Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
S'abonner à
L'Histoire par l'image
Ajouter à un album

Albums liés

Guerre 14-18 (90 études)

Intérieur de la cathédrale d'Arras en ruines.
Intérieur de la cathédrale d'Arras en ruines.
Fernand SABATTE

Les autochromes de Paul Castelnau pendant la guerre de 14-18 (4 études)

Tranchée de première ligne : groupe de poilus devant l’entrée d'un abri, Hirtzbach, 16 juin 1916.
Tranchée de première ligne : groupe de poilus devant l’entrée d'un abri, Hirtzbach, 16 juin 1916.
Paul CASTELNAU

Découvrez aussi

L'envers de la première guerre mondiale devant l'objectif

Déjeuner de poilu, Reims, 1<sup>er</sup> avril 1917.
Déjeuner de poilu, Reims, 1er avril 1917.
Paul CASTELNAU

Les destructions de la guerre de 14-18

La cathédrale de Reims en flammes.
La cathédrale de Reims en flammes.
Emile BOUSSU

Les troupes coloniales au service de la patrie

Sar Amadou, Wolof classe 1900, du Septième régiment à Ballersdorf (Haut-Rhin), 22 juin 1917.
Sar Amadou, Wolof classe 1900, du Septième régiment à Ballersdorf (Haut-Rhin), 22 juin 1917.
Paul CASTELNAU

L'Hôtel de ville de Paris : du lieu des révolutions à celui des célébrations

Louis-Philippe, Duc d'Orléans, arrive à l'Hôtel de Ville de Paris
Louis-Philippe, Duc d'Orléans, arrive à l'Hôtel de Ville de Paris
Eloi-Firmin FERON

La reprise de Mondement

Reprise de Mondement.
Reprise de Mondement.
Espérance Léon BROQUET

La bataille de Dunkerque

Dunkerque bombardée par l'aviation allemande lors de l'opération Dynamo.
Dunkerque bombardée par l'aviation allemande lors de l'opération Dynamo.

Les ravages de la guerre 14-18

La cathédrale de Reims, septembre 1917.
La cathédrale de Reims, septembre 1917.
Joseph Félix BOUCHOR

Une leçon de France

En Alsace - La première leçon
En Alsace - La première leçon
Fabien FABIANO

Images de l'Allemand

L'Illustration, 29 août 1914 :
L'Illustration, 29 août 1914 : " Leur façon de faire la guerre ".
Louis Nicolas LEMASLE

Le cimetière de Saint-Privat

Le cimetière de Saint-Privat, le 18 août 1870.
Le cimetière de Saint-Privat, le 18 août 1870.
Alphonse NEUVILLE

Paysages ravagés de la guerre de 1914-1918

Cloître des Cordeliers à Reims. Cloître des Cordeliers à Reims.
Paul CASTELNAU.
Voitures d’ambulances attendant les blessés à Boesinghe en Belgique, 10 septembre 1917. Voitures d’ambulances attendant les blessés à Boesinghe en Belgique, 10 septembre 1917.
Paul CASTELNAU.
Bombardement des 2 et 3 septembre 1916, Dunkerque. Bombardement des 2 et 3 septembre 1916, Dunkerque.
Paul CASTELNAU.
commentaires 2 commentaires commentaires
Cloître des Cordeliers à Reims.

© Ministère de la Culture / Médiathèque du Patrimoine, Dist. RMN-Grand Palais / Paul Castelnau

Agrandissement - Zoom
»

Titre : Cloître des Cordeliers à Reims.

Auteur : Paul CASTELNAU (1880-1944)
Date de création : 1917
Date représentée : 3 avril 1917
Technique et autres indications : Autochrome.
Légende : Effet de contre jour, au fond : abside et tours de la cathédrale
Lieu de Conservation : Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 08-546981 / CA000355

Voitures d’ambulances attendant les blessés à Boesinghe en Belgique, 10 septembre 1917.

© Ministère de la Culture / Médiathèque du Patrimoine, Dist. RMN-Grand Palais / Paul Castelnau

Agrandissement - Zoom
« »

Titre : Voitures d’ambulances attendant les blessés à Boesinghe en Belgique, 10 septembre 1917.

Auteur : Paul CASTELNAU (1880-1944)
Date de création : 1917
Date représentée : 10 septembre 1917
Technique et autres indications : Autochrome
Lieu de Conservation : Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 08-546004 / CA 000698

Bombardement des 2 et 3 septembre 1916, Dunkerque.

© Ministère de la Culture / Médiathèque du Patrimoine, Dist. RMN-Grand Palais / Paul Castelnau

Agrandissement - Zoom
«

Titre : Bombardement des 2 et 3 septembre 1916, Dunkerque.

Auteur : Paul CASTELNAU (1880-1944)
Date de création : 1917
Date représentée : 2 septembre 1916
Technique et autres indications : Autochrome
Lieu de Conservation : Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 07-534204 / CA000606

  Contexte historique

La ruine de l’Europe en guerre

De 1914 à 1918, la Grande Guerre fait rage aux quatre coins du globe, se concentrant en France sur une bande de 800 km de long et d’une trentaine de km de large : à la fin de 1914, la guerre d’usure succède à la guerre de mouvement. A l’arrière, les yeux des familles sont rivés sur cette frontière matérialisée par les réseaux de tranchées, d’où les nouvelles crédibles peinent à parvenir, tant communiqués et lettres des poilus se veulent rassurants. Plutôt que les horreurs de la guerre, rendues sensibles par les annonces de décès, on cherche à renseigner le quotidien, à s’imaginer la survie de ceux qui défendent la patrie de leur corps.

Même si c’était le cinéma qui incarnait la véritable nouveauté dans la documentation du réel de la guerre, la photographie a joué un rôle important dans la stratégie militaire (repérages) et dans la mobilisation culturelle des soldats du front ou des civils de l’arrière. Paul Castelnau (1880-1944) d’abord appelé au Service géographique de l’Armée, est versé aux côtés de Ferdinand Cuville à la Section photographique (SCA, créée en 1915) et couvre pendant deux ans l’ensemble des fronts en France, puis au Proche-Orient en 1918. Il utilise pour ces images le procédé autochrome breveté par les frères Lumière en 1903 et commercialisé en 1907. Il nécessite un certain temps de pose, contrairement aux appareils portatifs à pellicule noir et blanc que de nombreux soldats possèdent, en dépit des interdictions. La contrainte technique favorise la saisie de scènes statiques et se prête particulièrement à la capture des destructions de la Grande Guerre – qu’elles soient passées (Reims), continues (Belgique) ou reprises (Dunkerque) : la guerre s’installe et la ruine s’étale.

  Analyse des images

La destruction en couleurs

Le 26 septembre 1914, la cathédrale de Reims est touchée de plein fouet par les bombes allemandes, nouvelle « atrocité » culturelle après la destruction de Louvain fin août. Le cloître des Cordeliers, complètement rasé, permet au photographe d’essayer des jeux de perspective et de lumière : son cliché est intitulé « effet de contre-jour ». A l’arrière-plan se dressent les tours intactes de la cathédrale, qui auraient pu connaître le sort du couvent : ne plus être qu’un amas indistinct de pierres calcinées, de poussière et d’herbes folles.

La scène située en Belgique quelques mois plus tard frappe par la pâleur des couleurs, comme si tout avait été recouvert de poussière durant l’été. Précairement abritées derrière une grange en ruines, aux poutres démantelées du toit pitoyablement dressées vers le ciel, les ambulances et leur conducteur (à l’arrière-plan) sont en attente. Seule la fumée noire qui obscurcit le ciel indique la proximité du combat. Les ornières imprimées dans le sol belge témoignent de la répétition des actions militaires, stérilisant une terre désormais impropre à l’activité agricole qui faisait la richesse des plaines du plat pays.

Le bombardement de Dunkerque, en septembre 1916, n’a rien de comparable avec les ruines de Reims ou l’occupation de la Belgique ; mais ici, la destruction est saisie sur le vif. Dans la série consacrée à cet événement, les clichés de l’entrepôt des Bains sont les plus spectaculaires, et l’image proposée ici se distingue par sa composition très équilibrée. Ciel et terre se partagent l’espace horizontalement, la tour restée debout fait le lien entre les deux et divise l’image verticalement. A droite, les projections d’eau voilent la perspective du bâtiment à l’arrière-plan ; adultes et enfants civils observent la scène sans participer, les bras croisés. A gauche, on distingue les pompiers en action, fragiles sauveteurs face à l’ampleur des destructions, nettement mise en évidence et soulignée par l’imposante machine en acier au premier plan, au bord du cadre.

  Interprétation

« Atrocités » culturelles et vie suspendue

Sur les 375 autochromes de Paul Castelnau conservés à la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine, environ 200 représentent Reims et ses habitants, survivants de pierre et de chair. Dans son célèbre article du Matin (29 septembre 1914), Albert Londres écrit que « ce n’est plus la cathédrale, c’est son apparence », que la photographie ne pourra en rendre l’état, pas plus qu’elle ne rend « la teinte du mort ». La litanie de ruines et de boutiques dévastées permet pourtant à Castelnau de s’exercer, lui le géographe qui ne connaissait rien à la technique photographique avant d’être affecté à la SCA. Mais pas plus que le combat, il n’ose prendre en photo les blessés, le sang, l’urgence qui va bouleverser l’endroit d’un instant à l’autre ; l’absence d’hommes inscrit toutefois la présence de la mort. Les clichés de Dunkerque bombardé en septembre 1916 ont sans doute peu frappé le public alors abreuvé d’images du paysage lunaire de Verdun. Mais ils mettent en scène un front mal connu, à la réputation trouble (les habitants de la zone occupée par les troupes allemande sont surnommés Boches du Nord), et aux héros discrets.

Développées sur plaque de verre (20x30cm), les autochromes sont destinées à être projetés. A la différence du cinéma où les procédés de colorisation ne font pas illusion, la couleur rend particulièrement vivants les clichés, destinés à captiver l’attention lassée d’une population qui subit aussi la guerre sur le plan psychologique. Cela dit, à l’instar des clichés de presse, les autochromes se réduisent en fait à des scènes de genre anecdotiques, sans rapport avec une expérience de guerre où triomphent la mort et la violence. Héritières du modèle pictural de l’impressionnisme en peinture et la veine pictorialiste de la photographie,elles trahissent la vocation documentaire et testimoniale du cliché en le faisant pencher du côté de la mise en scène artistique, échouant à faire la promotion d’un conflit civilisé.

Auteur : Alexandre SUMPF


Bibliographie

  • Jean-Jacques BECKER, La Première Guerre mondiale, Belin, 2008 (rééd.).
  • Laurent GERVEREAU et alii, Montre la guerre ? Information ou propagande, Paris, CNDP, 2006.
  • John HORNE, Alan KRAMER, 1914, les atrocités allemandes, Tallandier, 2005.
  • Jean-Marie LINSOLAS, Jean-Baptiste PERETIE, « La photographie de guerre : un miroir du vrai ? », dans Christophe PROCHASSON et Anne RASMUSSEN (dir.), Vrai et faux dans la Grande Guerre, Paris, La Découverte, 2004, p. 96-111.
  • Pierre VALLAUD, 14-18, la Première Guerre mondiale, tomes I et II, Paris, Fayard, 2004.

Commentaires

Bonjour,
Une petite précision au passage : on dit une autochrome et non un autochrome.
Une plaque est tirée et non "développée sur plaque de verre".
La plaque de verre après tirage était en effet avant tout destinée à la projection, et non à être projetée en diapositive.
Cordialement
S.E
aucun
Par aucun le 13/02/12 à 10h22 - #553
Bonjour,

Merci pour votre commentaire!
En effet, Le mot autochrome est un mot féminin et elles étaient couramment regardées sous la forme d'une image projetée agrandie.

Nous allons corriger ces erreurs très rapidement.

A bientôt !

Anne-Lise
Histoire-image
Par Histoire-image le 13/02/12 à 14h32 - #556

Laisser un commentaire :

twitter

facebook










Haut de page