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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Almanach des postes et des télégraphes. 1898. La sculpture au Salon

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Almanach des postes et des télégraphes. 1898. La sculpture au Salon.

© Photo RMN-Grand Palais

Agrandissement - Zoom

Titre : Almanach des postes et des télégraphes. 1898. La sculpture au Salon.

Auteur : ANONYME
Date de création : 1897
Date représentée : 1897
Dimensions : Hauteur 20.7 cm - Largeur 26.3 cm
Technique et autres indications : Typogravure sur papier (collé en plein) et carton
Gravé par Huyot (signature en bas à droite)
Edité à Rennes chez Oberthur
Lieu de Conservation : MuCEM (Marseille) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 01.2.20 / Inv: 993.2.354 B

  Contexte historique

Objet de la vie courante, le calendrier scande le temps. Accroché au mur, il est le support du quotidien et décore les intérieurs. Placé bien en vue, il transmet souvent de façon diffuse les idéologies de son temps.
Depuis le XVIe siècle, les almanachs ont été illustrés de nombreux thèmes décoratifs, politiques, événementiels… Ils renvoient tous à une époque, à un goût, à l'histoire.
L'année 1898 a pour illustration un Salon de beaux-arts, très prisé au XIXe siècle. Des visiteurs s'attardent devant une sculpture, qui représente Vercingétorix. Derrière lui se profile une statue de Jeanne d'Arc.

  Analyse de l'image

Le Vercingétorix d'Aimé Millet est l'une des représentations fondatrices du stéréotype “ nos ancêtres les Gaulois ” des manuels d'histoire.
A partir de la seconde moitié du XIXe siècle, la notoriété du chef gaulois va se répandre et impressionner l'imagination populaire pendant un siècle. C'est après la guerre de 1870 qu'il sera présenté comme le premier héros de la résistance française et placé parmi les héros-martyrs de la nation au même titre que Jeanne d'Arc. La République diffusera leurs images et construira leurs légendes sur leurs vertus morales.
Quant à la statue, commandée à l'origine par Napoléon III pour commémorer la première union impériale, elle s'est vu attribuer un rôle différent au fil des expositions et de la diffusion de ses représentations. Le vainqueur d'Alésia est ainsi devenu le frère lointain des grandes figures qui ont jalonné l'histoire, de la IIIe à la Ve République.

Le personnage surgit à une époque de redécouverte du passé national, qui remplace l'Antiquité gréco-romaine choisie comme support idéologique par la Révolution française et Napoléon Ier. C'est en 1828 que Vercingétorix apparaît pour la première fois dans l'Histoire des Gaulois d'Amédée Thierry. Dix ans après, Henri Martin en fait un héros national dans son Histoire de France. Il écrit ensuite un drame historique qu'il met en scène l'année même de la présentation de la sculpture de Millet au Salon, témoignage de l'intérêt général pour ce nouveau “ héros populaire ”. La question de la séparation de l'Eglise et de l'Etat va aussi renforcer le mythe en faisant de Vercingétorix le père fondateur d'une France laïque, alors que la tradition dynastique faisait commencer l'histoire du pays au baptême de Clovis.
A partir de 1875, L'Histoire de France populaire illustrée de Martin élargit sa diffusion jusqu'à devenir massive grâce au “ petit Lavisse ”. La vulgarisation historique fondée sur un répertoire de rôles exemplaires tels que celui de Vercingétorix aura un impact puissant sur l'inconscient collectif et fera l'éducation politique et patriotique des générations suivantes.

  Interprétation

La Sculpture au Salon, illustration anodine d'un objet du quotidien, laisse entrevoir la force de l'impact de l'image sur l'imaginaire. Trace d'un événement marqué dans le temps (le Salon), elle véhicule une idéologie républicaine et laïque acquise à travers le temps et dont le référent (la figure de Vercingétorix) s'est fossilisé comme référence inconsciente et collective, procédant d'un automatisme récurrent.
Quant au support – le calendrier –, il est par sa fonction éphémère (un an) et cependant reste un objet de mémoire. Il est conservé, parfois chéri pour les moments qu'il rappelle, et sa neutralité n'est qu'apparente. Frédéric Maguet le souligne avec justesse : “ [Il a] une emprise sur la durée, sur la succession des événements, ces moments saillants de l'histoire des hommes. ”

Auteur : Nathalie JANES


Bibliographie

  • Maurice AGULHON, “ La statuomanie et l'histoire ”, Ethnologie française, 1978, p. 145-172.
  • Maurice AGULHON, “ Le mythe gaulois ”, Ethnologie française, 1998, p. 296-302.
  • Christian AMALVI, “ Les représentations du passé national dans la littérature de vulgarisation catholique et laïque (1870-1914) ”, Usages de l'image au XIXe siècle, ouvrage collectif, Paris, Créaphis, 1992, p. 68-75.
  • Colette BARBE, Les Almanachs du XIXe siècle, Nancy, Berger-Levrault, 1985.
  • Alain DUVAL et Christiane LYON-CAEN, Vercingétorix et Alésia, Musée national des Antiquités nationales, Saint-Germain-en-Laye, 29 mars-18 juillet 1994, Paris, RMN, 1994.
  • Jean GABUS, L'Objet témoin, les références d'une civilisation par l'objet, Neuchâtel, Ides et Calendes, 1975.
  • Christian GOUDINEAU, Le Dossier Vercingétorix, Paris, Actes Sud-Errance, 2001.
  • Frédéric MAGUE, Les Temps de la vie, Musée national des Arts et Traditions populaires, Paris, 24 février-25 septembre 1995, Paris, RMN, 1995.
  • Anne PINGEOT, “ Les Gaulois sculptés 1850-1914 ”, Actes du colloque international de Clermont-Ferrand, 23-25 juin 1980, Clermont-Ferrand, Université de Clermont-Ferrand, 1982, p. 255-282.
  • André SIMON, Vercingétorix : héros républicain, Paris, Ramsay, 1996.

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