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La majorité du Prince impérial

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La majorité du Prince impérial.

© Photo RMN-Grand Palais - F. Raux

Agrandissement - Zoom

Titre : La majorité du Prince impérial.

Auteur : Eugène APPERT (1831-1890)
Date de création : 1874
Date représentée : 1874
Dimensions : Hauteur 15.5 cm - Largeur 22.2 cm
Technique et autres indications : Photomontage avec photographie sur papier albuminé
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Compiègne (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 04-506388 NU / IMP 4

  Contexte historique

En 1870, la défaite de la France impériale face à la Prusse avait totalement discrédité le parti bonapartiste, mais la république, proclamée le 4 septembre 1870 à l’annonce du désastre de Sedan, était loin d’être affermie sur ses bases. Les élections de février 1871 donnèrent une majorité de deux tiers aux partis monarchistes. Elles signifiaient le retour en force des légitimistes, qui incarnaient la France rurale et ultramontaine, ainsi que des orléanistes, héritiers des « dynasties bourgeoises ». Les républicains étaient minoritaires. Les bonapartistes n’avaient remporté qu’une vingtaine de sièges, ce qui rendait bien improbable tout « retour de l’île d’Elbe » pour Napoléon III, dont la déchéance avait d’ailleurs été votée le 1er mars 1871, et bien hypothétique la restauration de l’empire. Le pays avait opté pour la république conservatrice de Thiers, qui assurait l’ordre et la paix. Adolphe Thiers n’en faisait pas moins surveiller Chislehurst, la résidence anglaise du monarque déchu, où des policiers français rôdaient, tentant d’interroger les domestiques, notant les moindres mouvements des souverains, se renseignant sur l’état de santé de Napoléon III. Avec la mort de l’empereur, survenue le 9 janvier 1873, le parti bonapartiste put désormais considérer le fils de Napoléon et d’Eugénie comme le prétendant légitime au trône impérial.

Depuis 1872, le prince impérial était inscrit à l’Académie militaire de Woolwich. Il se destinait en effet à l’artillerie, l’arme dans laquelle avait débuté son grand-oncle Napoléon Ier. La mort de son père lui donna pleine conscience de ses nouvelles responsabilités. Il se mit à travailler avec acharnement et, en 1875, il sortit de Woolwich classé septième sur 34 à l’examen final.

Le 16 mars 1874, ayant atteint l’âge de 18 ans, le prince impérial fut déclaré majeur selon les constitutions de l’Empire, toujours en vigueur puisque le plébiscite de 1870 n’avait jamais été annulé. Il pouvait désormais se consacrer pleinement à son rôle de prétendant au trône impérial.

  Analyse de l'image

Les partisans du prince impérial étaient bien décidés à célébrer avec faste son accession à la majorité. Le duc de Padoue avait orchestré la cérémonie et s’était dépensé sans compter pour faire imprimer et diffuser massivement des biographies retraçant les grandes étapes de la vie du fils de Napoléon III.

Si la tente et l’estrade que montre ce cliché sont bien celles que l’on avait dressées pour la circonstance devant le manoir de Camden Place, les participants qui y figurent sont eux des rajouts photographiques, découpés à partir de négatifs sur papier ou sur plaque de verre, détourés et remontés en atelier. Il s’agit donc en réalité non d’un instantané, mais d’un photomontage destiné à être largement répandu dans des formats identiques ou réduits. À ce titre, il constitue un parfait exemple de la photographie de propagande, qui n’hésite pas à recourir au trucage.

  Interprétation

Pour célébrer l’anniversaire du prince impérial, 8 000 Français ainsi que des milliers d’Anglais firent le déplacement à Chislehurst, où une grande manifestation était prévue. Ils y retrouvèrent les plus fidèles soutiens de l’impératrice et de son fils : le duc de Bassano, les Conneau père et fils, la maréchale Canrobert, la duchesse de Malakoff… À Paris, la propagande bonapartiste redoubla. Par milliers furent distribuées des images représentant le prince et l’empereur, ou bien Napoléon IV porté sur un bouclier que soutenaient un ouvrier, un paysan et un bourgeois en redingote, ou bien encore le prince tenant d’une main le drapeau tricolore, l’autre étant posée sur l’urne du suffrage universel. Trois millions de cartes de visite de Napoléon IV, portant la devise « Tout pour le peuple et par le peuple », furent largement diffusées. Elles étaient gommées pour être facilement collées sur les murs. On répandit à profusion dans les campagnes des photographies du prince impérial et de l’empereur, se profilant sur les visages estompés de Napoléon Ier et du roi de Rome. D’après le Times, on parlait plus que jamais de l’empire et du prince impérial dans la capitale française. Le matin du 14 mars, la gare Saint-Lazare grouillait de voyageurs de toutes conditions qui arboraient des violettes à la boutonnière – la violette est la fleur symbole du bonapartisme – et qui assaillaient le train en partance pour Londres. À la gare du Nord, l’animation était identique. Arrivés en Angleterre, les admirateurs du prince impérial étaient acheminés à Chislehurst par trains spéciaux. Dans les grandes gares londoniennes étaient placardées des affiches bilingues bleu, blanc, rouge, qui proclamaient : « Lundi 16 mars - Majorité du Prince impérial. » La gare de Chislehurst était pavoisée de drapeaux tricolores. Les cloches de l’église sonnaient à toute volée.

Le discours que le prince impérial prononça après la messe donna aux participants la conviction que Napoléon IV était désormais prêt pour l’action. Sur le plan politique, il s’agissait pour lui de concilier les conceptions personnelles d’un esprit de 20 ans ouvert sur l’avenir avec les impératifs napoléoniens qui avaient donné ses structures à la France moderne. Ainsi était-il favorable à l’égalité de tous les citoyens face au service militaire et à la suppression du tirage au sort et du remplacement. Il souhaitait également poursuivre la décentralisation amorcée par l’empire libéral en créant dix-huit régions, chacune votant son budget. Quant à la République balbutiante, il pensait qu’elle s’effondrerait d’elle-même et que la restauration de l’empire par les voies parlementaires était chose possible. Le bonapartisme conservait en effet des sympathies dans les campagnes, l’armée, l’administration, la magistrature. Après sa longue traversée du désert consécutive à la défaite de 1870, il remportait enfin des succès électoraux comme, par exemple, l’élection dans la Nièvre, le 24 mai 1874, d’un ancien écuyer impérial, le baron de Bourgoing. Des orléanistes aux républicains modérés, les opposants à l’empire se réunirent, pour enrayer le péril du bonapartisme renaissant, dans la fameuse « conjonction des centres » qui aboutit à l’adoption des lois constitutionnelles de 1875, véritable acte fondateur de la IIIe République.

Auteur : Alain GALOIN


Bibliographie

  • Catalogue de l’exposition Le Prince impérial, 1856-1879, Paris, Musée de la Légion d’honneur, 1979-1980.
  • Jean-Marie MAYEUR, Les Débuts de la IIIe République (1871-1898), Paris, Le Seuil, 1973.
  • L’Invitation au musée : À l’aube de la photographie, les portraits de Napoléon III et de la famille impériale dans les collections du château de Compiègne, Catalogue de l’exposition au musée national du Château de Compiègne, 1998.

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