© Archives départementales de la Corse-du-Sud
Titre : Lettre de Napoléon Ier au ministre de la Guerre, Clarke, duc de Feltre, 3 novembre 1811.
Transcription
Date de création : 1811
Date représentée : 3 novembre 1811
Lieu de Conservation : Archives départementales de Corse-du-Sud (Ajaccio) ; site web
Contact copyright : Archives départementales de la Corse-du-Sud
Rue François Pietri Les Salines
20090 Ajaccio (Corse-du-Sud, Corse)
Tél. : 33 - 04 95 29 14 26
Fax : 33 - 04 95 29 12 14
Mél : archives@cg-corsedusud.fr
© Centre historique des Archives nationales - Atelier de photographie
Titre : Nouvelle organisation du service de l’artillerie sur les côtes. Tableau général. 1er août 1811.
Date de création : 1811
Date représentée : 1 eraoût 1811
Lieu de Conservation : Centre historique des Archives nationales (Paris) ; site web
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Référence de l'image : CHAN AFIV/1164 /pièce 15
© Archives départementales de la Corse-du-Sud
Titre : Plan de la batterie de la Dordonna.
Date de création : 1857
Date représentée : 1857
Lieu de Conservation : Archives départementales de Corse-du-Sud (Ajaccio) ; site web
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© Cliché Bibliothèque Nationale de France
Titre : Costumes de gardes-côtes, officier et soldat.
Auteur : Auguste VALMONT
Date de création : 1813
Date représentée : 1813
Technique et autres indications : Aquarelle
Lieu de Conservation : Bibliothèque nationale de France (Paris) ; site web
La défense à la suite de l’affaire
La surveillance et la défense du littoral sont assurées sous l’Empire par des compagnies de gardes-côtes, composées d’anciens canonniers, ou d’habitants des communes proches de la côte, assujettis au service du guet et de la garde et tirés au sort. Ils reçoivent une solde, sont habillés par l’Etat, placés sous commandement militaire et soumis à la discipline de l’armée mais effectuent un service moins actif que les artilleurs de ligne. Les compagnies, au nombre de 100, en 1804, seront portées, en raison de l’extension des frontières maritimes, à 145. Ce service est assuré en outre, par 28 puis par 33 compagnies de canonniers sédentaires dans les îles du littoral. 25 compagnies de canonniers vétérans effectuent celui des places de l’intérieur.
Du succès remporté par les Anglais dans le golfe de Sagone, le 1er mai 1811, ressort notamment l’insuffisance de la protection offerte par la vieille tour génoise du lieu et la batterie établie à ses pieds. Napoléon ordonne en conséquence d’édifier de nouvelles batteries pour rendre plus sûr le mouillage, en tirant, dans un premier temps, le canon nécessaire à leur armement des places de Calvi et d’Ajaccio. Il définit à une organisation de défense précise et efficace, de façon à assurer l’approvisionnement en bois de l’arsenal de Toulon (lettre du 15 juillet 1811[1]).
Exaspéré par la faible riposte opposée par les Français à Sagone, l’Empereur assigne aux 4 compagnies de Corse des responsabilités précises pour assurer une défense solide de ce point sensible par roulement, mais n’augmente pas les effectifs : 100 hommes devront être présents en permanence, pris sur les compagnies existant à Ajaccio, Saint-Florent, Capraïa et au Cap-Corse.
Défendre l’ensemble des côtes
Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre soumet, en septembre 1811, un rapport d’organisation de l’artillerie de la Grande Armée et du service de l’artillerie des côtes comportant un tableau général des moyens. Ajaccio, Calvi, Saint-Florent figurent au tableau général des bouches à feu en place pour la défense côtière de l’Empire. Il est prévu d’en installer vingt aux batteries de Sagone qui est considérée comme l’un des dix-huit points les plus vulnérables des côtes de l’Empire ; Clarke suggère d’y affecter une compagnie d’artillerie de ligne (CHAN AFIV/1164/p.13. Rapport du 7 septembre 1811). Mais l’Empereur n’est pas favorable à l’augmentation des effectifs et des moyens prévus pour la Corse ; Clarke propose alors, le 28 octobre, de réduire les moyens supplémentaires envisagés pour l’île par le bureau de l’artillerie : 180 bouches à feu au lieu de 218 et 560 canonniers au lieu de 654 (CHAN AFIV/1164/p.76).
La courte missive que l’empereur adresse à Clarke, le 3 novembre 1811, confirme les dispositions de défense de la Corse arrêtées dans le cadre de la réorganisation globale de l’artillerie. Il arrête les points de la côte à défendre particulièrement, montre sa volonté d’équilibrer la répartition mais décide de s’en tenir aux effectifs existants.
La batterie de la Dordona
Des travaux ordonnés par l’Empereur naît au moins la batterie Dordona (ainsi dénommée d’après le lieu-dit où elle est implantée). Mais, dans la hâte mise à exécuter les instructions impériales, on ne respecte guère les formes du droit : on occupe le terrain nécessaire sans se préoccuper de ses éventuels propriétaires. Aussi, sur le plan de 1857, on doit constater que, si l’emplacement de la batterie appartient à l’Etat, ce n’est qu’en application de la prescription trentenaire.
Il ne reste plus trace aujourd’hui de la batterie Dordona. En 1857, désormais sans utilité dans une Méditerranée où la France n’avait alors plus d’adversaires, terrain et bâtiment de la batterie furent remis par l’administration de la Guerre à celle des Domaines, pour être affectés au service des Ponts et Chaussées. Celui-ci les aliéna en 1879. Aujourd’hui, l’ancienne batterie Dordona s’est fondue dans le bâti de la station balnéaire de Sagone.
Equilibrer les moyens
La pression exercée par la marine anglaise a poussé Napoléon à améliorer la défense des golfes de Sagone et Saint-Florent, en 1811, seulement à la suite de graves incursions. L’exemple de Sagone montre qu’il s’attacha même à prendre des dispositions précises de défense son île natale, mais il ne put jamais consacrer à celle-ci plus que le strict nécessaire.
La répartition des moyens de défense des côtes est minutieusement définie par l’Empereur à partir du rapport du bureau de l’artillerie du ministère de la guerre. Du fait de la pression exercée par la marine anglaise, il sera extrêmement difficile de dégarnir partiellement la défense des côtes de l’Empire pour constituer, en 1812, les effectifs nécessaires à la campagne de Russie.
Auteur : Luce-Marie ALBIGÈS et Alain VENTURINI
« Monsieur le Duc de Feltre, je réponds à votre lettre du 28 octobre. 4 compagnies de garde-côtes et une compagnie d'artillerie de ligne, ce qui fait environ 500 canonniers, sont plus que suffisantes en Corse. Les 31 bouches à feu de Bastia, les 17 de Bonifaccio, les 28 de Calvi, les 22 d'Ajaccio n'ont besoin que de très peu de monde. Les seules batteries importantes sont celles de Sagone et de Saint-Florent ; mais l'une et l'autre de ces batteries peuvent être secourues rapidement par les canonniers des batteries de Bastia et d'Ajaccio. Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte garde.
A Dusseldorf le 3 novembre 1811.
Napoléon. »