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Conseil économique du travail

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Conseil économique du travail

© CIRIP - Photo Alain GESGON - Tous droits réservés

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Titre : Conseil économique du travail

Auteur : Félix DOUMENQ
Date de création : 1919
Dimensions : Hauteur 160 cm - Largeur 120 cm
Lieu de Conservation : CIRIP/Gesgon (Paris)

  Contexte historique

Pour une démocratie économique
Lors du premier conflit mondial, la CGT se révèle un partenaire efficace de l'Union sacrée. Forte de cette expérience et des points marqués en sa faveur, elle se réclame, en 1918, d'une « politique de présence dans les affaires de la Nation » (L. Jouhaux). Son programme minimum avance alors l'idée d'un « droit social » de la nation sur les branches de la production et de l'économie. Il appelle à la constitution de « monopoles d'Etat », au développement d'une « gestion autonome » et à la mise en place d'un conseil économique du travail (CET) où les organisations syndicales seraient représentées et qui devrait « déterminer les règles générales de la démobilisation et les conditions de la reprise économique ».

  Analyse de l'image

Les moyens d'un monde nouveau
Depuis 1910, Félix Doumenq est le secrétaire de la Fédération nationale des dessinateurs de France. L'affiche qu'il réalise en 1919 pour la CGT s'inscrit dans la campagne en faveur de ce conseil. Des mains vieillies émergeant de costumes de drap et de chemises blanches s'agrippent aux richesses naturelles de la nation, figurée par un fleuve qui se jette dans la mer. Ce sont celles des « intérêts particuliers », du « capital », des « trusts internationaux » et des « profiteurs ». La CGT les relègue d'un geste léger dans les ténèbres du passé. Elle porte le regard haut et arbore un blason au nom de ses alliés : fédération nationale des coopératives, des fonctionnaires (exclus du droit syndical jusqu'en 1924) et union syndicale des techniciens de l'industrie, du commerce et de l'agriculture. Vêtue de blanc et drapée dans une tenture rouge qui fut, hier, un drapeau, elle repose sur une demi-sphère qu'elle protège, aussi bien. S'y inscrit l'organigramme du CET avec ses acteurs et ses champs d'intervention, pour certains extérieurs à la pratique syndicale d'avant guerre ; ainsi, le « cadre de la vie sociale », l'enseignement ou les régions dévastées.

  Interprétation

Figurer le syndicat
Pour figurer le syndicat, Félix Doumenq mobilise et mêle ici les symboliques républicaine et ouvrière constituées dans le courant des années 1880. La CGT est représentée par une allégorie féminine aux allures de Marianne. A l'image de ses homologues radicales étudiées par Maurice Agulhon, celle-ci porte un bonnet phrygien qui laisse échapper ses cheveux défaits, et l'un de ses seins est dénudé. L'autre est masqué par une écharpe rouge, et rouge est la tenture qui sépare hier de demain. Ces deux symboliques sont à ce point saturées de sens que leur mobilisation conjointe ne suffit pas à donner le sens voulu sans ambiguïté. Faute de codes convenus pour figurer le syndicat, Doumenq doit recourir à un surlignage littéral. Le sigle CGT, en lettres d’un rouge plus foncé que celui de l'écharpe, permet seul de discriminer cette figure de celle de la République sociale et de dire le syndicat sans ambiguïté.

Auteur : Danielle TARTAKOWSKY


Bibliographie

  • Maurice Agulhon et Pierre Bonte, Marianne, les visages de la République, Paris, Gallimard, coll. « Découvertes », 1992.
  • Jean-Louis Robert, « De la guerre au congrès de Tours, 1914-1920 » in Claude Willard (dir.), La France ouvrière, Editions de l'Atelier, tome I, p. 411-455.
  • Affiches et luttes syndicales de la CGT, Chêne, 1985.

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