Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
S'abonner à
L'Histoire par l'image
Ajouter à un album

Albums liés

Littérature (32 études)

L'effet du mélodrame.
L'effet du mélodrame.
Louis Léopold BOILLY

Redécouvrons... les musiciens et compositeurs des XIXe et XXe siècles (6 études)

Portrait de Claude Debussy.
Portrait de Claude Debussy.
Marcel André BASCHET

Découvrez aussi

Michelet et l'histoire romantique

Jules Michelet (1798-1874), historien.
Jules Michelet (1798-1874), historien.
Thomas COUTURE

La mode du rossinisme à Paris sous la Restauration

Rossini soutenant à lui seul tout l’opéra italien.
Rossini soutenant à lui seul tout l’opéra italien.
Eugène DELACROIX

Robespierre

Maximilien Robespierre en habit de député du Tiers Etat, d'après Adélaïde LABILLE-GUIARD (1749-1803).
Maximilien Robespierre en habit de député du Tiers Etat, d'après Adélaïde LABILLE-GUIARD (1749-1803).
Pierre Roch VIGNERON

Portrait du jeune Trioson

Portrait du jeune Trioson.
Portrait du jeune Trioson.
Anne Louis GIRODET DE ROUCY TRIOSON

Debussy et le renouveau musical

Portrait de Claude Debussy.
Portrait de Claude Debussy.
Marcel André BASCHET

Louis XVIII

Louis XVIII, roi de France et de Navarre, né à Versailles le 17 novembre 1755.
Louis XVIII, roi de France et de Navarre, né à Versailles le 17 novembre 1755.

Le duc d'Orléans en Laponie

Le duc d’Orléans descend le grand rapide de l’Eijampaïka sur le fleuve Mionio, en Laponie, août 1795
Le duc d’Orléans descend le grand rapide de l’Eijampaïka sur le fleuve Mionio, en Laponie, août 1795
François BIARD

La musique romantique en France

Hector Berlioz. Hector Berlioz.
Louis Alexandre GOSSET DE GUINES, dit GILL.
Frédéric Chopin. Frédéric Chopin.
Thomas COUTURE.
commentaires 0 commentaire commentaires
Hector Berlioz.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

Agrandissement - Zoom
»

Titre : Hector Berlioz.

Auteur : Louis Alexandre GOSSET DE GUINES, dit GILL (1840-1885)
Date de création : 1860
Date représentée : 1860
Dimensions : Hauteur 115 cm - Largeur 82 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 94DE51851/MV 5459

Frédéric Chopin.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

Agrandissement - Zoom
«

Titre : Frédéric Chopin.

Auteur : Thomas COUTURE (1815-1879)
Dimensions : Hauteur 46 cm - Largeur 38 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 95DE1526/MV 6201

  Contexte historique

Face à l’expansion de la bourgeoisie et au culte de l’enrichissement personnel, les artistes développèrent à l’époque romantique une sorte de contre-pouvoir fait de fantaisie, par lequel ils entendaient rendre sa grandeur à l’homme. La révolte devint le moyen d’échapper à une société jugée étriquée, n’offrant aucun avenir. Si les écrivains brandirent le spectre de Napoléon en héros outrepassant les règles sociales pour se libérer (Hugo, Les Misérables, Musset, La Confession d’un enfant du siècle, Stendhal, Le Rouge et le Noir), les musiciens, suivant en cela le modèle allemand (Hoffmann, Schubert), tentèrent aussi d’échapper à des formes artistiques trop rigides. Chopin, né d’une mère polonaise et d’un père français, s’attacha à développer des préludes, valses et « polonaises », Berlioz reprit la formule de la musique à programme (poème symphonique) qu’il introduisit d’abord dans sa Symphonie fantastique (1830), dont la création provoqua un tollé semblable à celui que suscita Hernani au théâtre. Tous deux furent incompris de leur temps, mais si Chopin devint le symbole du peuple polonais opprimé et mourut phtisique après des amours agitées avec George Sand, Berlioz poursuivit avec insistance une œuvre qui le mena jusqu’à la démultiplication de l’orchestre dans son Requiem. Figurant malgré eux parmi les premiers artistes maudits, ils anticipent sur un type de personnalité artistique qui éclora à la fin du XIXe siècle. Au sein du mouvement romantique cependant, les musiciens français, contrairement à la situation dans d’autres pays, sont relégués derrière les poètes, les dramaturges et les peintres.

  Analyse des images

Le portrait de Berlioz
Réalisé à partir d’une photographie de Nadar, ce portrait a longtemps été attribué à Daumier. La technique picturale peut en effet justifier cette attribution. Mais il s’agit d’une œuvre de Gill, caricaturiste de journaux (La Lune, L’Eclipse) qui fut une sorte de disciple de Daumier, très engagé politiquement puisqu’il fut directeur du musée du Luxembourg durant la Commune. De Berlioz, l’artiste a retenu le drame intérieur du musicien. Par sa technique, il en accuse les traits presque jusqu’à la caricature. C’est un Berlioz rigide, fermé, entièrement tourné sur son intellect qu’il présente, tout comme Achille Peretti dans le portrait qu’il réalisa du musicien, la tête appuyée sur la main, semblant plongé dans une profonde rêverie (Paris, musée de l’Opéra). Mais c’est aussi la révolte intérieure qu’a peinte Gill : Berlioz, jamais vraiment reconnu de son vivant, semble méditer sur l’injustice face au génie. Il est vrai que la France glorifiait alors Meyerbeer ou Offenbach. C’est en fin de compte le sombre Berlioz des Troyens et de La Damnation de Faust qu’a peint Gill.

Le portrait de Chopin
Ame sensible, Chopin avait été un enfant prodige. Esprit libre, il ne s’attacha qu’au piano qui lui permit d’harmoniser sa vie avec son art. L’œuvre de Couture montre un Chopin inquiet, mais sans la fragilité maladive que d’autres portraits révèlent, en particulier celui de Delacroix, à la touche vibrante bien faite pour évoquer l’esprit rêveur du musicien.

  Interprétation

C’est un malentendu – la répression de l’insurrection polonaise par les Russes en 1830 – qui propulsa Chopin au rang de héros national de la Pologne, alors que lui-même ne fit rien pour s’affirmer polonais. Son œuvre ne possède pas véritablement un caractère national malgré les « polonaises », pas plus que celle de Berlioz. Celui-ci, très marqué par les tiraillements sociaux de la période romantique dont il eut à souffrir, ne développa que des thèmes à la mode, inspirés de Byron (Manfred) ou de Goethe (Faust), mais aucun d’eux ne sut s’inspirer comme les Russes ou les Tchèques de thèmes populaires. Leur art n’a de romantique que la forme, par la souffrance et la douleur qu’il dégage, par la recherche de la liberté humaine qui le sous-tend.

Auteur : Jérémie BENOÎT


Bibliographie

  • Joël-Marie FAUQUET (dir.), Dictionnaire de la musique en France au XIXe siècle, Paris, Fayard, 2003.

Commentaires

Laisser un commentaire :

twitter

facebook










Haut de page