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ANONYME.
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L'équipe de Benjamin dans un studio avec Mireille, au pupitre, et Jean Nohain, tout à gauche. L'équipe de Benjamin dans un studio avec Mireille, au pupitre, et Jean Nohain, tout à gauche.
ANONYME.
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L'orchestre de la station Radio-Luxembourg.

© L'illustration - droits réservés

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Titre : L'orchestre de la station Radio-Luxembourg.

Auteur : ANONYME
Lieu de Conservation : L'illustration (Paris)

La famille Duraton reçoit Maurice Chevalier.

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Titre : La famille Duraton reçoit Maurice Chevalier.

Auteur : ANONYME
Lieu de Conservation : L'illustration (Paris)

L'équipe de Benjamin dans un studio avec Mireille, au pupitre, et Jean Nohain, tout à gauche.

© Keystone / Eyedea -
"reproduction et exploitation interdites sans accord préalablement écrit de l'agence"

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Titre : L'équipe de Benjamin dans un studio avec Mireille, au pupitre, et Jean Nohain, tout à gauche.

Auteur : ANONYME
Lieu de Conservation : Eyedea - Keystone (Paris) ; site web
Contact copyright : Keystone. 21 rue du Renard.75004 Paris. Tél: 01-44-78-84-00 ; site web
Référence de l'image : M 3521

  Contexte historique

L’invention des programmes
Au cours des années 1930, les temps d’antenne des stations de radio sont multipliés par deux à trois. Cette évolution entraîne une diversification des programmes et l’affirmation subséquente de la notion d’émission thématique (information, jeux, concerts, variétés, opérettes, théâtre, dramatiques, émissions éducatives, etc.). Dans ce domaine, les postes privés sont plus innovants que ceux du réseau d’État. On leur doit le lancement de la plupart des formules à succès de l’époque, notamment La Famille Duraton (Radio-Cité), La Course au trésor et Les Incollables (sur le Poste-Parisien, la première étant animée par Pierre Dac), les Radio Crochet (de Radio-Cité et de Radio-Toulouse) ou encore le Bar des Vedettes (Radio-37).

  Analyse des images

L’art et le coût de la grille…
Ce corpus photographique illustre deux aspects de l’histoire des stations privées des années 1930. La pause publicitaire de l’orchestre Radio-Luxembourg montre qu’en matière de recrutement (musiciens, animateurs, speakers, techniciens) et de développement des infrastructures (studios, auditoriums, salles de concert, etc.), les postes privés investissent de fortes sommes pour satisfaire aux exigences de grilles étoffées requérant une professionnalisation accrue de leurs concepteurs, réalisateurs et acteurs (dont les orchestres).
S’agissant de la professionnalisation et des animateurs les plus en vue, le cas de Saint-Granier permet de souligner qu’à la fin des années 1930 le succès de la radio est aussi celui de ses animateurs vedettes. Vu l’âge de la radio, ils ont le plus souvent une formation autre que radiophonique. C’est le cas de Saint-Granier, ancien journaliste, auteur de théâtre et chanteur qui collabore aussi à La Famille Duraton, feuilleton radiophonique culte de Radio-Cité, lancé en 1936 avec les journalistes Jean-Jacques Vital et Lise Élina (et la comédienne et speakerine Yvonne Galli, absente sur la photo). On les voit ici en compagnie de Maurice Chevalier, qu’ils viennent d’interroger dans le cadre de l’émission. La radio recrute aussi parmi les vedettes du music-hall. Ainsi Jean Nohain, avocat, journaliste et auteur de chansons à succès (dont le fameux Couchés dans le foin, 1936), lance-t-il entre autres Benjamin (1929), qui deviendra une émission enfantine phare de la station FL. De même, la chanteuse et compositrice Mireille, que l’on voit ici parmi l’équipe de Benjamin, produit une émission de variétés sur le Poste-Parisien.

  Interprétation

Les professionnels d’un loisir de masse
Entre le début des années 1920 et la fin de la décennie suivante, l’histoire de la radio est marquée par sa professionnalisation. À la fin de cette période, la part des émissions « réalisées par des non-professionnels est devenue minime ». La radio est de moins en moins artisanale, ce que l’on discerne bien dans ce corpus photographique illustrant la mise en œuvre de moyens incomparables à ceux des pionnières années sans-filistes, au temps où l’émission et l’écoute relevaient encore de la prouesse. Conjuguée à l’augmentation diversifiée des programmes, à la croissance et à la modernisation de l’équipement des foyers (6 sur 10 sont équipés en 1939), à l’acculturation radiophonique du plus grand nombre (les générations des années 1920 et 1930 naissent avec la radio, tandis que les précédentes durent l’apprivoiser), cette professionnalisation fait que l’écoute de la radio devient le premier loisir des Français, en un temps – celui du Front populaire – où, précisément, leur aspiration aux loisirs grandit et trouve une légitimité dans le débat socio-politique. Plus largement, la radio s’affirme alors comme un moyen de communication de masse, ce que la Seconde Guerre mondiale puis l’après-guerre confirmeront de façon radicale.

Auteur : Philippe TETART


Bibliographie

  • Christian BROCHAND, Histoire générale de la radio et de la télévision en France, tome I « 1921-1944 », Paris, La Documentation française-Comité d'histoire de la radiodiffusion, 1994.
  • Michèle de BUSSIERRE, Caroline MAURIAT et Cécile MÉADEL (dir.), Histoire des programmes et des jeux, Paris, Gehra-CHTV-CHR, 1986.
  • Michèle de BUSSIERRE, Caroline MAURIAT et Cécile MÉADEL (dir.), Histoire des publics de la radio-télévision, Paris, Gehra-CHTV-CHR, 1994.
  • Agnès CHAUVEAU et Philippe TETART, Introduction à l’histoire des médias, Paris, Armand Colin, 1999.
  • Jean-Noël JEANNENEY (dir.), L’Écho du siècle. Dictionnaire de la radio et de la télévision en France, Paris, Hachette-Arte-La Cinquième, 1999, 2e édition mise à jour, Pluriel, 2001.
  • Cécile MÉADEL, Histoire de la radio des années trente. Du sans-filiste à l'auditeur., Paris, INA & Anthropos-Economica, 1994.
  • Robert PROT, Dictionnaire de la radio, Grenoble-Bry-sur-Marne, Presses universitaires de Grenoble-INA, 1997.

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