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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Bâton de maréchal de France du maréchal Foch.

© Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Pascal Segrette

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Titre : Bâton de maréchal de France du maréchal Foch.

Date de création : 1918
Date représentée : 1918
Dimensions : Hauteur 51 cm - Largeur 5 cm
Technique et autres indications : Or et velours.
Bâton de maréchal remis à Foch par Raymond Poincarré le 23 août 1918.
Lieu de Conservation : Musée de l'Armée (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 06-522373 / 4370 DEP

Bâton de maréchal de Grande-Bretagne du maréchal Foch.

© Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Pascal Segrette

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Titre : Bâton de maréchal de Grande-Bretagne du maréchal Foch.

Date de création : 1919
Date représentée : 1919
Dimensions : Hauteur 55 cm - Largeur 3 cm
Technique et autres indications : Or et velours.
Bâton de maréchal remis à Foch à Buckingham Palace par le roi Georges V, le 30 juillet 1919.
Lieu de Conservation : Musée de l'Armée (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 06-522419 / 4369 DEP

Bâton de maréchal de Pologne du maréchal Foch.

© Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Pascal Segrette

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Titre : Bâton de maréchal de Pologne du maréchal Foch.

Date de création : 1923
Date représentée : 1923
Technique et autres indications : Acier, agate, émaillage, vermeil.
Bâton de maréchal remis à Foch à la frontière austro-polonaise par le général Sosnkowski, ministre de la guerre, le 2 mai 1923.
Lieu de Conservation : Musée de l'Armée (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 06-522435 / 4371 DEP

  Contexte historique

Le maréchalat : consécration d’une carrière militaire d’exception

Le palmarès de décorations remises au général Foch tout au long de sa carrière est impressionnant. A l’ordre de Grand-croix de la Légion d’honneur, à celui d’Officier de l’Instruction publique et des nombreuses médailles militaires, l’homme de guerre ajouta la plus haute distinction qui puisse être attribuée à un militaire : celle du maréchalat de France, créée sous le règne de Philippe Auguste. Abolie pendant la terreur révolutionnaire, cette dignité nationale fut rétablie en 1804. Sous Napoléon, elle fut donnée à 14 généraux légataires de leurs noms aux boulevards qui enserrent les extérieurs de Paris. Moins attribué sous les autres régimes succédant à l’Empire, le Maréchalat connut un fort regain après la Grande Guerre qui marque une rupture dans l’histoire européenne. Le bâton de maréchal de France fut notamment offert à Ferdinand Foch en 1918, sur la proposition de Georges Clemenceau au président Raymond Poincaré. Cette demande était motivée par l’action héroïque du général, qui était parvenu à défaire l’Allemagne en lançant l’offensive finale qui dégagea Paris, Soissons et Château-Thierry, délivra deux cents villages et 35.000 prisonniers. Honneur exceptionnel, ce titre ne pouvait être délivré à un commandant en chef d’une armée, qui s’était rendu victorieux sur le sol national ou non, que par l’intermédiaire d’une loi votée par le parlement. Il s’agit d’une loi personnelle, c'est-à-dire contre laquelle aucun juge ne peut imposer un veto. Symbole de cette distinction, le bâton de Maréchal de France fut remis à Foch au château de Bombon par Poincaré, le 23 août 1918. Dans les années qui suivirent la signature de l’Armistice, Ferdinand Foch reçut également deux décorations aussi prestigieuses qui l’élevèrent au rang des plus grands militaires européens : le bâton du maréchalat de la Grande-Bretagne, remis par le roi George V, le 30 juillet 1919 ; puis le Bâton de maréchal de la Pologne, remis à la frontière austro-hongroise par le général Sosnkowski, ministre de la guerre.

  Analyse des images

Les regalia militaires

Véritables objets d’art, les bâtons de maréchaux sont des emblèmes du pouvoir militaire, à l’instar des regalia royales et sacrées. De ce point de vue, ils représentent des objets à fortes dimension symbolique et sont conservés comme des trésors de la nation au Musée de l’Armée. Ces objets exceptionnels évoquent d’ailleurs la forme des sceptres, bâtons ornementaux ressemblant à une masse d’arme. Chacun de ceux remis au général Foch possède ses caractéristiques esthétiques, selon leur provenance. Le bâton de maréchal de France est recouvert de velours bleu semé d’étoiles d’or. Il porte à ses extrémités, en garnitures, des viroles d’or représentant, l’une, la devise des maréchaux de France Terror Belli – Decus Pacis (signifiant terreur durant la guerre, ornement pour le temps de paix), l’autre l’inscription gravée Foch, Ferdinand, maréchal de France, 6 août 1918. Le bâton de maréchal de la Grande-Bretagne est de couleur différente et porte d’autres symboles allégoriques. En velours grenat, il est semé de lions d’Angleterre en or et se trouve ferlé, dans sa partie supérieure, par une virole d’or ciselé. Ce bâton est bagué des attributs des différents pays formant la Grande-Bretagne, à l’exemple du chardon d’Ecosse, et est surmonté d’une représentation de Saint-Georges terrassant le dragon. Quant au bâton de la Pologne, il fut exécuté sur le modèle d’une masse polonaise du XVIe siècle. En acier bleui, il est incrusté de vermeil et comporte deux symboles sous la forme de médaillons translucides rouges. L’un représente l’aigle héraldique de la Pologne, l’autre les initiales R.P. qui signifie Republica Poloniae. Au culot, sont gravés deux L enlacés sur une agate.

  Interprétation

Un destin hors du commun

Le destin de Ferdinand Foch est celui d’un homme hors du commun. Fils de fonctionnaire, il s’engagea dans la guerre franco-prussienne de 1870 puis entra volontairement dans la carrière militaire. Admis à l’école Polytechnique, une institution d’élite qui prépare aux métiers de la défense et de l’ingénierie, le futur maréchal en sortit modestement officier d’artillerie en 1873. Il gravit brillamment les échelons de la hiérarchie militaire, jusqu’à rejoindre l’Etat-Major et devenir lui-même enseignant à l’Ecole Supérieure Militaire. Théoricien de l’histoire militaire, spécialiste dans l’analyse des tactiques et des offensives, Ferdinand Foch publia plusieurs ouvrages, dont Des principes de la guerre (1903). Cette facette de sa personnalité est moins connue, mais elle occupe pourtant un rôle essentiel dans l’évolution de son histoire personnelle. Devenu lieutenant-colonel, puis colonel et général de brigade en 1907, Foch se hissa au rang de Général de division en 1911, puis de général commandant de corps d’armée peu avant le déclenchement de la première guerre mondiale, suite à l’assassinat de François Ferdinand d’Autriche, en juin 1914, à Sarajevo. Foch mit dès lors à profit ses connaissances théoriques et historiques en proposant des solutions stratégiques efficaces durant les premiers temps de la guerre de mouvement. Maître dans l’art de la contre-attaque, il embrassa des responsabilités de plus en plus importantes qui le menèrent à chapeauter avec succès la course à la mer, opération stratégique qui nécessitait une parfaite coordination entre les alliés. Cette responsabilité assumée avec brio fit de Foch une personnalité de notoriété européenne. Tombé momentanément en disgrâce en 1916, date à laquelle il fut blessé, le général Foch retrouva la confiance du peuple français et des soldats grâce à l’amitié de Pétain. Progressant toujours plus haut dans la hiérarchie militaire, il fut nommé en 1918 Commandant-en-chef du front de l’Ouest avec le titre de généralissime, dans le but de consolider une nouvelle fois la cohérence entre les alliés. Signataires de l’armistice à Rethondes, Ferdinand Foch fut reconnu comme l’un des orchestrateurs de la paix par les autres nations alliées, et notamment la Pologne et le Royaume-Uni qui lui délivrèrent également un bâton de maréchalat.

Auteur : Claire MAINGON


Bibliographie

  • Jean AUTIN, Foch ou le triomphe de la vérité , Paris, éd. Perrin, 1987.
  • Jean d’ESME, Foch , Paris, éd. Hachette, 1951.
  • Alphonse-Louis GRASSET, Foch ou la volonté de vaincre, Paris, éd. Berger-Levrault, 1964.
  • Maxime WEYGAND, Foch, Paris, éd. Flammarion, 1951.
  • Pierre VALLAUD, 14-18, la Première Guerre mondiale, tomes I et II, Paris, Fayard, 2004.

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