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Le tombeau du maréchal Foch aux Invalides

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Tombeau du maréchal Foch.

© ADAGP © Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Caroline Rose

Agrandissement

Titre : Tombeau du maréchal Foch.

Auteur : Paul LANDOWSKI (1875-1961)
Technique et autres indications : bronze, fonte (alliage).
Lieu de Conservation : Hôtel des Invalides (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 06-505721

  Contexte historique

La patrie en deuil

La mort du Maréchal Foch clôt une partie de l’histoire de la Grande Guerre. Disparu le 20 mars 1929, ses funérailles furent l’occasion d’une grande cérémonie nationale. La dépouille du Maréchal de France fut déposée sous l’Arc de Triomphe, sous lequel brillait déjà depuis 1923 la flamme du Souvenir incrustée dans la Tombe du Soldat inconnu, corps martyr et symbolique des disparus de la Grande Guerre. La dépouille de Foch fut ensuite transférée en l’église Saint Louis, où elle demeura jusqu’à sa translation en 1937 dans l’enceinte des Invalides, ancien asile créé pour les invalides de l’Armée sous Louis XIV devenu nécropole militaire. Dans ce cadre prestigieux et honorifique, le corps de Foch a rejoint celui des grands chefs militaires depuis la période monarchique. Installé sous la Coupole, dans une chapelle, elle fait partie de l’ensemble des tombeaux élevés pour plusieurs commandants en chef de la Première Guerre Mondiale : Foch, Lyautey, Nivelle et Mangin. Ces tombeaux des grands militaires représentent, la part la plus exceptionnelle des monuments funéraires et commémoratifs de la Grande Guerre. Objet de recueillement, ce tombeau est un objet unique qui témoigne de la stature héroïque du personnage militaire et maréchal de France, Ferdinand Foch.

  Analyse de l'image

Un tombeau historique

Le tombeau qui sert d’écrin à la dépouille du Maréchal de France Ferdinand Foch est l’œuvre de Paul Landowski, sculpteur officiel très réputé de l’entre-deux-guerres, membre de l’Académie des Beaux-Arts, et directeur de l’Académie de France à Rome depuis 1933. Réalisée en 1937, cette œuvre à vocation funéraire et commémorative appartient à la statuaire publique dédiée aux grands hommes de la nation. Landowski a choisi de créer un tombeau de caractère narratif, qui met en association le défunt avec son histoire. De façon réaliste, l’artiste a représenté le corps sans vie de Foch porté par des poilus de la Grande Guerre, dans une forme de procession laïque et militaire qui précède la mise en terre. La massivité des corps, renforcée par l’utilisation du bronze, donne un caractère pérenne à l’ensemble de la représentation. Elle se distingue par son caractère particulièrement solennel, évoquant tout à la fois le respect du aux morts et la grandeur du défunt. Sans idéalisation, l’héroïsme de Foch est mis en exergue au travers de sa stature de chef militaire d’exception. Cette partie en ronde-bosse ne représente cependant qu’une partie de la sépulture. Le cercueil en lui-même, au-dessous, est décoré de scènes militaires de bataille. Elles évoquent les procédés narratifs en frise existant dans la statuaire funéraire gréco-romaine. La complexité du tombeau de Foch contraste avec d’autres formes de tombeaux ne portant aucune représentation historiée, à l’instar de celui du grand ami de Foch, le Maréchal Lyautey, ou encore de celui plus célèbre de Napoléon Ier.

  Interprétation

Aux hommes illustres : la nécessité de l’hommage

La nation, pour célébrer ses hommes illustres, peut choisir de donner leurs noms à des avenues, des bâtiments, et de leur élever une statue ou un monument. Les grands chefs militaires de la Grande Guerre n’ont pas manqué à cette politique de l’hommage public, très largement affectionné par la Troisième République. Héros et hommes d’exception, ils représentent des exemples à suivre et incarnent des idéaux de réussite. Tout le talent d’un statuaire est sans doute de retranscrire et d’évoquer les traits de caractère et de bravoure qui ont distingué ces hommes parmi leurs contemporains. Il existe de nombreuses statues et monuments élevés à la mémoire du Maréchal Foch, dont l’une se trouve à Rethondes où fut signé l’armistice. Le tombeau de Foch, qui se situe dans le cœur des Invalides, est d’une autre nature. Il se présente tout à la fois comme un monument de commémoration national et individuel. Paul Landowski est parvenu par le choix d’une représentation réaliste et historiée à faire valoir la dimension de rigueur militaire, de respect du protocole et de droiture volontaire unanimement reconnus comme les grandes qualités de l’homme de guerre. Placé dans le cadre privilégié et exceptionnel des Invalides, ce tombeau ne peut pas être à proprement considéré comme un monument aux morts de la Grande Guerre, à l’image de ceux élevés sur le territoire national en commémoration du sacrifice des simples soldats sur l’autel de la Patrie. A leur différence, il n’est pas le point de ralliement lors des cérémonies commémoratives du 11 novembre, telles que celles ayant lieu sur la tombe du soldat inconnu, sous l’arc de triomphe. En étant la tombe du maréchal, cette sculpture funéraire est un hommage de dimension nationale et intime.

Auteur : Claire MAINGON


Bibliographie

  • Jean AUTIN, Foch ou le triomphe de la vérité , Paris, éd. Perrin, 1987.
  • Paul Landowski, la pierre d’éternité, Catalogue de l’exposition, Péronne, Historial de la Grande Guerre, 2 mars – 25 avril 2004.
  • Jean d’ESME, Foch , Paris, éd. Hachette, 1951.
  • Alphonse-Louis GRASSET, Foch ou la volonté de vaincre, Paris, éd. Berger-Levrault, 1964.
  • Michèle LEFRANÇOIS, Paul Landowski (1875-1961), Catalogue raisonné de l’œuvre sculpté, thèse en deux volumes, 1993-1994.
  • Maxime WEYGAND, Foch, Paris, éd. Flammarion, 1951.
  • Pierre VALLAUD, 14-18, la Première Guerre mondiale, tomes I et II, Paris, Fayard, 2004.

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