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Guerre libératrice de 1914 / Épisode de la bataille de la Marne. 6-14 septembre 1914. Guerre libératrice de 1914 / Épisode de la bataille de la Marne. 6-14 septembre 1914.
Fernand BESNIER.
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La prise de Barcy (Seine-et-Marne), le 6 septembre 1914.

© Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais - Photographe inconnu

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Titre : La prise de Barcy (Seine-et-Marne), le 6 septembre 1914.

Auteur : ANONYME
Date représentée : 6 septembre 1914
Dimensions : Hauteur 65 cm - Largeur 93 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Lieu de Conservation : Collection particulière
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 06-502428

Guerre libératrice de 1914 / Épisode de la bataille de la Marne. 6-14 septembre 1914.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

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Titre : Guerre libératrice de 1914 / Épisode de la bataille de la Marne. 6-14 septembre 1914.

Auteur : Fernand BESNIER
Date de création : 1914
Date représentée : septembre 1914
Dimensions : Hauteur 33 cm - Largeur 50 cm
Technique et autres indications : Lithographie coloriée.
Lieu de Conservation : MuCEM (Marseille) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 04-509106 / 50.39.1869D

  Contexte historique

1914, la guerre des plans

La bataille de la Marne est une série d’affrontements à l’est de Paris, se déroulant pour l’essentiel entre le 6 et le 9 septembre 1914. Ces combats sont la résultante de la mise en œuvre ratée des plans d’Etat-major prévus par les deux belligérants. Côté français, le plan XVII consistait en une offensive de grande envergure vers les territoires perdus d’Alsace et de Lorraine. Après quelques succès initiaux, ces opérations se soldent par un recul massif et profond devant l’avancée allemande. Celle-ci suit les objectifs stratégiques du Plan Schlieffen, assis sur une défaite rapide de la France (à l’exemple de la guerre de 1870), rendue nécessaire par la présence de la Russie à l’Est, vers laquelle l’Allemagne prévoit de retourner ses troupes dans un second temps. Le plan Schlieffen envisage par conséquent de traverser la Belgique et le Luxembourg pour contourner les bastions de l’Est français, puis d’opérer un large mouvement enveloppant à travers l’Artois et la Picardie, en direction de Paris. La manœuvre est près de réussir, puisque fin août, les Allemands sont à quelques dizaines de kilomètres de Paris. Des circonstances inattendues vont pourtant permettre aux armées de Joffre d’inverser in extremis la tendance, puisque l’aile droite des armées du Kaiser va infléchir son mouvement vers l’est de Paris, scindant ses forces et permettant une vaste contre-attaque qui se clôt le 17 septembre par l’établissement de la ligne de front des Vosges à Soissons. La France est sauvée par ce que l’on va rapidement appeler le « miracle de la Marne », et la guerre de mouvement va peu à peu prendre une autre tournure, pour devenir, à l’approche de l’hiver, la guerre des tranchées.

  Analyse des images

Mettre en scène l’irrésistible assaut des troupes françaises

La peinture à l’huile des combats de Barcy, petite commune au nord de Meaux, en Seine-et-Marne vise à rendre de façon emphatique la violence des combats. Le décor est planté par des maisons en train de se consumer et, au premier plan, une charrette démolie au milieu de la chaussée. Quatre soldats feldgrau de la Iere Armée de Von Kluck gisent donc au sol, tandis que deux Français sont mains et genoux à terre. Peut-être a-t-il paru inopportun à l’artiste de peindre des morts de son propre camp ? La charge française est en tout cas héroïque. Sabre au clair, l’officier barbu montre la voie à ses soldats – appartenant à la 6e armée du général Maunoury – qui enjambent sans coup férir les cadavres allemands. Deux autres éléments de la furia francese sont également à noter. Le clairon d’abord, en plein centre de l’image, renvoie aux vers du nationaliste Déroulède qui, déclamant avant-guerre son amour de la France, de l’Armée et des Provinces perdues, s’écriait : « Je ne suis, moi, qu’un sonneur de clairon ». La baïonnette ensuite, ostensiblement pointée vers cet ennemi qu’il s’agit de chasser du pays. Des éléments très semblables se retrouvent dans la deuxième image, montrant sans précision de date ni de lieu des troupes coloniales prenant victorieusement d’assaut une batterie d’artillerie de campagne prussienne. Conduits par des officiers blancs, les soldats ont eux aussi la fameuse « Rosalie » en exergue au bout de leurs fusils. Comme de juste dans les images ou récits de propagande, elle est un attribut de l’offensive et du combat au corps-à-corps. Pour relativiser de telles représentations, il suffit de pointer ce fait que durant le premier conflit mondial, les blessures à l’arme blanche ont représenté moins d’1 % des occurrences...

  Interprétation

« Offensive à outrance » et propagande

Si ces images ont quelque pudeur à montrer les pertes françaises, c’est à coup sûr pour mieux mettre en relief celles subies par l’ennemi. La lithographie est révélatrice de cet aspect en donnant à voir des Allemands désemparés et submergés. Les faits ne confirment toutefois pas un tel schématisme. Les cinq mois de guerre de 1914, qui ont vu s’épanouir les grands mouvements offensifs rêvés par l’Etat-major, sont ceux des plus lourdes pertes relatives : 301 000 morts dans cette période, soit environ 27 % du total des tués français de 14-18. Ces chiffres colossaux sont imputables à une arme très peu représentée sur l’iconographie du type de celle analysée ici, les mitrailleuses. Tapies dans les bosquets, ces armes redoutables ont pu faucher à loisir les assaillants en pantalon rouge tels que ceux de Barcy. Le fameux ordre du jour de Joffre du 6 septembre 1914 peut également être mis en regard des scènes présentées : « au moment où s’engage une bataille dont dépend le sort du pays, il importe de rappeler à tous que le moment n’est plus de regarder en arrière… Une troupe qui ne peut plus avancer devra, coûte que coûte, garder le terrain conquis et se faire tuer sur place plutôt que de reculer » (in J.-B. Duroselle, La Grande Guerre des Français, Paris, Perrin, 1998, p. 84). Si l’objectif de Joffre a été tenu – l’ennemi n’est pas passé – il l’a été grâce à des souffrances et à un héroïsme dont le concret a eu bien peu à voir avec les théâtralisations proposées.

Auteur : François BOULOC


Bibliographie

  • Rémy CAZALS, Les mots de 14-18, Toulouse, PUM, 2003.
  • Henry CONTAMINE, La Victoire de la Marne, Paris, Gallimard, 1970.
  • John KEEGAN, La Première Guerre mondiale, Paris, Perrin, 2005.
  • Pierre VALLAUD, 14-18, la Première Guerre mondiale, tomes I et II, Paris, Fayard, 2004.

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