Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
S'abonner à
L'Histoire par l'image
Ajouter à un album

Albums liés

la grève (5 études)

Grève du Creusot (<i>Le Monde illustré</i> n<sup>o</sup> 2219, 7 octobre 1899).
Grève du Creusot (Le Monde illustré no 2219, 7 octobre 1899).

la grève (5 études)

Grévistes jouant aux cartes dans la cour d’une usine occupée, en région parisienne.
Grévistes jouant aux cartes dans la cour d’une usine occupée, en région parisienne.

Découvrez aussi

La radio, une affaire politique

Place de la nation, 14 juillet 1936, Édouard Daladier à la tribune.
Place de la nation, 14 juillet 1936, Édouard Daladier à la tribune.

Les syndicats de cheminots : la grève de 1910

Cheminots, syndiquez-vous.
Cheminots, syndiquez-vous.
Jules GRANDJOUAN

Le chômage à Paris et à Lyon en 1831

Peuple affranchi dont le bonheur commence...
Peuple affranchi dont le bonheur commence...
Charles Joseph TRAVIES DE VILLERS

Grandjouan, militant radical

Le vol des Quinz'mill.
Le vol des Quinz'mill.
Jules GRANDJOUAN

La grève des années 1880

En grève.
En grève.
Paul GONDREXON

La grève au Creusot (1899)

La Grève au Creusot (1899).
La Grève au Creusot (1899).
Jules ADLER

L'application des 8 heures

Affiche de la CGT en faveur de l’application de la loi des 8 heures
Affiche de la CGT en faveur de l’application de la loi des 8 heures
Félix DOUMENQ

Les grèves de mai-juin 1936

Grévistes jouant aux cartes dans la cour d’une usine occupée, en région parisienne. Grévistes jouant aux cartes dans la cour d’une usine occupée, en région parisienne.
ANONYME.
Léon Jouhaux parlant aux grévistes des Galeries Lafayette - Mai 1936. Léon Jouhaux parlant aux grévistes des Galeries Lafayette - Mai 1936.
ANONYME.
commentaires 0 commentaire commentaires
Grévistes jouant aux cartes dans la cour d’une usine occupée, en région parisienne.

© Keystone / Eyedea -
"reproduction et exploitation interdites sans accord préalablement écrit de l'agence"

Agrandissement - Zoom
»

Titre : Grévistes jouant aux cartes dans la cour d’une usine occupée, en région parisienne.

Auteur : ANONYME
Date de création : 1936
Date représentée : juin 1936
Lieu de Conservation : Eyedea - Keystone (Paris) ; site web
Contact copyright : Keystone. 21 rue du Renard.75004 Paris. Tél: 01-44-78-84-00 ; site web
Référence de l'image : K002886 

Léon Jouhaux parlant aux grévistes des Galeries Lafayette - Mai 1936.

© Keystone / Eyedea -
"reproduction et exploitation interdites sans accord préalablement écrit de l'agence"

Agrandissement - Zoom
«

Titre : Léon Jouhaux parlant aux grévistes des Galeries Lafayette - Mai 1936.

Auteur : ANONYME
Date de création : 1936
Date représentée : mai 1936
Lieu de Conservation : Eyedea - Keystone (Paris) ; site web
Contact copyright : Keystone. 21 rue du Renard.75004 Paris. Tél: 01-44-78-84-00 ; site web
Référence de l'image : K007417 

  Contexte historique

La victoire du Front populaire

Constituée le 14 juillet 1935, la coalition du Front populaire rassembla aux côtés des socialistes le Parti communiste et le Parti radical, réalisant ainsi pour la première fois cette « alliance des classes moyennes avec la classe ouvrière » que Maurice Thorez appelait de ses vœux. Loin d’être révolutionnaire, le programme modéré du Front populaire, qui s’appuyait sur le slogan « le pain, la paix et la liberté », mais ne proposait pas de réelles réformes structurelles d’envergure, réussit à remporter l’adhésion d’une grande partie de la population aux élections d’avril - mai 1936. Pour la première fois dans l’histoire de la Troisième République, le groupe socialiste recueillit une majorité de sièges à la Chambre (147 élus), la S.F.I.O. dirigée par Léon Blum venant en tête, suivie par les radicaux (106 élus) et les communistes (72 élus). Cette victoire de la gauche permit à Léon Blum de prendre officiellement la direction du nouveau gouvernement socialiste dès le 4 juin 1936. Cependant, à peine arrivé au pouvoir, celui-ci dut faire face à un mouvement inattendu de grèves. Déclenché dans les usines Bréguet au Havre le 11 mai 1936, à la suite du licenciement d’ouvriers qui avaient refusé de travailler le 1er mai, ce mouvement s’étendit rapidement à l’ensemble du territoire.

  Analyse des images

Les grèves de mai-juin 1936

D’une ampleur sans précédent, cette explosion sociale spontanée est le fruit de la conjugaison de plusieurs facteurs: à l’enthousiasme suscité par la victoire électorale des socialistes s’ajoutent en effet la méfiance populaire vis-à-vis de la classe politique, née des frustrations qui suivirent les victoires de la gauche en 1924 et en 1932, et les aspirations révolutionnaires qui animaient une partie de la classe ouvrière. Mobilisant deux millions d’ouvriers, ces grèves revêtent un caractère nouveau, comme le montrent bien diverses photographies de l’époque : d’une part, elles se traduisent par l’occupation des lieux de travail par les ouvriers, destinée à immobiliser les machines et à empêcher le patronat d’employer un personnel de remplacement ; d’autre part, les ouvriers adoptent volontairement un comportement pacifiste exemplaire, évitant tout incident violent ou toute destruction de matériel. Contrairement aux conflits sociaux des années 1920, ces “grèves de la joie” ne furent pas suivies d’une répression brutale. C'est précisément une atmosphère de camaraderie qui émane de cette image de grévistes jouant aux cartes au son de l'accordéon, dans la cour d'une usine occupée en région parisienne au mois de juin. Formant un cercle autour des joueurs de cartes et de l’accordéoniste, les ouvriers, le sourire aux lèvres, expriment ainsi dans cette photographie leur joie devant la victoire des socialistes aux élections de mai. Débordant le secteur de la métallurgie, ces grèves atteignirent d’autres branches de l’industrie et, même, du commerce : pour la première fois, les employés des grands magasins parisiens suivirent le mouvement, notamment aux Galeries Lafayette, qu’un cliché pris en mai 1936 montre occupées par les salariés, rassemblés à cette occasion autour de l’escalier d’honneur pour écouter le discours de Léon Jouhaux, secrétaire général de la C.G.T. (1909-1947). Suspendue au-dessus de la tribune de l’orateur, une banderole porte l’inscription suivante « Restons unis, nous vaincrons ». Figure essentielle de 1936, Léon Jouhaux, rejetant la tradition syndicaliste révolutionnaire, s’efforça de canaliser cette explosion sociale spontanée et négocia avec le gouvernement une solution à la crise.

  Interprétation

Vers des jours meilleurs ?

Les négociations menées entre les syndicats et le gouvernement débouchèrent sur les accords de Matignon le 7 juin 1936. Ceux-ci prévoyaient une augmentation des salaires de l’ordre de 7 à 15%, instauraient le respect du droit syndical, créaient des délégués du personnel dans les entreprises et posaient le principe de la généralisation des conventions collectives, instituées par la loi du 25 mars 1919. Devant la poursuite du mouvement de grève, malgré les appels de Léon Jouhaux à la reprise du travail, ces accords furent bientôt complétés les jours suivants par un arsenal législatif visant à améliorer les conditions de travail des ouvriers : loi des 40 heures hebdomadaires et loi sur les congés payés d’une durée de 15 jours. Destinées à remédier à la crise économique et au chômage, ces mesures sociales suscitèrent ainsi une immense espérance en des jours meilleurs au sein de la classe ouvrière, d’autant plus qu’elles s’inscrivaient dans l’idéal humaniste du Front populaire, mis en œuvre dans le domaine de la culture, des loisirs et du sport. Cependant, les difficultés économiques, la contre-offensive menée par le patronat et les dissensions internes au gouvernement empêchèrent Léon Blum de poursuivre sa politique réformatrice, qu’il fut contraint de suspendre officiellement en février 1937, avant de démissionner lui-même le 20 juin.

Auteur : Charlotte DENOËL


Bibliographie

  • Serge BERSTEIN, La France des années 30, Paris : A. Colin, 1988 (2e éd.).
  • Fernand BRAUDEL et Ernest LABROUSSE, Histoire économique et sociale de la France, t. 4, vol. 2. Paris : P.U.F., 1980.
  • Jean-Paul BRUNET, Histoire du Front Populaire, Paris : P.U.F. (QsJ ? 1209), 1998 (2e éd.).
  • Georges LEFRANC, Juin 1936. L’explosion sociale, Paris : Gallimard, 1966.
  • -, Le mouvement socialiste sous la Troisième République, Paris : Payot, 1963.

Commentaires

Laisser un commentaire :

twitter

facebook










Haut de page