Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
S'abonner à
L'Histoire par l'image
Ajouter à un album

Albums liés

Portraits de famille (14 études)

Marie-Antoinette de Lorraine-Habsbourg, reine de France et ses enfants.
Marie-Antoinette de Lorraine-Habsbourg, reine de France et ses enfants.
Elisabeth Louise VIGEE-LE BRUN

Redécouvrons... les traditions catholiques (4 études)

Crématorium du Père-Lachaise, élévation principale.
Crématorium du Père-Lachaise, élévation principale.
Jean Camille FORMIGE

Découvrez aussi

La Toussaint

La Toussaint.
La Toussaint.
Emile FRIANT

La représentation d’Ophélie

Ophélia.
Ophélia.
Pascal Adophe Jean DAGNAN-BOUVERET

La Séparation de l'Eglise et de l'Etat

La Séparation de l'Eglise et de l'Etat.
La Séparation de l'Eglise et de l'Etat.

Le Mur des Fédérés

Le Triomphe de l'ordre.
Le Triomphe de l'ordre.
Ernest PICHIO

Le renouveau religieux du milieu du XIXe siècle

La Fête-Dieu.
La Fête-Dieu.
Alexandre ANTIGNA

L'école républicaine en Bretagne

La Classe manuelle. Ecole de petites filles (Finistère).
La Classe manuelle. Ecole de petites filles (Finistère).
Richard HALL

Répression de la misère

Ce qu'on appelle le vagabondage.
Ce qu'on appelle le vagabondage.
Alfred STEVENS

Cultes et coutumes religieuses dans la France rurale du XIXe siècle

Bénédiction des blés en Artois.
Bénédiction des blés en Artois.
Jules BRETON

Le Père-Lachaise et les derniers combats de la Commune

Derniers combats au Père-Lachaise.
Derniers combats au Père-Lachaise.
Henri-Félix-Emmanuel PHILIPPOTEAUX

Etre catholique à la fin du XIXe siècle

La Toussaint. La Toussaint.
Emile FRIANT.
Le pain béni. Le pain béni.
Pascal Adophe Jean DAGNAN-BOUVERET.
commentaires 0 commentaire commentaires
La Toussaint.

© Musée des Beaux-Arts de Nancy - Photo C. Philippot

Agrandissement - Zoom
»

Titre : La Toussaint.

Auteur : Emile FRIANT (1863-1932)
Date de création : 1888
Dimensions : Hauteur 254 cm - Largeur 334 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée des Beaux-Arts de Nancy (Nancy) ; site web
Contact copyright : Musée des Beaux-Arts de Nancy, 3, place Stanislas, 54000 Nancy. Tél: 03-83-85-30-72

Le pain béni.

© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet

Agrandissement - Zoom
«

Titre : Le pain béni.

Auteur : Pascal Adophe Jean DAGNAN-BOUVERET (1852-1929)
Date de création : 1885
Dimensions : Hauteur 120.1 cm - Largeur 84 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 86EE411/RF 469

  Contexte historique

Au XIXe siècle, on observe une désaffection à l’égard de l’Eglise, un détachement qu’ont préparé l’essoufflement de la pratique religieuse dès les années 1760 (surtout dans les villes), la crise du clergé et la déchristianisation forcée de l’an II. " Le travail industriel, l’usine ou la manufacture, la ville ont eu sur la fidélité religieuse des populations urbaines des effets négatifs " (R. Rémond, Le XIXe siècle, 1815-1914, Seuil, 1974, p. 203).

Une fois au pouvoir, les républicains, contre lesquels l’Église a lutté avant et après le Syllabus, s’efforcent de laïciser l’État. En 1880, les congrégations non autorisées sont interdites et l’obligation du repos dominical est supprimée. Deux ans plus tard, l’école primaire devient laïque. En 1886, le personnel des écoles primaires publiques est laïcisé à son tour. Certes, la majorité des Français reste attachée à l’Eglise, mais, dans un tel contexte, la question de la manifestation de l’identité religieuse devient problématique.

  Analyse des images

Ces deux tableaux nous renseignent sur la pratique des catholiques dans les années 1880.

Émile Friant (1863-1932), qui commence sa carrière dans l’atelier de Cabanel, se réclame d’Ingres tout en étant influencé par Bastien-Lepage ; la Toussaint, présentée au Salon de 1889, représente une famille qui se dirige d’un pas assuré vers l’entrée d’un cimetière. La Toussaint, fête de " tous les saints " célébrée le 1er novembre, est liée à la commémoration des défunts qui a lieu le lendemain. À l’occasion de cette fête populaire, la famille bourgeoise d’Émile Friant, tout de noir vêtue, va fleurir la tombe de ses proches ; la petite fille en tête du cortège s’apprête à faire l’aumône à un mendiant.

On retrouve la même précision naturaliste et le goût du détail dans le tableau de Dagnan-Bouveret (1852-1929), un élève de Gérôme et de Cabanel qui expose dans les Salons à partir de 1875. L’usage du Pain bénit a lieu à la fin de la messe, après la communion, lorsqu’on distribue aux fidèles une petite collation, morceau de pain ou de gâteau. L’enfant de chœur passe dans les rangs, occupés par des femmes habillées en noir et plutôt âgées. La scène se situe dans une petite église rurale qui, à voir le mauvais état du mur, est peu entretenue. Elle semble donc à l’écart des évolutions à l’œuvre : un grand mouvement d’embellissement des lieux de culte se produit dans la seconde moitié du XIXe siècle. Au même moment, de vastes édifices néo-gothiques voient le jour et de nouveaux matériaux sont utilisés, comme le ciment armé à Saint-Jean-l’Evangéliste de Montmartre.

  Interprétation

Dans ces tableaux, l’attention est portée non pas sur le clergé ou la pompe de l’office, mais sur les fidèles dont la pratique ordinaire est figurée avec réalisme. Les femmes qui mangent le pain bénit et la famille endimanchée en route vers le cimetière sacrifient sans honte à la tradition. Cependant, on doit remarquer que, dans ces scènes, les hommes sont peu présents. En France, les taux de pratique des femmes sont beaucoup plus importants. Comme fidèles, religieuses ou enseignantes, elles participent à une " féminisation du catholicisme " au XIXe siècle : l’historien G. Cholvy va jusqu’à écrire que " c’est par l’Église et ses œuvres que de nombreuses femmes exercent une influence hors du cercle familial " (G. Cholvy, Etre chrétien en France au XIXe siècle, 1790-1914, Seuil, 1997, p. 48), surtout après la laïcisation du personnel des écoles primaires en 1886.

Les enfants jouent aussi un rôle notable. L’enfant de chœur et les deux fillettes viennent rappeler que les jeunes sont bien catéchisés dans les campagnes (mieux que les petits citadins et mieux que les générations nées au milieu du siècle). À partir de 1882, le catéchisme doit être appris en dehors de l’école, ce qui explique le développement des catéchismes volontaires. Ces deux tableaux tempèrent l’idée d’une déchristianisation radicale. On doit plutôt considérer que la foi a été soumise à des cycles : reflux pendant la Révolution, réveil aux temps romantiques, décrue à l’époque républicaine positiviste, renouveau spiritualiste après la séparation de l’Église et de l’État en 1905.

Auteur : Ivan JABLONKA


Bibliographie

  • Gérard CHOLVY, Yves-Marie HILAIRE, Histoire religieuse de la France contemporaine, 1880-1930, t. 2, Privat, 1985.
  • Gérard CHOLVY, Etre chrétien en France au XIXe siècle, 1790-1914, PARIS, LE Seuil, 1997.
  • François LEBRUN (dir.), Histoire des catholiques en France du XVe siècle à nos jours, Toulouse, Privat, 1980.
  • Jacques LE GOFF , René RÉMOND (dir.), Histoire de la France religieuse, t. 3, Philippe JOUTARD, Du roi très Chrétien à la laïcité républicaine, XVIIIe-XIXe siècle, Le Seuil, 1991.
  • Jean-Marie MAYEUR (dir.), Histoire religieuse de la France, XIXe-XXe siècle. Problèmes et méthodes, Paris, Beauchesne, coll. « Bibliothèque Beauchesne », 1975.
  • Claude SAVART, Les Catholiques en France au XIXe siècle. Le témoignage du livre religieux, Paris, Beauchesne, coll. « Théologie historique », 1985.

Commentaires

Laisser un commentaire :

twitter

facebook










Haut de page