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Assassinat de Basseville à Rome, le 13 janvier 1793. Assassinat de Basseville à Rome, le 13 janvier 1793.
ANONYME.
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Assassinat de Basseville à Rome.

© Photo RMN-Grand Palais - T. Le Mage

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Titre : Assassinat de Basseville à Rome.

Auteur : ANONYME
Date représentée : 13 janvier 1793
Dimensions : Hauteur 9.4 cm - Largeur 14.8 cm
Technique et autres indications : Plume et encre noire, lavis gris.
Lieu de Conservation : Musée du Louvre (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 06-527871 / 3836DR

Assassinat de Basseville à Rome, le 13 janvier 1793.

© Cliché Bibliothèque Nationale de France

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Titre : Assassinat de Basseville à Rome, le 13 janvier 1793.

Auteur : ANONYME
Date représentée : 13 janvier 1793
Dimensions : Hauteur 21 cm - Largeur 30.5 cm
Technique et autres indications : Eau-forte.
Lieu de Conservation : Bibliothèque nationale de France (Paris) ; site web

  Contexte historique

Les évènements qui aboutissent à la proclamation de la République le 21 septembre 1792 ont entraîné une détérioration rapide des relations entre la France et le Saint-Siège : l’atteinte portée à l’ordre monarchique (déchéance d’un roi catholique), les violences exercées contre ses représentants ou défenseurs et l’arrivée massive de prêtres réfractaires à Rome ont suscité l’exaspération du Vatican. Cependant, la jeune République profite de l’avantage que lui donnent ses premiers succès militaires et la présence de sa flotte au large des côtes napolitaines pour intimider le Saint-Siège, dans l’espoir de le voir reconnaître le nouveau régime de la France. C’est dans ce but que l’ambassadeur de France à Naples a dépêché son secrétaire de légation le 13 novembre 1792.

D’abord chargé de garantir la liberté d’artistes français menacés par l’inquisition, en raison de leurs opinions jacobines et de leur défaut de foi, Nicolas-Jean Hugou de Basseville a ensuite reçu la mission de se substituer au directeur déchu de l’Académie de France afin de veiller sur le palais Mancini et d’encourager la flamme patriotique de ses administrés. Mais les imprudents projets iconoclastes que le gouvernement parisien lui ordonne d’exécuter vont le conduire à sa perte et entraîner la fuite de la communauté française.

En décembre 1792, Basseville est sommé de faire disparaître les armes royales des façades du palais Mancini et du Consulat afin de leur substituer l’emblème de la République. Cette provocation, qui s’ajoute aux démonstrations patriotiques tapageuses des pensionnaires français, met le comble à la colère de la population locale qui fomente une expédition punitive : pris à partie dans une émeute le 13 janvier 1793, Basseville reçoit un coup d’arme blanche et meurt le jour suivant.

  Analyse des images

Les différences narratives entre ces deux représentations de l’évènement tiennent aux divergences des témoignages qui l’ont rapporté et à la connaissance approximative qu’en a eu le public français. Il est toutefois possible de dégager de ces récits les circonstances vraisemblables du drame. La citoyenne Basseville et son enfant sortirent en voiture de la demeure du banquier Moutte, où ils étaient établis, accompagnés du diplomate Amaury Duval et du major Flotte, pour aller se promener sur le Corso. Leurs cocardes tricolores éveillèrent l’hostilité de la populace qui forma bientôt une foule menaçante autour de leur voiture. Celle-ci parvint à se réfugier dans le palais d’où elle était sortie et où Basseville était resté. Une pluie de pavés s’abattit sur la demeure dont les portes cédèrent bientôt. Tandis que Flotte prit la fuite par une fenêtre et que la citoyenne et son enfant parvinrent à se réfugier dans un grenier, Basseville, resté face à la foule, reçut un coup d’arme blanche au ventre et mourut des suites de sa blessure le lendemain, malgré les soins dispensés par un chirurgien du pape.

L’auteur du dessin anonyme simplifie la péripétie en condensant dans une scène unique les différents moments, lieux et protagonistes du drame, réduisant de fait une action complexe à une seule et même dynamique de groupe. Inexacte au regard des faits, l’image est également défectueuse sur le plan artistique : la théâtralité du lieu (l’ouverture de l’appartement sur la rue est improbable), la maladresse de la perspective, la naïveté de la pantomime et les expressions outrées des émeutiers sont caractéristiques du langage élémentaire de l’imagerie populaire. Rendue sensationnelle par la rumeur, la nouvelle de l’assassinat de Basseville a fourni aux dessinateurs de second ordre des projets de gravure que l’évolution des évènements aura rapidement rendu caducs.

Si tel est peut-être le cas de cette illustration, il n’en est pas allé de même pour la composition vraisemblablement gravée à l’initiative de la Convention. Cette image de propagande déplace le drame à l’extérieur, dans l’espace politique de la cité. Des prêtres fanatiques incitent le peuple au crime tandis qu’un détachement de soldats assiste, en retrait, à l’assassinat du représentant républicain. Si l’auteur du dessin a pris des libertés avec la réalité des faits, il est néanmoins probable qu’il en ait été le témoin : l’artiste qui s’enfuit à l’extrême gauche de la composition – le portefeuille à dessin sous son bras désigne son état – rattache cette planche au contexte de l’Académie de France et rappelle que les quatre pensionnaires présents au moment des faits (Lafitte, Girodet, Péquignot et Mérimée), tous peintres, ont aussi été la cible des émeutiers. L’élaboration de la composition, le canon musculeux des figures, la rigoureuse construction perspective sont du reste des qualités qui appartiennent à un peintre d’histoire.

  Interprétation

La légende de la gravure rend compte de la vive émotion que la nouvelle a suscitée en France. Elle fut probablement éditée alors que le gouvernement était tout disposé à croire à la culpabilité des autorités pontificales et entendait prendre des mesures de représailles à leur endroit. Le souverain pontife, qui dépêcha auprès de la victime l’un de ses chirurgiens et multiplia les appels au calme, fut en réalité desservi par ce débordement populaire qui court-circuitait son action diplomatique.

L’assassinat de Hugou de Basseville eu pour effet immédiat de mettre en fuite les ressortissants de la République et de compromettre la présence française dans les États pontificaux. Mais l’ultime degré de crispation entre les deux États n’était pas encore atteint : parvenue début février à Rome, l’annonce de la mort de Louis XVI contraignit Pie VI à une logique contre-révolutionnaire et dressa entre les deux pays un obstacle qui ne fut franchi que par Bonarparte. Avec l’humiliant traité de Tolentino, qu’il allait imposer au pape le 19 février 1797, le chef de l’armée d’Italie allait apporter la vengeance longtemps espérée par la France : « Sa Sainteté fera désavouer par son ministre à Paris l'assassinat commis sur la personne du secrétaire de légation Basseville. Il sera payé dans le courant de l'année par Sa Sainteté la somme de trois cents mille livres pour être répartie entre ceux qui ont souffert de cet attentat » (article 18 du traité de Tolentino).

Auteur : Mehdi KORCHANE


Bibliographie

  • Thomas CROW, L’atelier de David. Emulation et Révolution, Paris, Gallimard, 1997.
  • Frédéric MASSON, Les Diplomates de la révolution : Hugou de Bassville à Rome, Bernadette à Vienne, Paris, Charavay frères, 1882.
  • Gérard PELLETIER, Rome et la Révolution française. La théologie et la politique du Saint Siège devant la Révolution française (1789-1799), Rome, École française de Rome, 2004.
  • René TRINQUET, « L’assassinat de Hugou de Bassville (12 janvier 1793) », dans Annales révolutionnaires, VII (1914), p. 338-368.
  • Leone VICCHI. Les Français à Rome pendant la Convention (1792-1795), Fusignano, l'auteur, 1892.

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