© Saint-Denis, musée d'art et d'histoire - Cliché I. Andréani
Titre : L'arrestation de Louise Michel.
Auteur : Jules GIRARDET (1856-1938)
Date de création : 1871
Dimensions : Hauteur 45 cm - Largeur 37 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur bois
Lieu de Conservation : Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis (Saint-Denis)
Contact copyright : Laurence Goux (documentaliste), Tél : 01.42-43-05-10 / Fax : 01.48.20.07.60, lg.documentation@wanadoo.fr, 2 place Victor Hugo BP 209, 93205 Saint- Denis
Référence de l'image : NA 2659
© Saint-Denis, musée d'art et d'histoire - Cliché I. Andréani
Titre : Louise Michel à Satory.
Auteur : Jules GIRARDET (1856-1938)
Date de création : 1871
Dimensions : Hauteur 40 cm - Largeur 31.7 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur bois
Lieu de Conservation : Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis (Saint-Denis)
Contact copyright : Laurence Goux (documentaliste), Tél : 01.42-43-05-10 / Fax : 01.48.20.07.60, lg.documentation@wanadoo.fr, 2 place Victor Hugo BP 209, 93205 Saint- Denis
Référence de l'image : NA 2660
La répression des communards : le cas de Louise Michel.
Institutrice républicaine, cantinière pendant le siège de Paris, oratrice au club de la Révolution, ambulancière et soldat, Louise Michel (1830-1905) semble avoir pris une part active aux combats sur les barricades de la Commune. Par ses autobiographies riches en détails et en anecdotes – Mémoires (1886) et La Commune, Histoire et Souvenirs (1898) en particulier –, Louise Michel la féministe anti-autoritaire a contribué à forger le mythe de la « Vierge rouge ». Elle se battit à Neuilly, Clamart et Issy, puis sur différentes barricades parisiennes et notamment sur celle de la chaussée Clignancourt qu’elle aurait tenue avec seulement deux camarades d’armes. « Les balles faisaient le bruit de grêle des orages d’été », écrit-elle dans ses Mémoires.
La reddition de Louise Michel.
Ayant appris que sa mère avait été arrêtée à sa place, Louise Michel se rendit aux soldats versaillais, au risque d’être aussitôt passée par les armes. C’est le moment que Jules Girardet (1856-1946) a choisi de représenter dans le tableau intitulé L’Arrestation de Louise Michel. On y voit une jeune femme en tête d’un cortège populaire. Deux cavaliers armés repoussent la foule acclamant la prisonnière aux traits idéalisés et finalement peu ressemblants. Fonctionnant en pendant, l’autre œuvre représente au même format et dans des tons identiques Louise Michel à Satory. Le lieu n’est pas neutre : c’est le camp militaire où les communards sont détenus par les troupes versaillaises et où ils sont exécutés – comme Rossel, Bourgeois et Ferré le 28 novembre 1871. Il est probable que le peintre ait aussi voulu faire référence à l’une des déclarations tonitruantes de Louise Michel devant le 6e Conseil de guerre : « Ce que je réclame de vous qui vous donnez comme mes juges, c’est le champ de Satory où sont tombés nos frères… » En l’occurrence, le peintre figure la détenue haranguant des communards assemblés autour d’elle. En contrepoint du visage calme, déterminé et généreux arboré par Louise Michel dans L’Arrestation, Girardet lui confère dans la scène de Satory un air courroucé, que renforcent le bras droit tendu et l’index vengeur.
De la réalité au mythe.
Ces deux œuvres représentent des scènes d’arrestation et de détention plutôt convenues, comme la gravure de presse en a beaucoup donné aux lecteurs des journaux illustrés. Pourtant, parce qu’il s’agit de Louise Michel, ces deux tableaux ne peuvent pas être des constats de la réalité factuelle, mais plutôt une prise en compte de la figure mythique et idéalisée de la « Vierge rouge » : ses engagements généreux et nombreux pour les Kanak, les femmes, les détenus et les opprimés en feront peu à peu un symbole libertaire. Dans les deux cas, les effigies trop jeunes et trop idéalisées ne fonctionnent pas en tant que simples portraits. En effet, leur efficacité tient surtout à la présence du peuple associé à sa personne, à travers la représentation de quelques stéréotypes efficaces : des fédérés, des « Gavroches », des femmes du peuple dont une mère et son bambin, tous en haillons et dont les hardes s’accordent à la robe et à la vareuse disparates de Louise Michel – acclamée dans la scène de son arrestation, écoutée avec respect et recueillement dans l’image du camp de Satory.
Auteur : Bertrand TILLIER
communards - Commune de Paris - femmes - figures révolutionnaires - féminisme - Michel Louise - opposants politiques - répression versaillaise
Site réalisé à l'initiative de :