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La maison de Madame Bazin à Nouvron.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

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Titre : La maison de Madame Bazin à Nouvron.

Auteur : ANONYME
Date de création : 1919
Date représentée : 1919
Dimensions : Hauteur 26.8 cm - Largeur 35 cm
Lieu de Conservation : Musée national de la Coopération Franco-américaine (Blérancourt) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 01-021664 / PH494

Une famille réinstallée dans un abri militaire.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

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«

Titre : Une famille réinstallée dans un abri militaire.

Auteur : ANONYME
Dimensions : Hauteur 14.8 cm - Largeur 20.3 cm
Lieu de Conservation : Musée national de la Coopération Franco-américaine (Blérancourt) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 01-022956 / VFPH148

  Contexte historique

Pendant la Première Guerre mondiale, le tribut payé par les poilus est, certes, impressionnant – 1 390 000 morts, près de trois millions de blessés dont 60 000 amputés –, mais ce conflit des plus meurtriers n’a pas épargné les populations civiles. En Belgique, qu’ils ont envahie malgré sa neutralité, les Allemands ne s’attendaient à aucune résistance, mais les Belges ralentissent la progression de l’ennemi, qui exerce des représailles sur la population : 200 civils sont tués dans l’incendie de Louvain, 400 otages sont exécutés à Tamines, 200 à Andenne, 670 à Dinant, hommes, femmes et enfants confondus. En août et septembre 1914, lors de leur avancée en Belgique et dans le nord de la France, les Allemands incendient des villages, bombardent des villes sans défense, et font rien moins que 6 000 victimes civiles.

Pendant quatre ans, l’ennemi occupe totalement ou partiellement une dizaine de départements français du Nord et de l’Est, et y prélève l’essentiel des ressources et de la main-d’œuvre dont il a besoin. Les réquisitions sont diverses mais visent le plus souvent la totalité de la production. Toute résistance de la part des populations donne lieu à de sévères sanctions – exécutions sommaires ou amendes élevées –, l’objectif de l’occupant étant de faire des exemples pour s’assurer la coopération docile des habitants.

Pendant la guerre de position, les villes et les villages situés à proximité immédiate du front sont, bien entendu, les plus exposés aux bombardements et aux destructions. Des villages entiers disparaissent totalement. Beaucoup de familles vivent dans les ruines de leur maison ou dans des abris de fortune. Au total, dans le nord de la France, 289 000 maisons sont détruites, 422 000 sévèrement endommagées ; 11 000 édifices publics – mairies, écoles, églises… – sont à reconstruire ; trois millions d’hectares de terres arables sont inutilisables. La reconstruction sera longue et coûteuse.

  Analyse des images

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate en Europe, de nombreux volontaires américains traversent l’Atlantique pour venir en aide aux Alliés engagés dans le conflit. C’est ainsi qu’Anne Morgan (1873-1952), la fille du banquier John Pierpont Morgan, décide d’employer son temps et son argent à des œuvres humanitaires. Les fonds privés qu’elle collecte aux États-Unis vont permettre la création, en 1918, du Comité américain pour les régions dévastées (C.A.R.D.). En juin 1917, avec un groupe de femmes américaines, Anne Morgan s’installe dans des baraquements provisoires, parmi les ruines du château de Blérancourt, dans l’Aisne. Pendant sept ans, 350 bénévoles américaines vont ainsi sillonner la Picardie à bord de leurs camionnettes Ford et secourir, soigner, distribuer du ravitaillement, aider à la reconstitution du tissu social en agissant dans le domaine de la santé, de l’éducation et des loisirs. À leur départ, en 1924, elles laissent derrière elles, outre une œuvre sociale et humanitaire remarquable, un fonds documentaire considérable qui rassemble des films et de très nombreuses photographies. Ces richesses iconographiques permettent de découvrir la vie quotidienne et les conditions de vie des populations sinistrées.

Les deux photographies sont extraites de ce fonds Anne Morgan et ont été prises dans des villages proches de Soissons. La première, particulièrement émouvante, montre une vieille femme, madame Bazin, seule, assise devant sa maison dont ne subsistent que les murs. Les mains posées sur ses genoux, elle contemple l’étendue désolée du village de Nouvron-Vingré, qui a subi pendant trois ans le feu croisé des belligérants et n’est plus que ruines. Au premier plan, on voit une camionnette du C.A.R.D.

La seconde, prise dans le village de Chavigny, présente une famille dont la maison a vraisemblablement été détruite par les bombardements. Réfugiés dans un abri souterrain, le couple et ses six enfants vivent désormais sans le moindre confort, dans des conditions d’hygiène et de salubrité extrêmement précaires.

  Interprétation

Petits villages des plateaux du Soissonnais, Nouvron-Vingré et Chavigny sont situés sur la ligne de front de 1914 à 1917. Malgré une défense française héroïque mais vaine, Nouvron-Vingré est occupé dans la nuit du 19 au 20 septembre 1914 par les troupes allemandes qui incendient les habitations et exercent des représailles meurtrières sur la population civile. Évacué par les Allemands au moment de leur retrait derrière la ligne Hindenburg en mars 1917, il est à nouveau envahi lors des offensives allemandes du printemps 1918. À la fin de la guerre, ce n’est plus qu’un vaste champ de ruines comme on peut en juger par la première photographie.

Situé comme Nouvron-Vingré ou Anizy-le-Château au cœur de la « zone rouge », Chavigny n’échappe pas aux destructions matérielles. Les habitants de ces villages de l’Aisne, dont les maisons ont été gravement endommagées, voire rasées, n’ont d’autres ressources que de se réfugier dans des caves, dans des cagnas militaires, dans des carrières de pierre ou dans des grottes – les « creutes » –, abris naturels, nombreux dans la région, qui parsèment les flancs des plateaux calcaires. Après l’armistice, ces populations ne pourront être relogées qu’au prix de réparations urgentes sur les maisons encore debout ou de l’implantation de baraquements provisoires… qui demeureront en place pendant plusieurs années. De 1917 à 1924, le Comité américain pour les régions dévastées jouera un rôle non négligeable dans la reconstruction des villages sinistrés de l’Aisne.

Auteur : Alain GALOIN


Bibliographie

  • Des Américaines en Picardie au service de la France dévastée, 1917-1924, catalogue de l’exposition présentée à l’Historial de la Grande Guerre, Péronne, 2002.
  • Jacques BECKER, 14-18, Documentation photographique n° 6074, Paris, C.N.D.P., décembre 1984.
  • Roger-Alexis COMBET, Les Témoins de la Grande Guerre, Paris, Ofrateme, Radiovision RV 150, 1974.
  • Pierre VALLAUD, 14-18, la Première Guerre mondiale, Paris, Fayard, 2004.

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