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Danse, article extrait d'un ouvrage de M. L. E. Moreau de Saint-Méry, Répertoire des notions coloniales par ordre alphabétique. Danse, article extrait d'un ouvrage de M. L. E. Moreau de Saint-Méry, "Répertoire des notions coloniales par ordre alphabétique".
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Danse d'esclaves. (attribué à Augustin BRUNIAS)

© Mairie Bordeaux - Photo JM Arnaud

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Titre : Danse d'esclaves. (attribué à Augustin BRUNIAS)

Dimensions : Hauteur 29 cm - Largeur 40 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Lieu de Conservation : Musée d'Aquitaine (Bordeaux) ; site web

Danse, article extrait d'un ouvrage de M. L. E. Moreau de Saint-Méry, Répertoire des notions coloniales par ordre alphabétique.

© Bibliothèque Mazarine

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Titre : Danse, article extrait d'un ouvrage de M. L. E. Moreau de Saint-Méry, "Répertoire des notions coloniales par ordre alphabétique".

Transcription

Date de création : 1796
Technique et autres indications : Moreau de Saint-Méry (Médéric, Louis, Elie). Danse, article extrait d'un ouvrage de M. L. E. de St Mery ayant pour titre: "Répertoire des notions coloniales par ordre alphabétique". A Philadelphie, imprimé par l'auteur, imprimeur-libraire. pp. 36-40
Lieu de Conservation : Bibliothèque Mazarine (Paris) ; site web

Animation

  Contexte historique

Une main d’œuvre servile peuple en nombre considérable les Antilles et les Amériques proches de celles-ci. Les propriétaires des plantations de canne à sucre ou de coton, avant l’invention de la photographie, font faire des peintures-souvenirs : portraits de la famille, petites scènes de genre, tableaux dont un des principaux objectifs est de rendre visible l’heureux aboutissement d’une ambition de prospérité harmonieuse dans la plantation.

Certains maîtres tolèrent à leurs esclaves un repos le dimanche ; il arrive alors parfois que l’esclave et sa famille ne soient pas nourris par leur maître, ce dimanche devant être consacré à la culture vivrière d’un lopin de terre concédé autour de la case. Le maître cependant concède des réunions festives entre esclaves.

Cette peinture non signée est attribuée à Augustin Brunias(1730-1796), peintre italien mort à la Dominique après avoir passé trente ans aux Antilles. Auteur de scènes de genre à la touche exotique, il met en scène avec raffinement des noirs et des mulâtres, dénudés ou vêtus de chatoyants costumes. Ses peintures sont largement diffusées en Europe sous forme d’estampes.

  Analyse des images

Le peintre joue habilement des contrastes entre un groupe statique central de musiciens et les deux danseurs qui l’encadrent, entre les chemises claires et les peaux sombre, entre le proche, nature aimable et comestible, et le lointain, nature sylvestre presque irréelle. Tableau étrange. Les yeux des personnages fuient. Jubilation apparente d’une danse, certes, mais enjeux mystérieux de celle-ci. Les maîtres ne les perçoivent pas. Brunias non plus, mais il pressent un mystère. Le tableau repose sur la répétition de formes ovales ou circulaires : corbeille de fruits, calebasse, guitare, chapeaux, bras pliés. La force massive des musiciens, face à nous, impose un mystère. Une raideur monumentale porte la musique que l’on n’entend pas ; mais elle doit être essentielle aux esclaves. Le maître commanditaire du tableau doit, quoi qu’il en soit, être satisfait par les apparences de gentillesse, de bonne corpulence, de distraction légère de ses employés. Ils sont bien vêtus, propres et costauds. Leur danse ne déchaîne rien. Les couleurs et la lumière sont heureuses.

Brunias observe. La qualité d’information ethnologique de sa peinture éclate. Bien au delà d’une compassion pour quelque danse raidie par la nostalgie de l’Afrique perdue, le tableau montre, peut-être sans tous les comprendre, ce qui porte cette danse et ceux qui la vivent.

Il est intéressant de lire ce qu’écrit à la même époque Médéric Louis-Élie Moreau de Saint-Méry (1750-1819), juriste d’origine martiniquaise, défenseur actif de l’esclavagisme tout étant proche de l’esprit des Lumières, et ayant réuni une documentation importante sur les Antilles, en particulier dans sa Description topographique, physique, civile, politique et historique de la partie française de Saint-Domingue (1796) . Il décrit avec précision dans un petit opuscule, Danse (1796) les chœurs de chanteuses répondant à une ou deux chanteuses principales à la voix éclatante, les danseurs, les tambours et les guitares et le penchant des noirs pour la danse, « si puissant que le nègre le plus fatigué par le travail trouve toujours des forces pour danser ».


La peinture de Brunias, tout aussi précise, montre les deux instrumentistes, initiés dans leurs ethnies d’origine, comme dans maints peuples d’Afrique de l’Ouest, en train de jouer d’instruments sacrés capables de convoquer des « esprits » ou des dieux pour les cérémonies : anzarka, instrument à cordes, et large tambour, percussion posée au sol comme si souvent en Afrique la calebasse évidée que l’initié frappe. Les deux femmes, sans doute chanteuses, sont aussi des initiées. Tous font venir les « esprits » dont ils sont, en quelque sorte les intermédiaires. Les deux danseurs sont aussi des initiés. Le danseur accompagne les gestes de ses chevilles et de ses poignets du son de grelots, comme certains danseurs dans les grandes danses de possession avec masques. Il est possible que les brutalités de la Traite et la volonté farouche d’acculturation des marchands d’esclaves, aient abouti à ce que ces initiés, mulâtres ou carterons, pour certains, ne soient pas de la même ethnie. Mais les initiations ont de fréquentes similitudes et l’impératif absolu de ne pas perdre le contact avec sa communauté et les « esprits » et « ancêtres » de celle-ci fait qu’on recompose, dans la déportation esclavagiste, des chants et des danses, des rites enfin qui restaurent syncrétiquement ces contacts communautaires. D’ailleurs tous dansent et chantent pieds nus, comme toujours on doit le faire sur le sol sacré.

  Interprétation

Le tableau prend alors une signification plus profonde. Brunias montre, au delà de la prospérité fruitière dans la corbeille du premier plan, l’importance des mains qui convoquent les « esprits » en jouant, la gravité des corps qui ravivent les racines en dansant. La forêt brumeuse en arrière-plan est le murmure des origines, vrai « bois sacré » dont la mémoire des fétiches, des sacrifices et des rites qui l’habitent n’a jamais été abandonnée. La danse chantée est une cérémonie qui va aboutir à la transe des initiés, capables alors de porter la réponse des « esprits » aux spectateurs qui, inquiets de leur destin, les interrogent.

Auteur : Yves BERGERET


Transcription - Danse, article extrait d'un ouvrage de M. L. E. Moreau de Saint-Méry, "Répertoire des notions coloniales par ordre alphabétique".

Moreau de Saint-Méry (Médéric, Louis, Elie). Danse, article extrait d'un ouvrage de M. L. E. de St Mery ayant pour titre : "Répertoire des notions coloniales par ordre alphabétique". A Philadelphie, imprimé par l'auteur, imprimeur-libraire. pp. 36-40.

Le nègre, lorsqu'il s'est préservé de la folle manie de singer, a une danse qui lui est propre, et qui, apportée originairement d'Afrique, a un grand charme pour les hommes nés dans cette partie du monde. Les nègres créoles la chérissent aussi, parce que c'est celle qu'ils ont connue depuis la plus tendre enfance.

Les peuples Africains me servent encore ici de preuves de la passion qu'ont pour la danse les habitants placés entre les tropiques, puisqu'ils sont tous sensibles à ce plaisir avec les proportions que j'ai annoncées comme dépendantes du genre de vie et de la nourriture. Les nègres de la Côte-d'Or, belliqueux, sanguinaires, accoutumés aux sacrifices humains, ne connaissent que des danses féroces comme eux: tandis que le Congo, le Sénégalais et d'antres Africains pätres on cultivateurs, aiment la danse comme un délassement, comme une source de voluptés. Amenés de toutes les parties d'Afrique dans nos Colonies, dont le climat est analogue au leur, les nègres y apportent et y conservent leur penchant pour la danse, penchant si puissant, que le nègre le plus fatigué par le travail, trouve toujours des forces pour danser et même pour aller à plusieurs lieues satisfaire ce désir.

Quand les nègres veulent danser, ils prennent deux tambours, c'est-à-dire, deux espèces de tonneaux d'inégales longueurs, dont l'un des bouts reste ouvert, tandis que l'autre reçoit une peau de mouton bien tendue. Ces tambours (dont le plus court se nomme Bamboula, parce qu'il est fait quelquefois d'un très-ros gros bambou qu'on a creusé), raisonnent sous les coups de poignet et le mouvement des doigts du nègre qui se tient à califourchon sur chaque tambour. On frappe lentement sur le plus gros, et avec beaucoup de vélocité sur l'autre. Ce son monotone et grave est accompagné par le bruit d'une certaine quantité de petites calebasses où l'on a mis des cailloux et qui sont percées dans leur longueur par un long manche qui sert à les agiter. Des Banzas, espèces de guitares grossières à quatre cordes, se mêlent an concert dont les mouvements sont réglés par le battement de mains des négresses qui forment un grand cercle. Elles composent toutes une sorte de choeur qui répond à une ou deux chanteuses principales, dont la voix éclatante répète on improvise une chanson.

Un danseur et une danseuse, ou des danseurs pris en nombre égal dans chaque sexe, s'élancent an milieu de l'espace et se mettent à danser, en figurant toujours deux à deux. Cette danse peu variée, consiste dans un pas fort simple où l'on tend successivement chaque pied et où on le retire en frappant plusieurs fois précipitamment de la pointe et du talon sur la terre, comme dans l'anglaise. Des évolutions faites sur soi-même ou autour de la danseuse qui tourne aussi et change de place avec le danseur, voilà tout ce qu'on aperçoit, si ce n'est encore le mouvement des bras que le danseur abaisse et relève en ayant les coudes assez près du corps et la main presque fermée; la femme tient les deux bouts d'un mouchoir qu'elle balance. On croirait difficilement, quand on n'a pas vu cette danse, combien elle est vive, animée, et combien la rigueur avec laquelle la mesure y est suivie, lui donne de grâce. Les danseurs et les danseuses se remplacent sans cesse, et les nègres s'y enivrent d'un tel plaisir, qu'il faut toujours les contraindre à finir cette espèce de bals nommés Kalendas [En Celte GAL-VEN-DA; ce qui signifie Appèle donc; sans doute à cause du bruit du tambour.], qui ont lieu en plein champ et dans un terrain uni, afin que le mouvement des pieds ne puisse y rencontrer aucun obstacle.

Il serait difficile de méconnaître à ces traits une danse simple, primitive, et appartenant à des peuples chez lesquels la civilisation a encore presque tout à faire. Cette disposition circulaire, ces battements de mains, ce chant à refrain, ces instruments bruyants, tout dépose en faveur de l'ancienneté de cette danse qui, comme je l'ai dit, appartient à l'Afrique, où ses caractères existent presque partout, même chez les Hottentots.


Bibliographie

  • Regards sur les Antilles : Collection Marcel Chatillon, Catalogue de l’exposition au Musée d'Aquitaine de Bordeaux, 23 septembre 1999 - 16 janvier 2000, Paris, RMN, Bordeaux, Musée d'Aquitaine, 1999.
  • Gabriël ENTIOPE, Nègres, danse et résistance (La Caraïbe du 17ème au 19ème siècle) , Recherches et Documents Amériques latines, éd. L'Harmattan.
  • Guide des sources de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions, Direction des Archives de France, La documentation française, Paris, 2007.

Commentaires

J'ai trouvé ce site utile pour mes devoirs
d'Histoire-Géographie. J'espère avoir une très bonne note !
Merci !
Zsasha
Par Zsasha le 05/10/12 à 18h22 - #959
Ce site ma beaucoup servis pour mon devoir maison d'histoire.
Cela m'apprendre peut-être beaucoup plus l'Histoire car je n'aime pas sa normalement.
Merci.
Manon
Par Manon le 21/10/12 à 11h46 - #991
merci bcp pour cette vidéo elle m'a beaucoupservi pour mon DM j'èspère que j' aurais une bonne note et sa sera grace a vs! MERCI et big up dédicace a l'IND <3
92bgxx
Par 92bgxx le 12/11/12 à 18h42 - #1037
jai eu un 19;5 grace à vous franchement vous etes au top!!!
chanoudu60
Par chanoudu60 le 19/11/12 à 13h00 - #1043
merciii bcp
nissous izi
Par nissous izi le 19/09/13 à 08h35 - #1698
merci beaucoup se site m'apportera une bonne note sans doute
et encore merci
elo71
Par elo71 le 12/10/13 à 12h27 - #1738
La nature signifie quoi SVP
lonuljbkh
Par lonuljbkh le 30/10/13 à 12h49 - #1779

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