à l’inertie générale, les députés du Tiers Etat aux Etats généraux se constituent, en Assemblée nationale. La majorité du clergé vote, le 19, sa réunion au Tiers. Le roi qui ne veut pas reconnaître ces mesures prescrit la fermeture de la salle où le Tiers se rassemble. Les députés se rendent, le 20 juin, à la Salle du jeu de paume et décident de prêter serment de ne se séparer qu’après avoir donné une constitution à la France.

La situation n’est pas alors sans danger pour les députés qui bravent la volonté royale à quelques pas du fastueux palais de Versailles. Comme le relatera Mirabeau, en octobre 1790 : "quelques hommes, à l’approche d’une horrible tempête et dans un lieu sans défense qui pouvait devenir leur tombeau, sauvèrent une grande nation par leur courage". Cet événement fondateur marque le consensus d’hommes libres, qui s’engagent individuellement. Leurs signatures couvrent neuf pages du registre des premiers procès-verbaux de l'assemblée.

La réunion suivante de l’Assemblée nationale qui se tient deux jours plus tard dans l’église Saint-Louis de Versailles voit l’amorce du rassemblement des trois ordres : une députation de la majorité du Clergé et deux nobles viennent se joindre au Tiers. L’Assemblée autorise ceux qui étaient absents au Jeu de Paume à contresigner le serment, ce 22 juin 1789. Mais le roi commence à faire venir des régiments suisses autour de Versailles.

  Analyse des images

Des députés unis et solidaires au-delà de leurs différences

Les gestes des participants convergent vers Bailly, en une composition symétrique. La main levée du président de l’Assemblée qui prononce le serment exprime la volonté collective. Sieyès, voit son souhait accompli : le Tiers-Etat qui n’était rien, devient, en ce jour, la Nation. David attribue à deux de ses amis une position prééminente : à gauche, Prieur de la Marne et à droite, Dubois-Crancé ; celui-ci suscite aux Jacobins, en octobre 1790, un souscription pour la commandite du tableau définitif.

En avant-scène, à droite, Mirabeau et Barnave les deux plus grands orateurs de l’Assemblée Constituante en 1790-1791, lèvent le bras côte-à-côte. Mirabeau enflammé par l’éloquence rejette en arrière sa célèbre tête léonine. Bien que député du Tiers Etat, il fait précéder sa signature de son titre nobiliaire. Barnave, l’un des rédacteurs du Serment, évoque un adolescent à l’antique. Par contre, Mounier, le député qui a proposé de prêter ce serment, n’a plus de rôle politique à l’été 1790, son visage est noyé dans la foule.

Robespierre, en première ligne, la tête renversée, le col ouvert, laisse paraître sous le crayon de David une exaltation que n’exprimera jamais le futur Incorruptible. Sa signature fine et appliquée comporte la particule utilisée par ses ascendants hommes de loi. Il l’abandonnera bientôt.

Un incident à droite : Martin Dauch, représentant du Tiers Etat de Castelnaudary recroquevillé sur sa chaise, seul député à avoir exprimé son désaccord avec le serment ne veut pas jurer d’exécuter des dispositions non sanctionnées par le roi. Malgré le tumulte d’indignation, l’assemblée le laisse ajouter à sa signature le mot «opposant», au procès-verbal. Un député qui serait Camus, cherche à prendre le bras droit de Martin Dauch pour le contraindre au geste du serment mais, Guilhermy, l’autre député de Castelnaudary, écarte la main qui veut le contraindre. Avec ce témoignage d’opposition à laquelle il n’est pas fait violence, David renforce l’idée d’unité de ce moment historique.

Au centre, trois personnages s’étreignent. Mais le moine chartreux Dom Gerle, alors suppléant, n’était pas présent au Jeu de Paume ; il ne devint député de Riom qu’à partir de décembre 1789. Néanmoins, David le campe avec l’Abbé Grégoire, au milieu, et le pasteur protestant Rabaut de Saint-Etienne. Il veut figurer par ce trio amical la nouvelle Eglise constitutionnelle, espoir de réconciliation en 1791, tandis que par la fenêtre, la chapelle de Versailles, symbolisant l’Eglise d’Ancien régime, est frappée par la foudre.

Sous le grand rideau que soulève symboliquement l’orage se détache, de dos, le groupe décidé et soudé des députés bretons : Le Chapelier, Le Goazre de Kervélégan, Lanjuinais, Delaville-Leroulx et Glezen tendent le bras avec fougue. Ces bourgeois élus du Tiers sont violemment opposés aux privilégiés. Ayant une certaine expérience des groupes de pression, ils se rassemblent à Versailles en Club breton pour concerter leur action. Devenu Club des Jacobins depuis le transfert de l’assemblée à Paris en octobre 1789, il opère sur la Révolution une influence essentielle.

On aperçoit dans la foule Dupont de Nemours que l’on désigne par le nom de son bailliage pour le différencier d’autres Dupont députés. Le Père Gérard, vêtu du costume de paysan breton qui l’a fait immédiatement remarquer à Versailles, lors des premières réunions des Etats généraux, exprime, les mains jointes, le caractère sacré de ce moment privilégié. Merlin de Douai s'appuie sur le bras de Pétion de Villeneuve, de dos. Entre eux, Buzot.

A gauche de Bailly, le riche Laborde de Méréville et Pison du Galland. Derrière, le docteur Guillotin s’est déjà signalé en recommandant les premières mesures de salubrité pour la santé de ses collègues.

Au dessus de Mirabeau, David a, de son propre aveu, introduit «un aristocrate», le doigt sur la bouche, dissimulé dans la foule pour observer l’événement et ourdir ses complots. Il fait même figurer Marat, notoirement absent car il n’était pas député en 1789, mais déjà influent comme pamphlétaire en 1790.

La création délibérée d’une allégorie à l’antique de la vieillesse apportant son soutien au serment fait pendant, à gauche, au refus de Martin Dauch, à droite. David a figuré en vieux député malade Maupetit, de la Mayenne, à demi-chaussé et soutenu par deux vigoureux sans-culottes dont l’un porte un bonnet phrygien orné d’une cocarde. Il n’a plus la force de marcher ni, semble-t-il d’étendre le bras. Sa vieille main, esquisse seulement le geste du serment. Mais Maupetit dont la signature est petite et ferme, n’a en réalité que 47 ans en 1789 et vivra encore 42 ans !

Barère, assis, dans une pose empruntée à la figure d’Ennius écoutant Homère dans le Parnasse de Raphaël rédige Le Point du jour. Son soutien au projet de commande de l’œuvre à David lui vaut une place au premier rang. Sa signature porte mention de la seigneurie Vieuzac, dont une parcelle en sa possession lui donne le droit de porter le nom.

  Interprétation

L’aube d’une ère nouvelle

Plutôt qu’une représentation précise des participants à la séance du 20 juin 1789, David met en scène les figures de la Constituante dont le rôle est confirmé par l’ampleur des changements en cours et les hommes qu’il sent particulièrement engagés.

Enfin, la richesse du dessin auquel David disait avoir travaillé un an traduit subtilement la conséquence de l’élan de liberté sur les esprits dans la période qui suit 1789. Rien ne s’interpose plus entre les individus et la Nation. Au contraire, en se reconnaissant sur une base d’égalité, les députés peuvent s’enrichir mutuellement de leurs différences. Dans le creuset de cette journée d’exception, l’artiste s’attache à suggérer les potentialités. De nouveaux rapports humains permettront de fonder une société que David pressent portée au mouvement et tendue vers l’avenir.

Auteur : Luce-Marie ALBIGÈS


Transcription - Extrait du procès-verbal de la séance du 20 juin 1789 de l'Assemblée nationale tenue dans la Salle du Jeu de Paume.

Extrait du procès-verbal de la séance du 20 juin 1789 de l'Assemblée nationale tenue dans la Salle du Jeu de Paume.

Du samedi vingt juin Mil sept cent quatre vingt neuf
A neuf heures du matin, heure indiquée pour la séance de l'assemblée nationale, le Président et les deux secrétaires se sont présentés à la porte de l'entrée principale ; ils l'ont trouvée gardée par des soldats et ils ont vu un grand nombre de députés qui ne pouvaient entrer. M. le Président a demandé l'officier de garde. M. le Comte de Nassau s'est présenté et a dit qu'il avait ordre d'empêcher l'entrée de la salle, par rapport aux préparatifs qui s'y faisaient pour une séance royale.

M. le Président lui a dit qu'il protestait contre l'empêchement mis à l'ouverture de la séance indiquée le jour d'hier à l'heure présent et qu'il la déclarait tenante. Monsieur le Comte de Nassau ayant ajouté qu'il était autorisé à laisser entrer les officiers de l'assemblée pour prendre les papiers dont ils pouvaient avoir besoin, M. le Président et les secrétaires sont entrés et ont vu en effet que la plus grande partie des bancs étaient enlevés et que toutes les avenues étaient gardées par un grand nombre de soldats.

Ils ont remarqué dans la cour et à la porte extérieure plusieurs affiches conçues en ces termes : Etats généraux. De par le Roi. Le Roi ayant résolu de tenir une séance royale aux Etats généraux, lundi 22 juin, les préparatifs à faire dans les trois salles qui servent aux assemblées des ordres exigent que ces assemblées soient suspendues jusqu'après la tenue de ladite séance. Sa Majesté fera connaître par une nouvelle proclamation l'heure à laquelle elle sera lundi à l'assemblée des Etats. A Versailles de l'imprimerie royale, 1789.

M. le Président et les deux secrétaires étant sortis, ils se sont transportés dans le jeu de paume de la rue du Jeu de paume où les membres de l'assemblée se sont successivement réunis.

Signé :
Bailly, président
Camus, secrétaire
Pison fils (Pison du Gaalland, secrétaire)

Du même jour, dix heures et demie du matin, en la salle du jeu de paume, rue du Jeu de paume
L'assemblée étant formée, Monsieur le Président a rendu compte de deux lettres qu'il a reçues ce matin de M. le Marquis de Brézé, grand maître des cérémonies. La première est de la teneur suivante :

Le Roi ayant ordonné, Monsieur, de publier par les héraults l'intention dans laquelle sa Majesté est de tenir lundi 22 de ce mois une séance royale et en même tems la suspension des assemblées que les préparatifs à faire dans les trois salles des ordres nécessitent. J'ai l'honneur de vous en prévenir. Je suis avec respect, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur. Le Marquis de Brézé.

P. S. Je crois qu'il serait utile, Monsieur, que vous voulussiez bien charger MM. Les Secrétaires de séance de serrer les papiers dans la crainte qu'il ne s'en égare. Voudriez vous bien aussi, Monsieur, avoir la bonté de me donner les noms de MM. les Secrétaires pour que je recommande qu'on les laisse entrer, la nécessité de ne pas interrompre le travail pressé des ouvriers ne permettant pas l'accès des salles à tout le monde.

M. le Président a dit qu'il avait répondu à cette lettre dans les termes suivants : Je n'ai reçu encore aucun ordre du Roi, Monsieur, pour la séance royale ni pour la suspension des assemblées ; et mon devoir est de me rendre à celle que j'ai indiquée pour ce matin, huit heures. Je suis ...

En réponse à cette lettre, M. le Marquis de Brézé lui a écrit la seconde dont la teneur suit :

C'est par un ordre positif du Roi que j'ai eu l'honneur de vous écrire ce matin et de vous avertir que S.M. voulant tenir lundi une séance royale qui nécessite des préparatifs à faire dans les trois salles d'assemblée des ordres, son intention était qu'on n'y laissât entrer personne et que les séances fussent suspendues jusqu'après celle que tiendra sa Majesté. Je suis avec respect...

Après la lecture de cette lettre, M. le Président a rendu compte des faits portés au procès-verbal de ce jour et il en a été fait lecture.

L'assemblée ayant délibéré a pris l'arrêté suivant, à l'unanimité des voix moins une :

L'assemblée nationale, considérant qu'appelée à fixer la Constitution du royaume, opérer la régénération de l'ordre public, et maintenir les vrais principes de la monarchie, rien ne peut empêcher qu'elle ne continue ses délibérations dans quelque lieu qu'elle soit forcée de s'établir, et qu'enfin, partout où ses membres sont réunis, là est l'Assemblée nationale ; Arrête que tous les membres de cette Assemblée prêteront à l'instant, serment solennel de ne jamais se séparer et de se rassembler partout où les circonstances l'exigeront, jusqu'à ce que la constitution du royaume soit établie et affermie sur des fondements solides, et que ledit serment étant prêté, tous les membres, et chacun d'eux en particulier, confirmeront par leur signature cette résolution inébranlable.

Lecture faite de l'arrêté, M. le Président a demandé pour lui et pour les secrétaires à prêter le serment les premiers, ce qu'ils ont fait à l'instant. Ensuite l'assemblée a prêté le même serment entre les mains de M. le Président.

La prestation de serment a été suivie des cris réitérés, multipliés et universels de Vive le Roi ; aussitôt après l'appel des bailliages, sénéchaussées, provinces et villes a été fait suivant l'ordre alphabétique et chacun des membres en répondant à l'appel s'est approché du bureau et a signé.

Mention en marge concernant la vérification des pouvoirs des députés de Saint-Domingue


Bibliographie

  • Philippe BORDES., Le Serment du Jeu de Paume de J.L. David. Musée du Château de Versailles., Paris, RMN, 1983. (Notes et documents, 8).
  • François FURET, La Révolution,1770-1880., Paris, Hachette,1988.
  • Jacques GODECHOT, La Révolution française, chronologie commentée 1787-1799., Paris, Perrin, 1988.
  • Edna Hinde LEMAY, Dictionnaire des Constituants, 1789-1791., 2 vol. Paris, Universitas, 1991.

Commentaires

S'il vous plait pourriez vous m'aidez à répondre à une question, c'est pour un devoir . Que constate-t-on au sujet des personnages du premier plan ?
Biensur sur le tableau"Le Serment de jeu de paume"
Tom
Par Tom le 06/05/12 à 11h39 - #762

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