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Gaston Maspéro.

© Photo RMN-Grand Palais (Institut de France) - Gérard Blot

Agrandissement

Titre : Gaston Maspéro.

Auteur : Eugène PIROU (1841-1909)
Dimensions : Hauteur 20 cm - Largeur 15 cm
Technique et autres indications : Epreuve photographique sur papier argentique contrecollée sur carton.
Lieu de Conservation : Bibliothèque de l'Institut (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : inv. 4°AA257-Page18recto / 07-522401

  Contexte historique

Garder un Français à la tête du Service des antiquités de l’Égypte

En 1880, l’état de santé du Français Auguste Mariette, directeur du Service des antiquités de l’Égypte et conservateur du musée de Boulaq au Caire, est si dégradé que Paris s’inquiète de la possible perte, au profit de l’Allemagne ou de l’Angleterre, d’une telle influence culturelle dans un pays à la situation stratégique.

Le cabinet du ministre de l’Instruction publique Jules Ferry demande alors au professeur d’égyptologie Gaston Maspero (1846-1916) de « dresser le plan d’une école scientifique orientale dont le siège serait au Caire, d’en réunir les éléments et de partir sans retard pour l’Egypte, afin d’appuyer Mariette car si celui-ci venait à mourir et était remplacé par un étranger, la direction du Service officiel des fouilles échapperait à la France ».

  Analyse de l'image

Portrait d’un grand scientifique et administrateur

Photographe officiel des sommités politiques et culturelles françaises (de la présidence de la République, de l’Institut de France…) et pionnier du cinéma, Eugène Pirou tire aussi les portraits d’un grand nombre de célébrités de la IIIe République. Il a une prédilection pour des clichés où le personnage apparaît de face, centré et quelque peu tronqué.

Son portrait de Maspero, apparaissant modeste et sérieux dans sa tenue sobre, correspond à l’image d’un professeur de la IIIe République et ferait oublier que ce brillant égyptologue était devenu à seulement 23 ans enseignant à la jeune École pratique des hautes études et à 27 ans professeur au Collège de France.

Né à Paris de parents italiens, Maspero est un républicain convaincu qui se fait naturaliser français après avoir combattu comme garde mobile français contre les Allemands autour de Paris en 1870.

  Interprétation

Mariette et l’Institut français d’archéologie orientale du Caire

Ayant sans doute projeté, comme les frères Charmes – Gabriel (1850-1886), journaliste, et Auguste (1849-1919), académicien –, de créer dès les années 1870 une mission française permanente en Égypte, Maspero (par l’entremise de Gabriel Charmes) accepte en novembre 1880 de rédiger un projet d’établissement pour le ministère de l’Instruction publique, alarmé par le mauvais état de santé de Mariette.

Sans plus attendre, le ministre Jules Ferry signe le 28 décembre suivant le décret instituant « une mission permanente, sous le nom d’École française du Caire ». Dès le 5 janvier, Maspero et l’architecte arabisant Bourgeois sont au Caire où Mariette décède le 21.

D’Égypte, Maspero établit le plan d’organisation de la mission. Chargé d’en faire le rapport au ministère, l’éminent orientaliste Auguste Renan soutient ce « grand khan » scientifique qui va œuvrer au Caire, « centre de la branche la plus féconde de l’archéologie orientale ».

Les décrets d’institution ne sont toutefois publiés qu’en 1898 et 1913. Devenu alors « Institut français d’archéologie orientale du Caire » (I.F.A.O.), l’établissement a « pour objet de favoriser toutes les études, explorations et fouilles relatives aux civilisations qui se sont succédé en Egypte et dans les régions voisines ». Il abrite de jeunes scientifiques en pension et des artistes orientalistes.

Dépourvu de véritable statut, manquant de personnel et de crédits, l’I.F.A.O. connaît des débuts difficiles. L’instabilité du pays interdit de fouiller, mais l’étude de l’épigraphie est florissante – Maspero découvre d’ailleurs en 1880 les textes des pyramides, les plus anciens récits funéraires connus –, pour la publication desquels est créée dans l’École la première imprimerie orientaliste.

En 1881, Maspero réussit à succéder à Mariette à la direction du Service des antiquités, qu’il dote d’une véritable administration. Au cours de sa carrière, il effectue d’importantes fouilles à Saqqarah et à Deir el-Bahari (où est découverte une cachette de momies royales) et dirige les désensablements du Sphinx de Gizeh et du temple de Louqsor. Il entreprend également l’étude de la Nubie.

Conservateur à la suite de Mariette du musée d’Archéologie égyptienne de Boulaq au Caire, il réalise le projet de son prédécesseur de construire un plus vaste musée au centre de la capitale, qu’il inaugure en 1903.

En 1886, Maspero rentre en France, mais, en 1899, devant la possible mainmise anglaise sur le Service des antiquités de l’Égypte, il en redevient le directeur jusqu’en 1914. Il est alors remplacé par le Français Pierre Lacau (1873-1963), qui dirigeait depuis 1912 l’I.F.A.O. La suprématie de la France en Égypte est pour un temps assurée.

Auteur : Guillaume NICOUD


Bibliographie

  • Jean VERCOUTTER (dir.), Livre du centenaire : 1880-1980 / Institut français d’archéologie orientale du Caire, Le Caire, I.F.A.O., 1980.
  • Élisabeth DAVID, Gaston Maspero 1846-1916. Le gentleman égyptologue, Paris, Pygmalion, 1999.
  • Gaston MASPERO, Lettres d’Égypte. Correspondance avec Louise Maspero [1883-1914], Paris, Le Seuil, 2003.

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