© MuCEM, Dist RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi
Titre : Palais d'Hygiène, esplanade des Invalides - Exposition universelle de 1878
Date représentée : 1878
Dimensions : Hauteur 6.5 cm - Largeur 10.2 cm
Technique et autres indications : Carte réclame. Editeur : Bouillon-Rivoyre
Carton, chromolithographie.
Lieu de Conservation : MuCEM (Marseille) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 08-542052 / 995.1.3081.1.A
© MuCEM, Dist RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi
Titre : Exposition d'hygiène - Exposition universelle de 1889
Date représentée : 1889
Dimensions : Hauteur 7.6 cm - Largeur 12.1 cm
Technique et autres indications : Carte réclame, éditeur : Courbe-Rouzet, Paris.
Carton, chromolithographie, rehauts d'or.
Lieu de Conservation : MuCEM (Marseille) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 08-542051 / 995.1.3366.3A
L’hygiène, un enjeu social et économique
Le développement industriel engendre dès le XIXe siècle un exode massif des paysans vers les villes. Les grands centres industriels européens voient leur population augmenter sans aucune planification. Au milieu du XIXe siècle, un Français sur vingt-cinq habite Paris, se contentant trop souvent d’un logement sommaire, sans confort et souvent insalubre. La tuberculose est pratiquement endémique dans les grandes villes, tout comme le choléra, la typhoïde, le typhus. La mise en place d’une politique publique de l’hygiène est longue et balbutiante. Créé en 1802, le Conseil de salubrité de Paris est rattaché au ministère de l’Intérieur. Il devient par la suite le Conseil supérieur d’hygiène publique de France, rattaché au ministère de la Santé publique. En France, la lutte contre l’insalubrité des logements est instituée par la loi du 22 avril 1850.
Une exposition sur l’hygiène présente pour la première fois en 1878, sur 600 m2, des plans et des photographies des plus récents établissements hospitaliers, des asiles d’aliénés et des dépôts de mendicité attestant des avancées de l’hygiène et de la science hospitalière. Les expositions universelles ne peuvent plus ignorer cet aspect-là du progrès. L’exposition de 1889 consacre 7 600 m2 à l’hygiène de l’habitation, à l’assistance publique, aux applications du génie sanitaire et aux eaux minérales. L’intérêt du public est incontestable. Il faut néanmoins attendre 1892 pour voir se mettre en place la première convention sanitaire internationale, engageant la responsabilité des États. La santé des individus se trouve désormais placée sous la dépendance de l’économie nationale et de l’éducation sociale, et devient ainsi un enjeu fondamental.
Publicité et pédagogie
Au XIXe siècle, la production d’images populaires connaît une révolution liée à l’évolution des techniques, à l’apparition de nouveaux produits et de nouveaux modes de distribution comme les grands magasins. Les petites cartes de réclame éditées en série sur carton se multiplient alors massivement et sont offertes en échange d’un achat ou lors de la fréquentation d’un grand magasin. Après 1889, les chromolithographies privilégient les séries encyclopédiques, prolongeant les programmes de l’école de Jules Ferry.
La première des chromolithographies étudiées ici représente le palais d’Hygiène édifié sur l’esplanade des Invalides lors de l’Exposition universelle de 1878. L’inscription, « AUX DEUX PASSAGES – NOUVEAUTÉS – LYON ; Palais d’Hygiène (Esplanade des Invalides) », fait la publicité du magasin Aux deux passages, qui associe ainsi son nom à une importante manifestation sur l’hygiène et le progrès social.
La deuxième chromolithographie présente les bâtiments élevés par M. Giraud, inspecteur des bâtiments civils, sur l’esplanade des Invalides. L’exposition d’hygiène de 1889 est importante et s’organise autour de quatre pavillons et d’une galerie de cinquante mètres de longueur. Le bâtiment central comporte trois grandes arcades vitrées, donnant sur un vestibule que couronnent trois coupoles. Le décor donne l’illusion de thermes romains avec des peintures à fresque. Devant le bâtiment s’élève une fontaine surmontée de la déesse Hygie. L’hygiène est alors devenue un principe incontournable et revendiqué au sein des expositions universelles, et leur reprise sur de petites vignettes publicitaires atteste la diffusion populaire de cette préoccupation essentielle.
Pour une conscience populaire
À la fin du XIXe siècle, la place accordée à l’hygiène, au progrès scientifiques, et la prise en compte de la misère sociale sont indiscutables. L’usage de l’eau dans les habitations, l’aération, l’éclairage, le chauffage, la ventilation et l’évacuation des matières usées sont abordés dans les expositions universelles et concernent tout le monde. L’hygiène industrielle, la prophylaxie des épidémies et des maladies transmissibles, la vaccination et la désinfection concernent toute la société. De plus en plus la santé des individus n’est plus une considération privée et personnelle, mais bien l’affaire du pays. Dans un siècle de progrès scientifique et industriel, l’hygiène doit prévenir les maladies et enrayer leur propagation, accroître la force de résistance de l’homme. Les chromolithographies sont un support populaire et répandu, gardant le souvenir d’un événement fort et marquant, alliant publicité et visée pédagogique. Les vignettes témoignent ainsi de la prise de conscience de cette préoccupation. Parallèlement aux démarches institutionnelles, se développe la prise de conscience de l’hygiène à l’échelle individuelle. Au sein d’une famille, chacun peut tirer un bénéfice des campagnes éducatives et publicitaires en faveur de gestes simples comme la stérilisation des biberons, la toilette au savon, la vaccination.
Auteur : Valérie RANSON-ENGUIALE