Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
S'abonner à
L'Histoire par l'image
Ajouter à un album

Albums liés

Egypte (30 études)

Folies Bergères. Tous les soirs la Loïe Fuller.
Folies Bergères. Tous les soirs la Loïe Fuller.
Jean de PAL

Guerre et artistes (10 études)

Le vaguemestre.
Le vaguemestre.
Pierre Georges JEANNIOT

Découvrez aussi

Le recrutement de la Coloniale

Troupes d’Afrique. Engagez-vous.
Troupes d’Afrique. Engagez-vous.
Georges Bertin SCOTT

La prise d'Alger

Attaque d'Alger par mer.
Attaque d'Alger par mer.
Théodore GUDIN

Le siège de Lille (septembre-octobre 1792)

Allégorie relative au siège de Lille en 1792.
Allégorie relative au siège de Lille en 1792.
François Louis Joseph WATTEAU

La reprise de Mondement

Reprise de Mondement.
Reprise de Mondement.
Espérance Léon BROQUET

Les Annamites dans la Grande Guerre

Tirailleur annamite en grande tenue.
Tirailleur annamite en grande tenue.
Pierre Albert LEROUX

Les troupes coloniales dans la Grande Guerre

La partie de loto. Soldats nord-africains au repos, 1915.
La partie de loto. Soldats nord-africains au repos, 1915.
Jules Alfred HERVE-MATHE

Ali Ben Ahmed, calife de Constantine, lors de la conquête française de l'Algérie

Ali Ben Ahmed, [...], suivi de son escorte en vue de la ville de Constantine.
Ali Ben Ahmed, [...], suivi de son escorte en vue de la ville de Constantine.
Théodore CHASSERIAU

Le Grand jeu du Bébé jumeau

Grand jeu du bébé Jumeau.
Grand jeu du bébé Jumeau.

Un regard sur les tranchées

Tranchée de première ligne : groupe de poilus devant l’entrée d'un abri, Hirtzbach, 16 juin 1916.
Tranchée de première ligne : groupe de poilus devant l’entrée d'un abri, Hirtzbach, 16 juin 1916.
Paul CASTELNAU

Le général Marchand

Le commandant Marchand à travers l'Afrique. Le commandant Marchand à travers l'Afrique.
Jean Paul Louis PINAYRE.
Le général Marchand, grièvement blessé, est ramené vers l'arrière. Le général Marchand, grièvement blessé, est ramené vers l'arrière.
Georges Bertin SCOTT.
commentaires 0 commentaire commentaires
Le commandant Marchand à travers l'Afrique.

© Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Pascal Segrette

Agrandissement - Zoom
»

Titre : Le commandant Marchand à travers l'Afrique.

Auteur : Jean Paul Louis PINAYRE (1861-1942)
Dimensions : Hauteur 198 cm - Largeur 137 cm
Technique et autres indications : Lithographie coloriée.
Pinayre Jean Paul Louis, dessinateur. Tichon Charle, lithographe.
Dessinée et lithographiée vers 1900.
Lieu de Conservation : Musée de l'Armée (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 06-506187 / 2001.72.2

Le général Marchand, grièvement blessé, est ramené vers l'arrière.

© Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Giovanni Dagli Orti

Agrandissement - Zoom
«

Titre : Le général Marchand, grièvement blessé, est ramené vers l'arrière.

Auteur : Georges Bertin SCOTT (1873-1942)
Date de création : 1915
Dimensions : Hauteur 82 cm - Largeur 110 cm
Technique et autres indications : Aquarelle, fusain, gouache sur papier.
Marchand est ramené vers l'arrière, sur la route de Souain à Suippes (Marne) ; il est salué par le 2e régiment de spahis.
Lieu de Conservation : Musée de l'Armée (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 06-519386 / 407

  Contexte historique

De la « Mission Congo-Nil » à la Grande Guerre

La politique française d’expansion impérialiste en Afrique Noire, engagée dès le Second Empire, s’amplifie sous la Troisième République : Congo (1880), Djibouti et côte somalienne (1888), Guinée et Soudan (1891), Côte d’Ivoire et Dahomey (1893) sont conquis. La France projette alors de relier ses possessions de Dakar à Djibouti et décide, en 1896, d’envoyer une mission d’exploration militaire en Afrique, la « Mission Congo-Nil » dont le commandement est confié à Jean-Baptiste Marchand, officier des tirailleurs sénégalais depuis 1887. La mission arrive jusqu’à Fachoda. Mais les Britanniques qui souhaitent aussi le contrôle de ces territoires situés au sud de l’Egypte exigent le départ des Français. C’est « la « crise de Fachoda » (juillet à novembre 1898), durant laquelle les troupes du général Kitchener sont prêtes à attaquer la Mission commandée par Marchand. Dans une atmosphère de grande tension, alimentée par le nationalisme des populations qui suivent l’affaire avec passion, une solution diplomatique est finalement trouvée : le gouvernement Français ordonne à Marchand de se retirer.
Pour avoir mené cette expédition, résisté aux Britanniques, et n’être parti que par obéissance, le commandant Marchand devient un héros national. Il quitte un temps l’armée mais il combat à nouveau en 1914-1918. Il est blessé le 25 septembre 1915, mais il survit et continue la guerre jusqu’à l’armistice.

  Analyse des images

Marchand, héros de la coloniale à l’épreuve du combat

La première image est une lithographie coloriée et imprimée de 1900. Il s’agit de la couverture du premier numéro d’une série de 140 fascicules d’environ 15 pages chacun, parus comme bihebdomadaire. Sous la forme d’illustrations de Jean-Paul Pinayre, accompagnées de textes rédigés par le romancier Michel Morphy, Le commandant Marchand à travers l’Afrique raconte les différentes étapes de l’épopée de la « mission Marchand ». Mêlant le récit d’aventures, l’exotisme de l’Afrique noire, et un certain nationalisme, la série, destinée au grand public, connut un grand succès.
La lithographie se caractérise par un trait réaliste et des couleurs assez vives, susceptibles de capter l’attention du public. On y voit au premier plan le commandant Marchand en uniforme de l’armée coloniale, enjamber le cadavre d’un soldat et indiquer du doigt à ses troupes le chemin de la conquête : droit devant. Au second plan, les soldats réunis sous le drapeau tricolore le suivent avec détermination, pendant que d’autres tirent sur l’ennemi. Plus loin, on aperçoit le campement, d’autres soldats sur le fond de la vaste étendue, faite de sable et de dunes, du désert africain.

La seconde image, Le général Marchand, grièvement blessé, est ramené vers l'arrière, est un dessin sur papier, aquarelle, fusain et gouache, réalisé en 1915 par Georges Bertin Scott, peintre officiel de l’armée.
Baignés dans une lumière d’aube voilée, tous les éléments ont une couleur de boue, que le fusain, à peine rehaussé par la gouache et l’aquarelle, rend à merveille. Seuls quelques uniformes sont légèrement teintés d’un bleu sali. L’atmosphère qui en découle est à la fois triste et recueillie. Au centre de l’image, le général Marchand est porté sur un brancard par quatre soldats, le corps couvert par son manteau. On aperçoit sur son visage une expression de souffrance. Au second plan (sur la droite de la route quand on suit le mouvement qui va vers le front), le deuxième régiment des spahis, reconnaissable au sabre et au couvre-chef des soldats, lui rend hommage. L’un des cavaliers l’accompagne vers l’arrière. Au premier plan (sur la gauche de la route), quelques soldats dispersés, à la tenue plus classique saluent aussi, de manière moins officielle, le célèbre blessé. Au fond, on devine le champ de bataille tout proche aux nuages de fumée blanche.

  Interprétation

Marchand, au service de la République Une et Indivisible

La première image doit donner envie d’acheter le fascicule et de découvrir les aventures du commandant Marchand. En ce sens, elle présente de manière efficace et symbolique différents éléments. Un cadre sauvage et exotique (le désert) ; une figure héroïque célèbre et célébrée (Marchand) qui entraine des héros anonymes (les troupes) ; de l’action (le combat et la charge) ; du drame (le cadavre). Réalisé après la fin de la Mission, l’illustré veut aussi glorifier, en métropole, l’impérialisme français. Mis à mal par la retraite de Fachoda, l’orgueil et la fierté nationalistes qui y sont liés trouvent dans le personnage idéalisé de Marchand et dans ses aventures une nouvelle source de satisfaction et de justification. C’est bien la France et son drapeau que servent avec passion, autour du commandant, ces hommes d’origines diverses. L’uniforme bleu blanc et rouge des soldats noirs, rappelle que ces hommes, qui se battent ici contre des Noirs comme eux, appartiennent à la France républicaine une et indivisible. Marchand, qui devient donc un personnage de récit, partiellement fantasmé, sert et illustre et à la fois un tel idéal d’intégration des colonies dans la République.
Enfin, la littérature « populaire » qui accorde une grande place à la figure militaire, contribue à faire de Marchand un héros républicain. L’armée est alors essentielle dans l’imaginaire national : la représentation massive (et souvent idéalisée) de ses uniformes, de ses valeurs et de ses hommes entretient un véritable patriotisme populaire, qui explique aussi « l’enthousiasme » de la mobilisation générale en 1914.
La seconde image, centrée autour du même personnage, et lui faisant jouer la même fonction symbolique, met en scène l’icône qu’est devenu Marchand pour nourrir le même patriotisme et affirmer la même unité nationale. Quels que soient leurs uniformes, les soldats appartiennent à la même armée. Ainsi le général Marchand, est-il porté par des soldats « classiques » mais escorté et salué aussi par des troupes coloniales. Autour de sa figure héroïque qui rappelle la grandeur de la France (peut-être certains des soldats qui le saluent ont-ils été nourris, plus jeunes, de sa légende illustrée), qui est justement à défendre en 1915, tous sont unis dans la même tristesse, la même gravité, la même solennité et le même respect. La lumière pâle qui inonde la scène tend à donner une atmosphère de sainteté autour du blessé qui, durant toutes ces années et sur différents champs de bataille, a su combattre pour la Nation.

Auteur : Alban SUMPF


Bibliographie


Commentaires

Laisser un commentaire :

twitter

facebook










Haut de page