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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Allégorie du Retour des Bourbons le 24 avril 1814 : Louis XVIII relevant la France de ses ruines

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Allégorie du retour des Bourbons le 24 avril 1814 : Louis XVIII relevant la France de ses ruines.

© Photo RMN-Grand Palais

Agrandissement - Zoom

Titre : Allégorie du retour des Bourbons le 24 avril 1814 : Louis XVIII relevant la France de ses ruines.

Auteur : Louis-Philippe CREPIN (1772-1851)
Date de création : 1814
Date représentée : 28 avril 1814
Dimensions : Hauteur 46 cm - Largeur 55 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 86EE1866/MV 8561

  Contexte historique

La monarchie restaurée
Nul n’aurait songé à restaurer les Bourbons sur le trône de France si la défaite puis l’abdication de Napoléon n’avaient créé un vide politique nécessaire à combler, ni, surtout, si les puissances alliées et notamment la Russie n’avaient clairement manifesté leur choix en ce sens. Le 6 avril 1814, le Sénat rédigea un projet constitutionnel qui, tenant compte des acquis révolutionnaires et maintenant pour l’essentiel les institutions de l’Empire, appelait au trône « Louis, frère du dernier roi ». L’entrée à Paris de son frère, le comte d’Artois, futur Charles X, au milieu de l’enthousiasme général, leva les dernières oppositions, d’autant que l’armistice était signé avec les Alliés : le retour des Bourbons coïncidait avec celui de la paix. Louis XVIII, qui résidait en Angleterre, put alors débarquer à Calais. C’est ce moment particulier qu’illustra, peu de temps après, le peintre Louis-Philippe Crépin, dans cette composition allégorique.

  Analyse de l'image

Une allégorie traditionnelle
Crépin n’est pas un des artistes majeurs de l’époque. Engagé dans la marine républicaine, où il servit de 1794 à 1798, il acquit ainsi une connaissance de première main, dont il sut faire un large usage dans sa carrière de peintre. Continuateur de Joseph Vernet, dont il avait été l’élève, il se spécialisa dans la peinture de marines, où il obtint un succès certain. Grâce aux protections dont il jouissait (en particulier celles des princes d’Orléans), il maintint très avant dans le siècle les principes esthétiques du XVIIIe siècle, dont il donne dans ce tableau une parfaite illustration.
Il travailla très rapidement à cette œuvre afin de l’exposer au Salon de 1814, qui ouvrit au début de l’automne. Aussi son tableau est-il peu novateur tant dans sa conception que dans son exécution : Louis XVIII, en costume de sacre mais portant l’ordre de la Jarretière qu’il a reçu par décret particulier le 21 avril 1814, soutient la France qui s’effondre dans ses bras. A ses côtés la duchesse d’Angoulême, femme d’un des fils du comte d’Artois, mais aussi fille de Louis XVI, représente la continuité dynastique et fait le lien avec l’Ancien Régime (elle était aussi la première dame de la famille royale, car les épouses de Louis XVIII et de son frère étaient mortes et qu’elle avait épousé celui qui devait hériter du trône après son oncle et son beau-père). Le duc d’Angoulême, son frère le duc de Berry et leur père le comte d’Artois sont évidemment présents, de même que les autres princes de sang, le prince de Condé qui avait commandé contre la République l’armée des émigrés et son fils, le duc de Bourbon. De toute la famille royale, seul est absent le duc d’Orléans, futur Louis-Philippe, sur qui pèse la faute de son père, Philippe-Egalité, qui a voté à la Convention la mort de son cousin Louis XVI. Contre la vérité historique, car ils n’étaient pas présents à Calais, Crépin a également représenté les quatre principaux souverains alliés qui ont permis le rétablissement des Bourbons sur le trône : le tsar Alexandre Ier, l’empereur d’Autriche François Ier, le roi d’Angleterre George III et le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III. Derrière eux des maréchaux de France. Le chiffre du roi restauré (deux « L » entrelacés) forme un médaillon au centre de la composition.

  Interprétation

Crépin utilise ici le vocabulaire le plus traditionnel (nymphes et enfants du premier plan, trophées d’armes renversés qui marquent le retour des bienfaits de la paix…). La signification des différents personnages vient presque de leur seule présence dans une composition elle aussi très classique : les contemporains étaient à même d’identifier les acteurs de la scène, et les événements encore tout proches étaient compréhensibles par tous. Louis XVIII accédant au trône est clairement représenté comme le sauveur providentiel de la France. Mais le tableau manifeste par là même sinon une certaine maladresse, du moins une absence à peu près complète d’invention et de personnalité. Il est cependant peu représentatif du réel talent de Crépin, qui fait ici œuvre de circonstance.

Auteur : Barthélemy JOBERT et Pascal TORRÈS


Bibliographie

  • André CHASTEL, L’Art français, tomes III et IV, Paris, Flammarion, nouv. éd. 2001.
  • Francis DEMIER, La France du XIXe siècle, Paris, Le Seuil, coll. « Points Histoire », 2000.
  • François FURET, La Révolution, 1780-1880, Paris, Hachette, 1988, rééd. coll. « Pluriel », 1992.
  • Evelyne LEVER, Louis XVIII, Paris, Fayard, 1988.
  • Emmanuel de WARESQUIEL et Benoît YVERT, Histoire de la Restauration : naissance de la France moderne, Paris, Perrin, 1996.

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