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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Caroline Murat et ses enfants.

© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet

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Titre : Caroline Murat et ses enfants.

Auteur : François GERARD (1770-1837)
Dimensions : Hauteur 237 cm - Largeur 191 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Vers 1809-1810.
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Fontainebleau (Fontainebleau) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 78-000193 / MM73-1-1

Joachim Murat, roi de Naples.

© Photo RMN-Grand Palais - J.-G. Berizzi

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Titre : Joachim Murat, roi de Naples.

Auteur : Antoine-Jean GROS (1771-1835)
Dimensions : Hauteur 343 cm - Largeur 280 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Présenté au Salon de 1812.
Lieu de Conservation : Musée du Louvre (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 96-017540 / RF1973-29

  Contexte historique

Sœur cadette de Napoléon, Marie-Annonciade Bonaparte (1782-1839), dite Caroline, a épousé le 20 janvier 1800 Joachim Murat (1767-1815), ancien premier aide de camp de son frère lors de la première campagne d’Italie, devenu général de division. C’est d’abord grâce à son dévouement et à sa bravoure que Murat connaît une ascension militaire et politique exceptionnelle. Son mariage le conduit ensuite aux plus hautes sphères de l’État impérial. Commandant de la cavalerie de l’armée d’Italie en 1801, il prend la tête des troupes de la République cisalpine en 1802. Il est élu député du Lot, sa patrie, au Corps législatif en novembre 1803 et nommé gouverneur de Paris en janvier 1804. Tandis que Caroline obtient le titre d’altesse impériale en mai de la même année, Murat est nommé dans les mois suivants maréchal, grand amiral et prince de l’Empire, grand aigle et chef de la XIIe cohorte de la Légion d’honneur. Il ne manque plus au couple qu’une principauté sur laquelle régner.

Napoléon, qui travaille à reconstituer un grand empire d’Occident, la leur fournit en 1806 : il donne à Murat le grand-duché de Berg et Clèves qu’il vient de créer à l’issue de la campagne d’Autriche pour surveiller le Hanovre et la Prusse. Mais il a besoin du chef d’armée plus encore que du grand-duc ; Murat doit donc quitter ses terres pour partir en campagne : il est à Iéna, Eylau, Madrid. Après avoir rêvé du trône de Pologne, de Westphalie puis d’Espagne, il reçoit le royaume de Naples en juillet 1808, avec le titre, imposé par l’Empereur, de Joachim-Napoléon Ier.

  Analyse des images

Avant même de rejoindre son royaume, Caroline prévoit de faire réaliser son portrait officiel par François Gérard, premier portraitiste du régime et le plus convoité de tous. C’est donc par anticipation qu’il représente la reine et ses enfants dans une salle du palais royal de Naples ouvrant sur le golfe, le Vésuve constituant l’indispensable ornement paysagé de la nouvelle dynastie locale. Achille (1801-1847), prince royal de Naples et deuxième prince Murat représenté en tenue de grenadier, est debout à droite de Caroline, qui lui tient la main. Lucien (1803-1878), troisième prince Murat, est assis aux pieds de la reine. Derrière lui se trouve Laetitia (1802-1859), future marquise Pepoli, et à l’opposé, devant l’embrasure de la fenêtre, Louise (1805-1889), future comtesse Rasponi.

La reine concentre sur elle l’apparat. De ce portrait dynastique, dépourvu des symboles du pouvoir comme de tout ornement mobilier, se dégage une idée de bonheur domestique. Le premier exemplaire du tableau est finalement donné à Napoléon en 1808 pour être placé dans le salon de famille du palais de Saint-Cloud. Gérard livrera à la reine un second exemplaire en 1810.

Réputé pour son passé militaire, pour un style énergique qualifié de « mâle » et pour sa supériorité dans la peinture des scènes de bataille, Antoine-Jean Gros était le peintre tout désigné d’un chef de guerre. Pour représenter Joachim-Napoléon Ier, il s’est cependant strictement conformé à la tradition du portrait équestre princier dont Van Dyck a fixé le modèle : serein sur un cheval fougueux, le monarque supervise des opérations militaires dans le golfe de Naples. La débauche d’ornements dont il s’est paré rappelle non seulement son goût pour l’uniforme, mais aussi l’excès de fantaisie qu’il a affecté en cette matière à partir de son accession au trône.

  Interprétation

Dès leur mariage, l’Empereur a doté son beau-frère et sa sœur d’une fortune en rapport avec leur rang. Ils ont ainsi très tôt adopté un niveau de vie princier et aiguisé leur sens de la représentation. Leurs propriétés se sont accrues au rythme de leur élévation sociale, politique et dynastique : lorsqu’ils reçoivent le royaume de Naples en 1808, ils possèdent en France les châteaux de Villiers-la-Garenne et de Neuilly, les hôtels de Thélusson et de l’Élysée, ornés de remarquables collections d’art. La couronne leur échoit au prix de tous ces biens, accaparés par l’Empereur conformément à une clause qu’il leur a imposée, mais elle leur offre la possibilité de satisfaire leur ambition politique.

Les portraits que Caroline et Joachim commandent à Gérard et à Gros s’inscrivent dans une stratégie de légitimation du pouvoir, tout comme l’ambitieuse politique de mécénat qu’ils développent. Le faste et l’apparat qu’ils déploient ne masquent cependant pas leur difficulté à régner au sein d’un grand empire muselé par Napoléon Ier. L’équilibre conjugal est d’ailleurs mis à rude épreuve par l’exercice du pouvoir, car Caroline, forte de la préséance que lui donne sa naissance, veut gouverner au même titre que Joachim. D’une certaine manière, les portraits dissociés du roi et de la reine donnent à voir cette tension : dans celui de Joachim, le mélange ostentatoire des insignes de mérite et d’honneur et des accessoires de son invention (plumes, cordons), littéralement insignifiants, trahit la fonction compensatoire d’un décorum voué à représenter un pouvoir que le monarque, pris entre un Empereur exigeant et une épouse ambitieuse, peine à incarner. Cependant le couple royal, avant tout soucieux de la sécurité de ses sujets et de l’intégrité de son royaume, se retrouve dans un rejet commun de la cause impériale, au point de prendre le parti de l’Autriche contre la France en janvier 1814. L’alliance était vouée à l’échec ; après un vain revirement en faveur de l’Empereur lors de son retour en mars 1815, Joachim Murat, après la chute définitive de l’Empire, est traduit devant une commission militaire et exécuté le 13 octobre 1815.

Auteur : Mehdi KORCHANE


Bibliographie

  • Gilbert MARTINEAU, Napoléon et sa famille, tome VI « Caroline Bonaparte, princesse Murat, reine de Naples », Paris, Éditions France-Empire, 1991.
  • Jean-Pierre SAMOYAULT et Colombe SAMOYAULT-VERLET, Château de Fontainebleau. Musée Napoléon Ier. Napoléon et la famille impériale 1804-1815, Paris, R.M.N., 1986.

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