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La Vérité amène la République et l'Abondance.

© Photo RMN-Grand Palais - M. Bellot

Agrandissement - Zoom

Titre : La Vérité amène la République et l'Abondance.

Auteur : Nicolas de COURTEILLE (1768-1830)
Date de création : 1793
Dimensions : Hauteur 85 cm - Largeur 111 cm
Technique et autres indications : Hulie sur toile.
Lieu de Conservation : Musée de la Révolution française, Vizille (Vizille) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 94CE52784 / Inv.1994-41

  Contexte historique

Le 21 septembre 1792, la Convention nationale, constituée la veille à la suite des premières élections législatives au suffrage universel, s’est réunie pour la première fois et a déclaré l’abolition de la monarchie. Le lendemain la République est proclamée. L’abbé Grégoire, chargé dans la foulée d’un rapport sur les sceaux de la République, propose que la Liberté soit officiellement adoptée comme symbole de la France, « afin que nos emblèmes circulant sur le globe, présentassent à tous les peuples les images chéries de la Liberté et de la fierté républicaines ». L’incarnation de la République va dès lors progressivement se confondre avec la déesse de la Liberté qui avait jusqu’alors dominé le répertoire symbolique révolutionnaire.

  Analyse de l'image

La triade républicaine occupe le centre de la composition. La Vérité se dévoile, mais le soleil qui traditionnellement l’accompagne est remplacé par l’œil de la Vigileance, car cette Vérité est contemporaine de la Terreur plus que des Lumières. A droite, l’Abondance se reconnaît à la corne d’Amalthée qu’elle tient de la main gauche et d’où s’épanchent fruits et épis de grains. La République est désignée à gauche par le faisceau surmonté du bonnet rouge et la feuille déroulée de la Déclaration des Droits de l’homme, qui étaient encore récemment associés à la Liberté ; elle a chassé le Fanatisme et la Royauté, les deux silhouettes frappées par la foudre qui s’enfuient vers l’horizon embrasé à l’extrême gauche. A droite de la composition est Diogène, philosophe de l’Antiquité dont les révolutionnaires ont fait un héros du peuple. Il éteint la lanterne avec laquelle il cherchait l’homme véritable, car l’apparition de la Vérité a mis fin à sa quête.

  Interprétation

Présentée au Salon de 1793, soit un an après la proclamation de la République, l’allégorie de Courteille veut être l’expression du nouveau régime : son articulation symbolique signifie que politique (République) et économie (Abondance) doivent découler de la philosophie (Vérité). Cependant, la destinée du tableau révèle le caractère transitoire de la symbolique révolutionnaire. Dans le livret du Salon de 1793 son titre désigne la figure de gauche comme étant la Liberté. Quelques mois plus tard, lors de la présentation du tableau au concours de l’an II décrété par la Comité de Salut public de la Convention (printemps 1794), la même figure est identifiée à l’Égalité, dénomination surprenante si l’on considère l’absence du symbole consacré à cette divinité par les iconologistes révolutionnaires : le niveau du charpentier. Sans doute l’évolution politique a-t-elle pris de court l’artiste qui n’aura eu ni le temps ni les moyens de composer un nouveau tableau pour le concours officiel. En la circonstance, la feuille déroulée par la figure pouvait faire allusion à la Déclaration des droits de l’homme de 1793, et de fait, passer pour le symbole par défaut de l’Égalité, le premier des droits de l’homme proclamé dans cette nouvelle version de la Déclaration. Mais l’approximation de cette tentative d’ajustement sémantique trahit en définitive les faiblesses d’un langage visuel qui évolue moins vite que les discours ; elle montre aussi les limites d’un art qui peine à suivre les évènements.

Auteur : Mehdi KORCHANE


Bibliographie

  • Maurice AGULHON, Marianne au combat. L’imagerie et la symbolique républicaines de 1789 à 1880, Paris, Flammarion, 1979.
  • Philippe BORDES et Alain CHEVALIER, Catalogue des peintures, sculptures et dessins. Musée de la Révolution française, Vizille, 1996.
  • Ernst GOMBRICH, « Le Rêve de la Raison : le symbolisme de la Révolution française », Revue FMR, VI, n° 21, 1989, p. 1-24.
  • Annie JOURDAN, « L’allégorie révolutionnaire de la liberté à la république », Dix-huitième siècle, n°27, 1995, p. 503-532.
  • Jules RENOUVIER, Histoire de l’art pendant la Révolution, Paris, Renouard, 1863.

Commentaires

Ayant publié chez CNRS Editions Les Emblèmes de la République, préface d'Alain Corbin, je soulignerais qu'il n'existait pas dans la panoplie iconographique utilisée du XVI au XVIIIe siècle (de Cesare Ripa à Bernard de Montfaucon, etc.) de représentation allégorique de la République. Force fut de prendre une autre allégorie, qui fut donc celle de la Liberté.Bernard RICHARD
Champlay
Par Champlay le 22/03/12 à 23h08 - #639
c'est bon j'ai trouver merci mais en faite c'est écrit !!
et surtout bravo a celui qui a crée ce site toute mes félicitations =)
Jadou4ieme
Par Jadou4ieme le 12/03/13 à 16h42 - #1363

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