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Versailles, Séance du troisième Conseil de guerre.

© Saint-Denis, musée d'art et d'histoire - Cliché I. Andréani

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Titre : Versailles, Séance du troisième Conseil de guerre.

Auteur : ANONYME
Date de création : 1871
Date représentée : 1871
Technique et autres indications : gravure de presse
Lieu de Conservation : Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis (Saint-Denis)
Contact copyright : Photothèque, Tél : 01.42-43-83-85 / Fax : 01.48.20.07.60, musee@ville-saint-denis.fr, 22 bis, rue Gabriel Péri - 93200 Saint-Denis

Les prisonniers à Versailles.

© Saint-Denis, musée d'art et d'histoire - Cliché I. Andréani

Agrandissement - Zoom
«

Titre : Les prisonniers à Versailles.

Auteur : ANONYME
Date de création : 1871
Date représentée : 1871
Dimensions : Hauteur 15 cm - Largeur 20.1 cm
Technique et autres indications : gravure de presse
Lieu de Conservation : Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis (Saint-Denis)
Contact copyright : Photothèque, Tél : 01.42-43-83-85 / Fax : 01.48.20.07.60, musee@ville-saint-denis.fr, 22 bis, rue Gabriel Péri - 93200 Saint-Denis

  Contexte historique

La répression judiciaire de la Commune

Dès la « semaine sanglante », avec l’entrée des troupes versaillaises dans Paris, les soldats des généraux Mac-Mahon, Cissey, Vinoy et Galliffet, couverts par l’autorité de Thiers, organisent des rafles. Avec plus de 60 000 prisonniers considérés comme de dangereux insurgés, cette saignée opérée dans la population parisienne doit abreuver l’important appareil répressif mis en place par Mac-Mahon. C’est à la justice militaire qu’il incombe de sanctionner les communards, car le département de la Seine est encore officiellement en état de siège. Le rétablissement du droit dépend de la rigueur de cette vaste entreprise.

Pendant plus de quatre années consécutives, vingt-quatre conseils de guerre siégeront pour instruire les procès de presque 35 000 hommes, plus de 800 femmes et 538 enfants. En dehors de quelque 2 500 acquittements et d’environ 23 000 ordonnances de non-lieu, les conseils de guerre réunis à Saint-Germain-en-Laye, Sèvres, Rambouillet, Rueil, Saint-Cloud, Vincennes, Chartres ou Versailles, se montreront intraitables : 93 individus seront passés par les armes au camp de Satory, 250 seront condamnés aux travaux forcés. Par ailleurs, plusieurs milliers de communards connaîtront la déportation en Nouvelle-Calédonie, en enceinte fortifiée pour 1 000 d’entre eux environ, 3 400 y étant condamnés à la déportation simple. A ces chiffres, il faut encore ajouter 4 500 condamnations à la réclusion et plus de 3 000 condamnations par contumace pour les communards ayant réussi à quitter la France.

  Analyse des images

Du cachot au tribunal

Ces gravures de presse à visée documentaire permettent de saisir la disparité des individus arrêtés parce que considérés comme ayant pris une part active à la Commune.

Dans le dessin de Lix, qui représente les prisonniers dans la pénombre des voûtes massives des caves de l’Orangerie du château de Versailles, vit tout un peuple d’individus anonymes. Saisis de dos, accroupis dans des attitudes abandonnées, les visages cachés sous leurs chapeaux ou engoncés dans leurs vareuses, ces prisonniers sont dénués d’identité, selon la vision du dessinateur qui se complaît aussi à les montrer vautrés comme des animaux, insouciants ou absents.

Cette perception est très différente de celle qui transparaît dans la gravure anonyme représentant le 3e Conseil de guerre. En l’occurrence, la scène est d’une grande lisibilité tant sa composition cherche à traduire l’ordre de la justice militaire. Sous les arcades des fenestrages, le banc des accusés est parfaitement ordonné, illustrant l’intrusion de l’ordre parmi les acteurs du désordre de la Commune. En pleine lumière, les accusés en costume ou en uniforme sont confrontés à leurs actes devant leurs juges et devant l’assemblée des citoyens-spectateurs au premier plan – parmi lesquels le dessinateur s’est représenté dans l’angle gauche.

  Interprétation

Les « sans-voix » et les « ténors »

D’une gravure à l’autre, on perçoit les deux versants de la justice versaillaise, qui s’exerçait en fonction de la catégorie à laquelle appartenait les accusés. Les ténèbres des fédérés anonymes et obscurs auxquels ni la justice ni l’opinion publique ne donnèrent la parole ; la lumière éclatante des audiences du 3e Conseil de guerre qui jugea expéditivement, mais avec un sens aigu du spectacle, les membres les plus éminents de la Commune en prononçant des peines lourdes et disproportionnées.

Auteur : Bertrand TILLIER


Bibliographie

  • Bernard NOEL, Dictionnaire de la Commune, 2 vol., [1971], Paris, Flammarion, coll. « Champs », 1978.

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