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Le retour du troupeau.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

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Titre : Le retour du troupeau.

Auteur : Charles Sprague PEARCE (1851-1914)
Dimensions : Hauteur 226 cm - Largeur 325 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile. Dit aussi : Bergère.
Lieu de Conservation : Musée national de la Coopération Franco-américaine (Blérancourt) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 96-020041 / MNB90-5

Le bosquet.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

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Titre : Le bosquet.

Auteur : Gari Julius MELCHERS (1860-1932)
Dimensions : Hauteur 167 cm - Largeur 111 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
En dépôt au musée national de la Coopération Franco-américaine de Blérancourt.
Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 91-000753 / RF1980-139

Morning light ou Lumière du matin.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

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Titre : Morning light ou Lumière du matin.

Auteur : Walter Elmer SCHOFIELD (1866-1914)
Date de création : 1922
Dimensions : Hauteur 101.5 cm - Largeur 122 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
En dépôt au musée national de la Coopération Franco-américaine de Blérancourt.
Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 91-000756 / RF1980-163

  Contexte historique

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la France accueille volontiers les nombreux artistes américains qui viennent parfaire leur formation dans les ateliers des plus grands peintres du temps.
Né à Boston en 1851, Charles Sprague Pearce vient ainsi à Paris en 1873 pour y étudier la peinture. Il s’installe à Montmartre et suit pendant plusieurs années l’enseignement académique de Léon Bonnat (1833-1922) dont il subit l’influence. A partir de 1876, il expose chaque année au Salon où il obtient de nombreuses récompenses. Parallèlement, il expose aussi aux Etats-Unis, notamment à la Pennsylvania Academy of Fine Arts de Philadelphie. Il déploie une grande activité dans les milieux artistiques franco-américains : membre du jury de la section des Beaux-Arts à l’Exposition universelle de 1889, à Paris, il est également l’un des éléments fondateurs et le vice-président de l’influente Paris Society of American Painters. En 1885, il s’installe définitivement à Auvers-sur-Oise où il meurt en 1914.
Né en 1860 à Detroit, dans le Michigan, de parents d’origine néerlandaise, Gari Julius Melchers, quant à lui, fait ses études artistiques en Europe, d’abord à la Royal Academy de Düsseldorf où il est l’élève de Karl von Gebhardt et de Peter Janssen, puis à Paris, à l’Académie Julian, où il suit l’enseignement de Jules Lefebvre et de Gustave Boulanger. Il devient plus tard le disciple de Puvis de Chavanne (1824-1898). Dans les deux dernières décennies du XIXe siècle, il se fait surtout remarquer par ses toiles monumentales consacrées au monde paysan. C’est seulement à la fin d’un long séjour en Hollande, au début du XXe siècle, qu’il tombe sous l’influence des impressionnistes. En 1916, il s’installe à Fredericksburg, en Virginie, où sa peinture surprend ses compatriotes : en effet, dans leur grande majorité, les artistes du Sud des Etats-Unis sont restés à l’écart du mouvement impressionniste.
Né à Philadelphie en 1867, Walter Elmer Schofield fait ses études dans sa ville natale, puis à la Pennsylvania Academy of Fine Arts, avant de venir, lui aussi, à Paris. Il s’inscrit à l’Académie Julian qui accueille volontiers les étudiants étrangers. Il y suit l’enseignement de William Adolphe Bouguereau (1825-1905). Il séjourne ensuite en Angleterre, en Cornouailles, où il côtoie les paysagistes du groupe de Saint Yves qui peignent en plein air, sur le motif. Il reste célèbre pour ses paysages d’hiver où dominent les bleus, peints en Angleterre et en Pennsylvanie.

  Analyse des images

Charles Sprague Pearce fut probablement l’un des peintres américains expatriés en Europe les plus productifs et les plus inspirés. Sous l’influence de Léon Bonnat (1833-1922) et de Bastien-Lepage (1848-1884), il pratiqua un académisme de qualité qui marque profondément ses portraits et ses tableaux. A la manière de Jean-François Millet (1814-1875) ou de Charles-François Daubigny (1817-1878), ce fut également un peintre de la nature et de la ruralité. Exécuté à la fin des années 1880, Le retour du troupeau s’inscrit dans cette période où l’artiste, définitivement installé à Auvers-sur-Oise, donne dans le naturalisme rural. Le thème de la bergère - ou du berger - solitaire revient alors fréquemment dans son œuvre. Ce tableau est emblématique de cette série et se distingue par son format imposant et par la maîtrise de son exécution. La qualité particulière de la lumière confère à l’œuvre une tonalité presque religieuse.
Acquis par l’Etat français en 1908 et déposé au Musée du Luxembourg, Le Bosquet, de Gari Julius Melchers trahit manifestement l’influence des peintres allemands Liebermann et von Uhde, et s’inscrit incontestablement dans la période impressionniste de l’artiste. La mère et son enfant fut manifestement l’un de ses thèmes de prédilection, car il travailla sur ce sujet de 1906 à 1913. L’inspiration religieuse n’est pas absente de l’œuvre : la composition du Bosquet est pratiquement identique à celle de la Madone exécutée par l’artiste vers 1906-1907 et conservée au Metropolitan Museum de New York.
Quant à Lumière du matin, c’est une œuvre dense et vibrante que Walter Elmer Schofield créa dans sa maturité. Achetée en 1923 par le Musée du Luxembourg, cette toile témoigne de l’influence considérable que put avoir l’impressionnisme sur la peinture américaine jusqu’à la fin des années vingt.

  Interprétation

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, Paris est la capitale artistique du continent européen : ses académies, ses écoles, ses ateliers attirent de nombreux peintres et sculpteurs étrangers. Les colonies artistiques proches de la capitale - Barbizon, Auvers-sur-Oise, Giverny, Grez-sur-Loing -, celles de Honfleur en Normandie, de Pont-Aven en Bretagne, accueillent volontiers les peintres d’origine étrangère. Quand ils ne peuvent suivre les cours de la prestigieuse Ecole des Beaux-Arts - réformée en 1863, mais inaccessible aux femmes jusqu’en 1897 -, les artistes américains travaillent dans des ateliers privés sous la direction de peintres comme Léon Bonnat (1833-1922), Jean-Léon Gérôme (1824-1904) ou Carolus-Duran (1838-1917), ou s’inscrivent à l’Académie Julian, créée en 1868. Ne pouvant accéder au Prix de Rome, réservé aux artistes français, les peintres américains exposent régulièrement au Salon où l’Etat réalise de nombreuses acquisitions pour le Musée du Luxembourg. C’est ainsi que Le Bosquet, de Gari Julius Melchers, ou Lumière du matin, de Walter Elmer Schofield, viendront enrichir les collections de ce musée dédié aux artistes vivants. Beaucoup de peintres américains séjournent dans des communautés d’artistes, à Barbizon, Auvers-sur-Oise, Pont-Aven ou Giverny, où ils découvrent la peinture de plein air. Leur interprétation de l’impressionnisme reprend les scènes de la vie quotidienne rurale et urbaine, ou le thème de l’eau dans sa relation avec la lumière. Ainsi, en 1885, Charles Sprague Pearce se fixe définitivement à Auvers-sur-Oise. En 1872, Mary Cassat (1845-1926), peintre, graveur, pastelliste, dessinatrice américaine, s’installe à Paris. Proche d’Edouard Manet (1832-1883) et d’Edgar Degas (1834-1917), elle expose avec le groupe impressionniste. Au début du XXe siècle, c’est une véritable colonie américaine qui gravite autour de Claude Monet (1840-1926) à Giverny. Tous ces peintres venus du Nouveau Monde contribuent grandement à diffuser l’impressionnisme aux Etats-Unis.

Auteur : Alain GALOIN


Bibliographie

  • William GERDTS, American Impressionism, New York, 1984.
  • Henriette LEWIS-HIND, Gari Melchers, Painter, New York, 1928.
  • Mary LUBLIN, A Rare Elegance, The Paintings of Charles Sprague Pearces (1851-1914), New York, 1993.
  • Michaël QUICK, American Expatriate Painters of the Late Nineteenth Century, Dayton, 1976.
  • Gérald SCHURR, Les petits maîtres de la peinture 1820-1920, valeur de demain, Les Editions de l’Amateur, tome IV, Paris, 1979.

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