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Les inondations de 1910 (2 études)

Souvenir des inondations de Paris 1910.
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Jean-Bertrand PÉGOT-OGIER

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Souvenir des inondations de Paris 1910

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Souvenir des inondations de Paris 1910.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

Agrandissement - Zoom

Titre : Souvenir des inondations de Paris 1910.

Auteur : Jean-Bertrand PÉGOT-OGIER (1877-1915)
Dimensions : Hauteur 48.5 cm - Largeur 64 cm
Technique et autres indications : Lithographie.
Lieu de Conservation : MuCEM (Marseille) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 04-509834 / 2002.11.1 D

  Contexte historique

L’inondation de 1910

De fortes pluies s’abattent sur le bassin parisien du 28 octobre au 9 décembre 1909 ; puis du 15 au 31 décembre 1909. Les sols sont saturés d’eau et les très fortes précipitations (neige et pluie) du 9 au 20 janvier 1910 entraînent une crue record de la Seine et de certains de ses affluents. Du 20 au 28 janvier, les eaux ne cessent de monter, atteignant 8,62 mètres à Paris (jusqu’à la barbe du Zouave du Pont de l’Alma), soit 6 mètres au-delà de la cote d’alerte. 500 hectares sont inondés au centre de Paris, ainsi que de nombreuses communes de proche banlieue. Dans la capitale, 20 000 immeubles sont touchés et 150 000 habitants sont sinistrés. La ville est paralysée : on ne peut se déplacer qu’en barque, le métro, les trains et les usines cessent de fonctionner. La lente décrue, qui dure 35 jours, révèle des dégâts considérables.

  Analyse de l'image

Un diplôme pour les marins bretons de Paris

L’image intitulée Souvenir des inondations de Paris 1910 est une lithographie réalisée en 1910 par Jean Bertrand Pégot-Ogier (1877-1915), peintre, dessinateur et illustrateur français. Collaborateur du journal hebdomadaire Le Breton de Paris entre 1909 et 1913, il y réalise des chroniques d’art ainsi que des dessins et illustrations. En février 1910, le Dr Le Fur (fondateur du journal en mai 1908) commande à Pégot-Ogier la représentation d’un diplôme d’honneur que le journal souhaite remettre aux marins bretons pour leur rôle pendant les inondations de Paris en 1910. On aperçoit d’ailleurs en bas à droite de l’image une place pour le nom du destinataire de chaque diplôme, présenté comme un hommage que leur rend le journal.

En effet plusieurs dizaines d’entre eux, équipés de barques appartenant à la ville, se dévouèrent pour assurer de nombreux déplacements sur les rues transformées en cours d’eau. Cela permit, entre autres, à de nombreux parisiens de se mettre à l’abri.

Encadrée par de petites bouées, la lithographie montre les rues inondées de Paris, symbolisée par la Tour Eiffel et Notre Dame se détachant à l’horizon. On devine le niveau de la crue en se référant aux lampadaires, qui sont plus qu’à demi immergés. Toute la ville semble touchée : c’est à perte de vue que s’étend ce paysage aquatique. Au premier plan, deux barques se touchent, dirigées par les marins bretons à la rame, à la gaffe ou à la pagaie. La plus grande transporte femmes, enfants et paquets.

  Interprétation

Améliorer l’image de l’immigré breton

Le Breton de Paris est un journal « fait par des Bretons et pour des Bretons », lié à la Société de la Mutualité Bretonne, destiné à informer aider et organiser l’importante communauté d’immigrés bretons présents à Paris et en banlieue. Après une émigration massive entamée durant la deuxième partie du XIXème siècle, qui s’explique par la misère et la forte natalité de ces populations rurales venues chercher du travail à Paris, on compte en effet plus de 200 000 bretons dans l’agglomération parisienne en 1910.

L’objet de ce diplôme est de revaloriser l’image de ces immigrés, travailleurs pauvres souvent craints et mal vus par la population parisienne. Dans leur élément nautique accidentellement transposé à Paris, on découvre ainsi les vertus des bretons : c’est avec sérieux, sérénité, courage et droiture que les marins, debout sur la barque, guident en toute sécurité les plus faibles dans les eaux agitées (ainsi que le suggère l’effort que doit faire le rameur pour orienter la petite barque) de Paris. Bien sûr, il s’agit de vendre autant d’hebdomadaires que de diplômes, mais aussi de renvoyer une image « héroïque » des bretons aux immigrés eux-mêmes, aux bretons de Bretagne, et aux parisiens. Le souvenir ainsi proposé, qui n’est pas sans rappeler certaines images touristiques de Paris ou de Venise (pensons aux gondoles), est une scène aquatique plus symbolique que paisible qui entretient une mythologie du breton, marin solide sachant garder le cap dans la tempête.

Auteur : Alban SUMPF


Bibliographie

  • Marc AMBROISE-RENDU, 1910, Paris inondé, éditions Hervas, Paris 1997.
  • R. MARTI et T. LEPELLETIER, L’hydrologie de la crue de 1910 et autre grandes crues du bassin de la Seine, in La Houille Blanche, n°8, 1997.
  • Marc TARDIEU, Les bretons de Paris de 1900 à nos jours, éditions du Rocher, Paris, 2003.

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