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Le plus grand des périls qui menacent la France est la diminution de sa natalité. Le plus grand des périls qui menacent la France est la diminution de sa natalité.
ANONYME.
commentaires 2 commentaires commentaires
Fécondité par Emile Zola.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine / Musée d'histoire contemporaine

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Titre : Fécondité par Emile Zola.

Auteur : Raymond TOURNON (1870-1919)
Date de création : 1899
Date représentée : 1899
Lieu de Conservation : Musée d'histoire contemporaine / BDIC (Paris) ; site web
Contact copyright : Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, 6 Allée de l'Université, 92001 Nanterre Cedex, Tél.:33-(0)1.40.97.79.00 / Fax : 33-(0)1.40.97.79.40 ; site web

Le plus grand des périls qui menacent la France est la diminution de sa natalité.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine / Musée d'histoire contemporaine

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Titre : Le plus grand des périls qui menacent la France est la diminution de sa natalité.

Auteur : ANONYME
Date de création : 1926
Lieu de Conservation : Musée d'histoire contemporaine / BDIC (Paris) ; site web
Contact copyright : Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, 6 Allée de l'Université, 92001 Nanterre Cedex, Tél.:33-(0)1.40.97.79.00 / Fax : 33-(0)1.40.97.79.40 ; site web

  Contexte historique

Dès la fin du XVIIIe siècle, la France s’illustre par un début de dénatalité, ce qui constitue un trait singulier de sa démographie. Le taux de natalité passe de 31,2 ‰ entre 1816 et 1830 à 26,3 ‰ sous le Second Empire pour atteindre 19,6 ‰ en 1911. Ainsi entre 1851 et 1911, alors que les populations allemande et britannique se sont respectivement accrues de 57,8 % et 42,8 %, la population française n’augmente que de 9 % ! Après la défaite de 1870, ce phénomène, que les antimalthusiens tels Jacques Bertillon, Paul Leroy-Beaulieu ou Arsène Dumont attribuent au manque de vitalité français face au dynamisme allemand, devient un enjeu politique. Le gouvernement Waldeck-Rousseau crée en 1901 une commission de la dépopulation. La première mesure incitative n’apparaît qu’avec l’instauration de l’impôt sur le revenu en 1914, dont le calcul prend en compte le quotient familial. La guerre de 1914-1918 vient attester de la faiblesse démographique du pays. Le redressement de l’immédiat après-guerre se révèle conjoncturel et uniquement conditionné par le soudain accroissement du nombre des mariages. La législation destinée à remédier à cet état de fait est avant tout répressive (loi de 1920 interdisant toute propagande en faveur de la contraception, loi de 1923 réprimant l’avortement). Les mesures incitatives demeurent sectorielles ou d’initiative privée. La propagande antimalthusienne reprend de la voix mais renoue dans une large mesure avec les thèmes hérités de l’avant-guerre.

  Analyse des images

Le modèle de la famille heureuse

L’affiche, datant d’avant 1914, annonce à des fins publicitaires la prochaine parution du roman d’Emile Zola Fécondité dans le journal L’Aurore, d’obédience radicale. Ecrite en 1885 et publiée en 1899, cette œuvre constitue le premier volume de ses « Quatre Evangiles ». Au cœur, sinon au centre de cette illustration, une mère allaitant son enfant. A sa droite, en retrait, la figure tutélaire de l’époux, et autour, la famille, certes encore peu nombreuse sur l’affiche, mais Marianne, l’héroïne de Fécondité, finira sa vie entourée de ses cent trois descendants. Les blés mûrs (dans le village nommé Chantebled) laissent à imaginer la prospérité ou les succès de cette famille heureuse parce que nombreuse, issue d’un milieu populaire (ce qu’attestent les outils, le panier ou les costumes). Dans une atmosphère simple et sereine – les enfants jouent et cueillent des fleurs.

L’affiche de 1924 émane de l’Alliance nationale pour l’accroissement de la population française, créée en 1896 et reconnue d’utilité publique en 1913. Dans sa forme, elle s’inspire des panneaux pédagogiques destinés à l’école, comme le montrent les maximes (qui la rendent éminemment bavarde) et les chiffres illustrés de figures, alliant discours moral et scientificité revendiquée. Elle en appelle à l’éthique, au devoir et au bien-être personnel pour diffuser de manière plus explicite le même message qu’avant-guerre et rappelle les diverses mesures natalistes adoptées par l’Etat. Elle aussi vante les joies d’une famille nombreuse, bonheur auquel elle oppose la détresse d’un vieillard solitaire. Le dos voûté du vieil homme contraste avec le dynamisme que l’image représentant la famille tire de sa diagonale, comme, au demeurant, avec celui que crée l’élévation de l’enfant dans la vignette centrale.

  Interprétation

Différences politiques et convergences culturelles

Ces affiches qui se situent toutes dans la mouvance antimalthusienne n’en présentent pas moins d’incontestables différences. La brochure et l’affiche de 1924 mettent au cœur de leur propos (ou de leur graphisme) la France menacée et ces recours que sont, conjointement, l’armée et la natalité. Ce discours sur la guerre et la paix ou la défense de « la race et de sa graine » est, bien sûr, absent du roman de Zola et de l’affiche qui l’illustre. Son héros, Mathieu Froment, est un paysan dont le travail (cet autre « évangile » de Zola) est seul exalté. Du moins ces différentes illustrations révèlent-elles un même regard porté sur la famille, ses valeurs et sur la partition des rôles en son sein. Le travail (ou le combat) incombe partout aux hommes, pères et fils. Il revient aux femmes (mères et filles) de donner le jour aux enfants, de les allaiter et de nourrir la famille (comme le montrent les différents objets : panier, casserole, soupière). Pour le bonheur et la prospérité de tous. Force est de constater que cette intense propagande a eu des effets quasi nuls sur les pratiques sexuelles des Français et la courbe de la natalité.

Auteur : Danielle TARTAKOWSKY


Bibliographie

  • André ARMENGAUD, Les Français et Malthus, Paris, PUF, 1976.
  • Pierre CHAUNU, Gérard-François DUMONT, Jean LEGRAND et Alfred SAUVY, La France ridée : les conditions du renouveau, Paris, Hachette, coll. « Pluriel », 1979.
  • Jacques DUPAQUIER (dir.), Histoire de la population française, tome III « De 1789 à 1914 », Paris, PUF, 1988.
  • Alfred SAUVY, La Vieillesse des nations, Paris, Gallimard, coll. «&nbps;Tel&nbps;», 2000.
  • Emile ZOLA, Les Quatre Evangiles. Fécondité, Paris, Fasquelle, 1899, rééd. L’Harmattan, 1994.

Commentaires

Comment les natalistes ont été critiqués?
Story
Par Story le 05/01/11 à 21h38 - #67
Pour avoir une critique du natalisme, il convient sans doute de s'intéresser aux théories malthusiennes et néomalthusiennes.

Selon ces théories, si une population croît de manière forte et régulière il vient un moment où il y a une insuffisance des ressources de l'environnement, ce qui provoque alors une catastrophe pour cette population.
Histoire-image
Par Histoire-image le 10/01/11 à 10h41 - #70

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