Photos du XXème (35 oeuvres)
© Photo RMN-Grand Palais - F. Raux
Titre : Employés des ateliers de la Librairie de France, rue Meyerbeer
Auteur : François Antoine VIZZAVONA (1876-1961)
Date de création : 1930
Date représentée : 1930
Technique et autres indications : Négatif verre au gélatino-bromure d'argent.
Lieu de Conservation : Agence photographique Rmn, fonds Druet-Vizzavona (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 00-030725 / VZC56588
© Photo RMN-Grand Palais - F. Raux
Titre : Employés des ateliers de la Librairie de France, rue Meyerbeer.
Auteur : François Antoine VIZZAVONA (1876-1961)
Date de création : 1930
Date représentée : 1930
Technique et autres indications : Négatif verre au gélatino-bromure d'argent.
Lieu de Conservation : Agence photographique Rmn, fonds Druet-Vizzavona (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 00-030726 / VZC56589
L’évolution de l’imprimerie moderne : la presse et le livre
Le monde de l’édition a connu une forte modernisation vers la fin du XIXe et au début XXe. Avec la mécanisation des procédés – presses rotatives et machines de composition (linotype et monotype) – la qualité et le volume des imprimés augmentent considérablement. Ces avancées techniques touchent en premier lieu la presse. Ainsi des journaux populaires tels que Le Petit Parisien tire jusqu’à 1,5 millions d’exemplaires au moment de la Grande Guerre. Le livre n’est pas en reste dans cette évolution technique, bien que le volume de production reste stable de la fin du 19e siècle aux années 1930 (douze à treize mille titres). Grâce aux nouvelles machines, les mises en pages sont standardisées, tout comme la gestion des formats et des façonnages. Cette modernisation du livre accompagne les efforts des éditeurs, qui ont soutenu le marché et fait usage de la publicité pour vendre leur production. Dans l’entre-deux-guerres, Bernard Grasset fut l’une des figures emblématiques de ce milieu, en utilisant de nouvelles techniques de commercialisation. A partir de 1900, le roman connait notamment un souffle nouveau grâce à la création de nombreux prix littéraires. Dans la première moitié du XXe siècle, le livre scolaire se développe considérablement ainsi que les livres de loisirs comme la bande-dessinée.
Dans l’imprimerie moderne : façonnage et finition
Ces deux photographies réalisées par François Vizzavona nous plongent au cœur d’une imprimerie parisienne des années 1930, La Librairie de France, sise rue Meyerbeer, dans le IXe arrondissement de Paris. Dans cet univers ouvrier, l’ambiance est typique de l’entre-deux-guerres. Locaux éclairés par le faisceau des ampoules, machines imposantes et manipulés par des travailleurs en simples blouses : l’imprimerie semble tenir de l’usine. Les tâches effectuées par les ouvriers du livre apparaissent répétitives. Ces deux images donnent à voir deux étapes de la chaine graphique, c'est-à-dire de la fabrication du livre depuis l'impression jusqu’aux finitions et au stockage des volumes précédant leur mise en vente. Dans la première photographie, l’ouvrier utilise une presse. La seconde image se place en aval de l’imprimerie. Elle s’apparente au façonnage, qui est l’étape finale dans la production d’un livre imprimé : pliage, massicotage, assemblage et reliure. A son issue, les livres sont empilés, stockés et prêts à être distribués. La masse impressionnante des ouvrages entreposés dans les locaux de la Librairie de France témoigne de la vitalité de la production du livre durant l’entre-deux-guerres.
Les Années Trente : une période charnière dans le secteur du livre
« La fabrication des livres n’est pas une profession insignifiante ». Le propos du philosophe allemand Emmanuel Kant, à la fin du XVIIIe siècle, insiste sur la spécificité de ce savoir-faire. Depuis la première moitié du XXe siècle, grâce à la maturité des systèmes mécanisés, cette production est devenue massive. Néanmoins, le livre est devenu une industrie depuis les années 1830, et le dernier tiers du XIXe siècle, de ce point de vue, a renforcé une étape essentielle. Dans les années 1930, l’imprimé a autant joué un rôle dans l’histoire de la propagande politique que dans le développement des livres scolaires et de la presse illustrée. L’entre-deux-guerres représente une étape intermédiaire dans l’histoire sociale de ce vaste secteur. En 1936, Jean Zay, Ministre de l’Education nationale et des beaux-arts sous le Front Populaire a jeté les bases de la réglementation des droits d’auteur et des contrats d’édition. La concrétisation de cette réglementation voit le jour après la Seconde Guerre Mondiale. Sur le plan sociologique, ces deux photographies évoquent la structuration des tâches ouvrières dans le métier du livre. Ce fonctionnement de répartition des tâches, avec la création de l’ouvrier spécialisé, a pour but de parvenir à une plus grande rentabilité. Dans le monde de l’édition à grands tirages, si cette évolution a permis de baisser les coûts, elle a en contrepartie abouti à la perte de l’originalité, davantage préservée dans les livres d’artistes.
Auteur : Claire MAINGON