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Réception de la reine Victoria par Napoléon III à Saint-Cloud. Réception de la reine Victoria par Napoléon III à Saint-Cloud.
Charles-Louis MULLER.
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Souper à Versailles en l'honneur de la reine d'Angleterre, le 25 août 1855.

© Photo RMN-Grand Palais - G.Blot / H. Lewandowski

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Titre : Souper à Versailles en l'honneur de la reine d'Angleterre, le 25 août 1855.

Auteur : Eugène LAMI (1800-1890)
Date représentée : 25 août 1855
Dimensions : Hauteur 48.5 cm - Largeur 66.5 cm
Technique et autres indications : Aquarelle.
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr
Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 90-000925 / MV7307

Réception de la reine Victoria par Napoléon III à Saint-Cloud.

© Photo RMN-Grand Palais - T. Le Mage

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Titre : Réception de la reine Victoria par Napoléon III à Saint-Cloud.

Auteur : Charles-Louis MULLER (1815-1892)
Date représentée : 25 août 1855
Dimensions : Hauteur 17 cm - Largeur 62 cm
Technique et autres indications : Dessin sur papier calque.
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Compiègne (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 08-505541 / MMPO1320

  Contexte historique

Napoléon III et l’impératrice Eugénie séjournèrent pour la première fois en Angleterre du 16 au 22 avril 1855. Ils furent reçus au château de Windsor et, le 18 avril, la reine Victoria décora l’empereur de l’ordre de la Jarretière. Cette première rencontre des souverains français et britanniques fut un réel succès diplomatique, et très vite s’imposa l’idée d’une visite officielle de la reine d’Angleterre en France. La tenue de l’Exposition universelle à Paris en 1855 pouvait en être l’occasion privilégiée et, le 18 août, l’empereur Napoléon III accueillait la reine Victoria et le prince Albert de Saxe-Cobourg à Boulogne-sur-Mer, événement immortalisé sur la toile par le peintre Louis Armand. Le couple britannique fut reçu au palais de Saint-Cloud. L’impératrice Eugénie avait personnellement veillé à l’aménagement des appartements royaux, où tout devait rappeler à la reine sa résidence de Windsor, comme en témoignent les aquarelles de Jean-Baptiste-Fortuné de Fournier (1798-1864) ou de Jean-Baptiste Van Moer (1819-1884).

Le séjour de la souveraine fut ponctué de nombreuses cérémonies officielles, de visites et de divertissements : visite du Salon des beaux-arts et de l’Exposition universelle, du château de Versailles, du Louvre, du palais des Tuileries, du château de Saint-Germain-en-Laye ; réception et banquet à l’hôtel de ville de Paris ; soirée à l’Opéra ; fête nocturne, souper et bal à Versailles… La reine Victoria souhaita même s’incliner devant le tombeau de Napoléon Ier aux Invalides. Le 27 août 1855, la souveraine quitta la France enthousiasmée de l’accueil chaleureux qu’elle y avait reçu, séduite par la forte personnalité de Napoléon III et conquise par les attentions amicales de l’impératrice Eugénie.

  Analyse des images

La visite de la reine Victoria en France fut une source d’inspiration privilégiée pour de nombreux peintres dont certains reçurent une commande officielle de la part de Napoléon III.

C’est le cas de Charles-Louis Müller (1815-1892) qui a esquissé cette étude préliminaire sur calque pour sa future composition Arrivée de Sa Majesté la reine d’Angleterre au palais de Saint-Cloud. Si le premier arrêté concernant cette commande date du 12 février 1856, probablement le peintre fut-il convié – en prévision de celle-ci – à assister à l’événement le soir du 18 août 1855. En tout cas, la scène est animée, et l’ordonnancement des personnages semble plus naturel et moins protocolaire que dans l’œuvre définitive, essentiellement dominée par Napoléon III. Dans cette étude, il a mis l’accent sur la rencontre entre la reine d’Angleterre et l’impératrice Eugénie. L’empereur se tient sur le côté, et le prince Albert de Saxe-Cobourg est en retrait, au second rang. Plusieurs des personnes présentes sont identifiées par des inscriptions, notamment la princesse Mathilde, le prince Napoléon, le général Rollin ou le général Magnan.

L’œuvre d’Eugène Lami (1800-1890) est la répétition avec variantes d’une aquarelle figurant dans l’album offert à la reine Victoria pour Noël 1855. Elle représente le souper donné le 25 août 1855 en l’honneur de la souveraine dans la salle de l’Opéra du château de Versailles. Le dîner fut servi entre la première et la seconde partie du bal. La table avait été dressée pour quatre cents convives. Ils soupèrent au parterre et sur la scène, au milieu des fleurs, à la lumière des candélabres, au son d’un orchestre invisible. Les couples impérial et royal, la princesse Mathilde et le prince Napoléon, son frère, avaient pris place dans la loge d’honneur, ainsi que les petits princes britanniques. Les autres loges étaient remplies de spectateurs. À l’issue de cette soirée très réussie, Napoléon III exprima son regret que le séjour de la reine Victoria se terminât : « Mais n’est-ce pas, vous reviendrez ? Comme nous nous connaissons maintenant, nous pouvons aller nous voir à Windsor et à Fontainebleau sans grande cérémonie, n’est-ce pas ? »

  Interprétation

Marquées depuis le congrès de Vienne de 1815 par une alternance de tensions et d’apaisements, les relations diplomatiques entre la France et l’Angleterre vont entrer dans la voie de la détente sous le règne de Louis-Philippe, qui invite à deux reprises la reine Victoria dans son château d’Eu, en 1843 et 1845. La révolution de 1848 et la chute de la monarchie de Juillet mettent fin à cette première Entente cordiale, et la Grande-Bretagne n’assiste pas sans réticences à l’avènement de la IIe République, au coup d’État du prince-président Louis-Napoléon Bonaparte et au rétablissement de l’empire.

Cependant, l’alliance anglaise est l’un des objectifs majeurs de la politique extérieure de Napoléon III, souverain profondément anglophile qui s’engage dans la guerre de Crimée contre les Russes, aux côtés des Britanniques, le 27 mars 1854. Les alliés débarquent en Crimée le 14 septembre 1854, mais le contingent franco-britannique s’épuise dans l’interminable siège de la forteresse de Sébastopol. Alors que le conflit semble s’enliser, la visite de la reine Victoria en France apparaît comme le symbole fort de l’alliance entre les deux pays. Aucun souverain anglais n’avait foulé le sol parisien depuis le séjour de Jacques II (1633-1701), monarque exilé accueilli à Saint-Germain-en-Laye par le roi Louis XIV. Une réelle amitié naît entre Victoria et Napoléon III : « Il est merveilleux que cet homme, envers lequel nous n’étions certainement pas particulièrement bien disposés, soit arrivé par la force des circonstances à se lier si intimement avec nous et à devenir un ami personnel », écrit la reine dans son Journal. Quarante ans après Waterloo, la visite officielle de la reine Victoria en France est le signe tangible qu’une page de l’histoire des relations franco-anglaises a été tournée : l’Angleterre n’est plus l’ennemi héréditaire. Le 8 septembre 1855, la prise de Sébastopol couronne l’année de l’Entente cordiale entre les deux souverains.

Auteur : Alain GALOIN


Bibliographie

  • Antoine d’ARJUZON, Victoria et Napoléon III. Histoire d’une amitié, Biarritz, Atlantica, 2007.
  • Françoise de BERNARDY, « La reine Victoria à Paris », in Miroir de l’Histoire, juillet 1955.
  • André CASTELOT, « Quand la reine Victoria visite Paris », in Historia, numéro spécial n° 37, mai 1972.
  • Jacques de LANGLADE, La Reine Victoria, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000.
  • Jean-Claude YON, Le Second Empire. Politique, société, culture, Paris, Armand Colin, 2004.

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