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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Feuille de la Guyane française, n°33 du 15 août 1829, page de titre. Feuille de la Guyane française, n°33 du 15 août 1829, page de titre.
Carte de la Guyanne française par d'Anville. Carte de la Guyanne française par d'Anville.
commentaires 1 commentaire commentaires
Trois Nègres marrons, à Surinam.

© Mairie Bordeaux - Photo B. Fontanel

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Titre : Trois Nègres marrons, à Surinam.

Auteur : Théodore BRAY (1818-1887)
Dimensions : Hauteur 29 cm - Largeur 40 cm
Technique et autres indications : Dessin aquarellé
Lieu de Conservation : Musée d'Aquitaine (Bordeaux) ; site web

Feuille de la Guyane française, n°33 du 15 août 1829, page de titre.

© Centre des Archives d'Outre-Mer

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Titre : Feuille de la Guyane française, n°33 du 15 août 1829, page de titre.

Date de création : 1829
Date représentée : 15 août 1829
Lieu de Conservation : Centre des Archives d'Outre-Mer (Aix-en-Provence) ; site web
Contact copyright : 29 chemin du Moulin Detesta, 13090 Aix-en-Provence. Courriel: caom.aix@culture.gouv.fr ; site web
Référence de l'image : CAOM. Bib. AOM

Carte de la Guyanne française par d'Anville.

© Centre historique des Archives nationales - Atelier de photographie

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Titre : Carte de la Guyanne française par d'Anville.

Date de création : 1829
Date représentée : 1829
Dimensions : Hauteur 38 cm - Largeur 50 cm
Lieu de Conservation : Centre historique des Archives nationales (Paris) ; site web
Contact copyright : CARAN - service de reprographie, 60 rue des Francs-Bourgeois, 75141 Paris cedex 03 ; site web

  Contexte historique

Le marronnage, résistance à l’esclavage

La fuite hors des espaces contrôlés par les maîtres est facilitée en Guyane par la géographie qui fait voisiner les habitations, vastes exploitations agricoles où est concentrée la main d’œuvre servile, avec l’univers, alors infini, de la forêt amazonienne.

Les esclaves, soumis à une contrainte permanente dans les habitations, sont partagés entre le grand atelier qui regroupe les hommes et les femmes employés aux travaux les plus rudes (défrichage, terrassement, plantation) et le petit atelier où sont rassemblés, pour les tâches plus légères, les femmes enceintes, les plus âgés et les enfants. Tous les détails de leur existence sont régis par la « police des ateliers » qui autorise aussi le maître à pratiquer le droit de correction pour punir les délits et manquements. Leur seule part de vie privée réside dans l’usage qu’ils ont de leur case, où les maîtres eux-mêmes reconnaissent qu’ils ne doivent jamais pénétrer, ainsi que sur des lopins qui leurs sont laissés pour assurer leur subsistance et dont ils peuvent tirer aussi matière à un petit commerce.

Le marronnage est, selon le Code noir, puni par la mutilation puis par la mort à la troisième récidive. Dans la pratique, il est toléré lorsqu’il se limite à de très courtes absences. En revanche, dès qu’il donne lieu à la création de petites communautés isolées, il est l’objet d’une répression que seul le manque de moyens tempère. Des carbets, abris de branches et de feuilles, inspirés des techniques amérindiennes, ainsi que des abattis, cultures sur brûlis adaptées à l’environnement forestier, représentent le cadre de leur vie reconstituée, où une discipline rigoureuse est aussi l’une des conditions de la survie des bandes de marrons.

Si le caractère forestier de la Guyane favorise le petit marronnage à diverses fins, dont la chasse et la pêche sont l’un des motifs possibles, la bourgade de Cayenne où les « nègres de journée » trouvent à louer leur travail pour un modique mais appréciable salaire, constitue un second point d’attraction.

  Analyse des images

Théodore Bray, Trois Nègres marrons, à Surinam

Au cœur de la forêt guyanaise, trois hommes - dits « marrons » ou esclaves fugitifs - se reposent en bavardant autour d’un feu qu’on imagine destiné à tenir éloigné insectes et serpents. Un arbre abattu et une hutte sommaire constituent les rapides aménagements de cette halte temporaire. Un sabre d’abattis fiché en terre est l’outil indispensable à leur fuite qu’ils ont pris soin d’emporter. Le planteur Théodore Bray, installé en Guyane hollandaise vers 1840, dessine cette scène de marronnage, avec le naturel des choses vues, sans connotation romantique. L’un des marrons fume une pipe en terre, objet caractéristique de l’univers matériel des esclaves sur les plantations, tel qu’il a été révélé par l’archéologie. Peut-être nés en Afrique ou bien issus d’une seconde génération ayant grandi sur les plantations d’Amérique, ils ont pour moyen d’expression l’une des langues créoles issues de la variété linguistique originelle des esclaves et des propriétaires qui les emploient. La seule région des Guyanes a ainsi donné naissance à plusieurs langues : créole à base lexicale française, anglo-portugaise et anglo-néerlandaise.

La forêt offre un espace où se cacher, pour reconstruire des formes d’identités personnelles et sociales, hors de l’univers esclavagiste. Sous la menace permanente d’être découverts, les marrons sont cependant confrontés aux difficultés d’assurer leur subsistance, dans un milieu hostile où l’outillage fait défaut.

Déclaration hebdomadaire de marronnage

Les courtes fugues sont gérées avec pragmatisme. Considérées comme inévitables, tolérées tant qu’elle n’excèdent pas quelques jours, elle font cependant l’objet de déclarations (départ, retour ou arrestation) auprès de l’administration. La publication des « avis de marronnage » dans la presse hebdomadaire locale permet un suivi permanent du phénomène et place la gestion de chaque habitation à l’appréciation de la société coloniale toute entière. La Feuille de la Guyane française indique aussi précisément que possible, l’origine de chaque esclave, son âge et sa taille, dans les anciennes et nouvelles unités de mesure où le millimètre est alors en faveur.

Suit un appel à la constitution de la milice locale qui, sous les ordres des commandants de quartier se porte à la recherche de renseignements sur les fugitifs. La découverte de cases ou de traces de cultures provoque l’organisation de battues conduites par des détachements armés : le marronnage organisé demeure en effet, pour le propriétaire d’habitation, le symbole le plus fort du renversement de l’ordre esclavagiste.

Face à la masse des travailleurs serviles (86% de la population en moyenne en Guyane), le microcosme des planteurs redoute avec angoisse tout laxisme de ses membres dans la police des ateliers, comme tout excès susceptible de provoquer une révolte. De fait et dans l’intérêt même des propriétaires, les punitions extrêmes prévues par le Code noir (mutilation, mort à la troisième récidive) demeurent rarement appliquées.

Carte de la Guyane française

Au delà d'une zone côtière qui s'étend alors sur plus de huit cents kilomètres, la Guyane apparaît comme un pays inconnu, "tout couvert de bois", encore peuplé de diverses tribus ou villages d'Amérindiens. L’occupation européenne s’est donc développée dans l’île fluviale de Cayenne, puis dans les estuaires de l’Approuague (où le « Fort des Flamands » témoigne des luttes entre puissances coloniales) et de l’Oyapock, défendu par le Fort Saint-Louis. Au milieu du XVIIIème siècle, ce mouvement s’étend, toujours le long de la côte, au nord-ouest de Cayenne. La forêt impénétrable et les zone de rapides ou « sauts « qui barrent les fleuves délimitent une « Guyane de l’intérieur » qui elle échappe à toute forme d’intervention coloniale. Elle attire aussi, comme lieu de refuge possible, des marrons du Surinam où des rébellions de grande ampleur ont conduit le gouvernement à conclure des traités reconnaissant comme peuple libres certains groupes fortement constitués (1760 pour les Njuka, 1762 pour les Saramaka). La connaissance de cet immense territoire ne repose jusqu’en 1729, date de la carte de d’Anville, que sur les récits des explorations conduites par les Jésuites. Elle bénéficie de la création d’un service géographique en 1763, au sein de l’administration locale de la Marine, puis de premiers voyages menés par des scientifiques (le géographe Mentelle en 1779, le naturaliste Leblond, de 1786 à 1789). Toutefois, la délimitation de la frontière sud de la Guyane ne sera effectivement réalisée sur le terrain qu’en 1956-1957.

  Interprétation

Interprétation

Face à la brutalité et à la déshumanisation du système esclavagiste, le petit marronnage représente un espace de liberté que les esclaves eux-mêmes s’aménagent ; il manifeste leur résistance au quotidien.

Auteur : Françoise LEMAIRE


Bibliographie

  • Regards sur les Antilles : Collection Marcel Chatillon, Catalogue du musée d’Aquitaine, Bordeaux, 23 septembre 1999 – 16 janvier 2000, Paris, RMN- Bordeaux, Musée d’Aquitaine, 1999.
  • Serge MAM LAM FOUCK, La Guyane française au temps de l’esclavage, de l’or et de la francisation (1802-1946), Petit Bourg (Guadeloupe), Ibis rouge, 1999 .
  • Jean MOOMOU, Le monde des Marrons du Maroni en Guyane (1772-1860). La naissance d’un peuple, les Boni, Petit Bourg (Guadeloupe), Ibis rouge, 2004 .
  • Richard PRICE et Sally PRICE, Les Marrons, Chateauneuf-le-Rouge, Vents d’ailleurs, 2003.
  • Richard PRICE, Les premiers temps, la conception de l’histoire de Marrons Saramaka, Paris, Seuil, 1994.
  • Guide des sources de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions, Direction des Archives de France, La documentation française, Paris, 2007.

Commentaires

Bonjour, j'aimerais savoir quel est le point de vue, ou plutôt l'opinion du dessinateur à l'égard des esclaves sur ce dessin.
Merci.
flonaud
Par flonaud le 02/02/14 à 17h01 - #2060

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