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En la plaza, femmes à la balustrade.

© ADAGP, © Photo RMN-Grand Palais - G.Blot

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Titre : En la plaza, femmes à la balustrade.

Auteur : Cornelis, dit Kees VAN DONGEN (1877-1968)
Dimensions : Hauteur 81 cm - Largeur 100 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée de l'Annonciade (Saint-Tropez)
Contact copyright : ADAGP, 11, rue Berryer. 75008 Paris. Tél: 33+01-43-59-09-78.adagp@adagp.fr ; site web
Référence de l'image : 76-001364 / INVD1962-1-1

Yvette.

© ADAGP, © Photo RMN-Grand Palais - G.Blot

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Titre : Yvette.

Auteur : Auguste CHABAUD (1882-1955)
Lieu de Conservation : Musée d'Art moderne de Troyes (Troyes) ; site web
Contact copyright : ADAGP, 11, rue Berryer. 75008 Paris. Tél: 33+01-43-59-09-78.adagp@adagp.fr ; site web
Référence de l'image : 98-007662

  Contexte historique

Les conditions de l’ouverture aux autres cultures

L’intérêt pour les arts premiers, notamment africains et océaniens, se comprend dans le contexte de forte expansion coloniale qui marque les années 1885-1914. Par l’intermédiaire d’expositions puis de voyages, les artistes entrent alors en contact avec les pratiques artistiques et artisanales de différents pays. Matisse a sans aucun doute vu l’exposition des arts islamiques qui se tient au pavillon Marsan, vers 1904. Cette année-là, la France signe un accord avec l’Angleterre, lui reconnaissant la possession de l’Egypte. En échange, l’Angleterre appuie la France dans sa conquête du Maroc.
Outre ce contact direct, les fauves apprennent aussi des artistes qui se sont, peu avant eux, tournés vers ces sources d’inspiration. Ainsi, toujours en 1904, liberté totale de la couleur et culte du primitivisme sont inaugurés par Gauguin. Le Salon d’automne de 1904 lui rend alors un hommage posthume avant la rétrospective plus complète de 1906.
Simultanément en France et en Allemagne, la fascination pour les arts premiers remplace la vogue encore active des estampes japonaises. Cet attrait s’exerce sur les fauves comme sur les cubistes. Cela rejoint l’intérêt d’un Dufy ou d’un Marquet, d’un Van Dongen ou d’un Chabaud pour la rue : affiches, drapeaux, enseignes de cabaret… Ainsi, l’ouverture aux autres cultures (étrangères et populaires) constitue un trait de la modernité fauve.

  Analyse des images

Une forte expressivité

Van Dongen quitte Rotterdam en 1897 pour un premier séjour à Paris, où il s’installe définitivement en 1899. Attentif aux sujets parisiens et à la vie nocturne de la capitale, à ses lieux de plaisirs, il cherche, à partir de 1905, une « nouvelle formule » appliquée à des « sujets modernes ». Il met au point son principe d’une figure humaine, isolée sur un fond sans motif, cadrée à mi-corps. Le cerne apporte une solidité à la forme. Les taches de couleurs construisent formes et espace. Simplification des formes et couleurs vives rendent l’atmosphère festive et chatoyante des fêtes. Dandy, misanthrope, Van Dongen renouvelle ainsi l’effigie mondaine et demi-mondaine. Dans En la plaza, une volonté décorative nouvelle apparaît, comme le montre le tissu aux motifs d’inspiration orientale.
L’œuvre de Chabaud, Yvette, se situe ici dans la lignée de La gitane de Matisse, réalisée en 1906. Celle-ci avait défrayée la chronique en s’attaquant au genre noble de la figure. La « barbarie » avec laquelle elle était peinte déclencha la polémique. Outrage au bon goût, elle a constitué un premier pas vers la laideur. Dans le tableau de Chabaud, dominent le rouge et le noir, qui confèrent un caractère agressif à la composition. Cet aspect est renforcé par un cerne épais et une schématisation du visage. Yeux et bouche sont ainsi déformés, agrandis jusqu’à déborder la figure. Le rouge des lèvres et des joues rappelle celui du fond, ce qui les met en avant. Le côté simple et aguicheur de la prostituée est ainsi évoqué.

  Interprétation

Art instinctuel et volonté de rupture

Chez tous les artistes fauves se lisent l’avidité à se nourrir à de nouvelles sources ainsi que la volonté de sortir des références académiques. Les fauvistes mettent en effet sur le même plan, l’art cultivé, populaire, non savant et les arts premiers. Cette démarche, caractéristique des avant-gardes européennes, définit la modernité fauve. Les emprunts faits aux arts premiers et à la culture populaire sonnent ainsi comme une révolte, et correspondent à l’esprit insurrectionnel du mouvement.
Les artistes cherchent ainsi une authenticité que les conventions semblaient avoir étouffée. Ils trouvent dans ces œuvres autres une énergie première, vitale. L’essentiel est donné dans la simplification des formes. Cela correspond au principe fauve d’une expression instinctive, parfois violente, et qui prend comme point de départ la perception de la nature. Les sujets populaires sont ainsi parfois traités en empruntant aux formes populaires elles-mêmes.

Auteur : Cécile PICHON-BONIN


Bibliographie

  • Jean LEYMARIE, Le fauvisme, Genève, Skira, 1987.
  • Renata NEGRI, S. VENTURI, Van Dongen et les Fauves, Paris, CELI, 1990.
  • Louis VAUXCELLES, Le fauvisme, Paris, éditions Olbia, 1999.
  • Catalogue de l’exposition Le Fauvisme ou l’épreuve du feu, Paris, Musée d’art moderne de la ville de Paris, du 29 octobre 1999 au 27 février 2000.

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