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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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L'exécution de Marie-Antoinette

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Marie-Antoinette conduite à son exécution le 16 octobre 1793.

© Musée de la Révolution française, Vizille, Photo RMN-Grand Palais - M. Bellot

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Titre : Marie-Antoinette conduite à son exécution le 16 octobre 1793.

Auteur : William HAMILTON (1751-1801)
Date de création : 1794
Date représentée : 16 octobre 1793
Dimensions : Hauteur 152 cm - Largeur 197 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée de la Révolution française, Vizille (Vizille) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 94CE2086/ Inv.1994-17

  Contexte historique

Depuis sa fuite et son arrestation à Varennes en juin 1791, le sort de la famille royale était en suspens. La journée insurrectionnelle du 10 août 1792 allait sceller tragiquement son avenir. Louis XVI, reconnu coupable d’intelligence avec les puissances étrangères, est exécuté le 21 janvier 1793. Enfermée à la prison du Temple avec ses enfants et sa belle-sœur, Marie-Antoinette redoute ce qui l’attend, même si pendant le procès du roi le sort des autres membres de la famille royale n’a pas été envisagé. Alors que les difficultés intérieures et extérieures menacent de renverser la jeune République, Marie-Antoinette, symbole de l’Ancien Régime et incarnation du mal pour une Révolution tentant d’édifier une ère nouvelle, est transférée à la Conciergerie. Le 3 octobre, la Convention décide de la traduire devant le Tribunal révolutionnaire. Le 15, au terme d’un procès expéditif, elle est condamnée à la peine de mort pour crime de haute trahison. Elle est exécutée le 16 octobre à midi un quart.

  Analyse de l'image

Marie-Antoinette apparaît au centre du tableau dans un déshabillé de piqué blanc et coiffée d’un petit bonnet de linon. Cet habit angélique est rehaussé par un éclairage lumineux et contraste avec les vêtements sombres de ceux qui l’entourent. Son attitude est pleine de dignité, toute à ses prières les yeux levés vers le ciel. Elle part pour l’échafaud. L’encadrent Henri Sanson, le bourreau, qui lui lie les mains, et le prêtre constitutionnel – étrangement vêtu comme un prêtre anglican – qu’elle feint d’ignorer et à qui elle a refusé de se confesser. Autour de ce triptyque central, un groupe de soldats assiste à la scène et retient les manifestations bruyantes d’une foule de révolutionnaires composée de poissardes et de sans-culottes grotesques. Derrière eux, d’autres soldats apparaissent amenant avec eux la charrette qui doit mener la condamnée à la guillotine, place de la Révolution. L’exubérance de la foule contraste avec le comportement figé et solennel de la reine, en particulier la poissarde dont les bras levés et nus renvoient aux mains liées de la condamnée, victime passive plus que véritable coupable. Marie-Antoinette représente l’offrande de la république aux passions exacerbées de la foule révolutionnaire.

  Interprétation

Ce tableau, contemporain de l’événement qu’il retrace, est à rapprocher de l’iconographie hagiographique d’inspiration royaliste qui envahit alors le marché anglais et européen. Cette production sentimentale met en avant la beauté, la jeunesse et l’innocence de la reine, et s’attache surtout, à la différence du tableau d’Hamilton, à représenter son exécution. Ainsi, une gravure publiée à Londres par Sayers le 2 janvier 1794 (Anonyme, The Death of Marie-Antoinette, Paris, Bibliothèque nationale, collection De Vinck 5471) précise dans sa lettre que : « La belle Princesse […] conserva toujours sa dignité d’esprit naturelle et elle monta sur l’échafaud avec fermeté en regardant calmement autour d’elle. Quand elle vit l’instrument fatal, elle changea un peu de contenance, mais elle retrouva rapidement sa sérénité antérieure. L’exécuteur l’attacha immédiatement à la planche et le croissant ayant été placé sur son cou, la hache tomba et, en un instant, sépara la tête du corps. » Ces estampes, comme le tableau d’Hamilton rapidement gravé, servent à soulever l’émotion et à impressionner la sensibilité populaire anglaise et européenne. A l’inverse, l’iconographie révolutionnaire française représentera la mort de la reine comme le début d’une ère nouvelle d’égalité politique.

Auteur : Pascal DUPUY


Bibliographie

  • Jacques REVEL, Mona OZOUF, « Marie-Antoinette », « procès du roi » in François FURET et Mona OZOUF, Dictionnaire critique de la Révolution française, Paris, Flammarion, 1988, rééd . coll. « Champs », 1992.
  • Evelyne LEVER, Marie-Antoinette, Paris, Fayard, 1986.
  • Claudette HOULD, L’Image de la Révolution française, Musée du Québec, Les Publications du Québec, 1989.
  • Collectif, Catalogue des peintures, sculptures et dessins, Vizille, Musée de la Révolution française, 1986.

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