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Auguste Mariette

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Auguste Mariette, dit Mariette-Pacha (1821-1881).

© Photo RMN-Grand Palais - Droits réservés

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Titre : Auguste Mariette, dit Mariette-Pacha (1821-1881).

Auteur : Joseph Gabriel SENTIS DE VILLEMUR (1855-)
Date de création : 1899
Dimensions : Hauteur 54 cm - Largeur 48 cm
Technique et autres indications : Sculpture en marbre.
Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 87-002489 / RF4558

  Contexte historique

Riche de trois millénaires d’histoire, l’Égypte voit son antique culture s’effacer peu à peu à la suite des conquêtes grecque et romaine. Le triomphe du christianisme et la victoire de l’islam plongent son passé pharaonique dans un oubli de quinze siècles. Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que le monde de l’Égypte ancienne passionne à nouveau les esprits occidentaux. Le père jésuite Claude Sicard (1677-1726) est le premier à visiter Abydos, Edfou et Philae. Il dresse la première carte connue de l’Égypte. Après lui, le consul de France Benoît de Maillet (1656-1738), Louis Frédéric Norden (1708-1742), Richard Pococke (1704-1765) et le comte de Volney (1757-1820) apparaissent comme des précurseurs de l’expédition française en Égypte qui aboutit, entre 1798 et 1801, à une véritable redécouverte de son histoire. La monumentale Description de l’Egypte qui en résulte est l’incontestable fondement d’une égyptologie qui connaît un essor spectaculaire au cours des décennies suivantes. L’étude de la pierre de Rosette, complétée par l’examen des textes conservés dans la collection des rois de Sardaigne, permet à Jean-François Champollion (1790-1832) de résoudre l’énigme des hiéroglyphes. Vient le temps des grandes expéditions scientifiques. Karl Richard Lepsius (1810-1884) s’engage dans cette voie de 1842 à 1845. À partir de 1850, Auguste Mariette (1821-1881) effectue plusieurs séjours en Égypte, où il exhume des objets archéologiques de première importance, qui viennent enrichir les collections du musée du Louvre. Il ouvre d’innombrables chantiers de fouilles – Saqqara, Abydos, Karnak, Dendérah, Edfou, Deir el-Bahari, Tanis, Saïs, Mendès, Bubastis, entre autres – qui nourrissent de nombreuses publications qui font encore autorité aujourd’hui.

  Analyse de l'image

Sculpté dans le marbre par Joseph Gabriel Sentis de Villemur, ce portrait posthume d’Auguste Mariette représente l’égyptologue vieillissant mais au faîte de sa renommée. La rosette de la Légion d’honneur, dont il a été décoré en 1852, orne le revers de sa redingote. Il porte le fez, coiffure qui orientalise résolument le personnage. Mariette est en effet devenu au fil des ans une haute personnalité égyptienne. Sur la recommandation de Ferdinand de Lesseps et du prince Jérôme Bonaparte, le vice-roi d’Égypte Saïd Pacha le rappelle au Caire en 1858 et lui confie la direction des Monuments historiques, organisme chargé de veiller sur l’héritage des pharaons et de mettre un terme au pillage dont les ruines sont l’objet depuis des siècles. Auguste Mariette est alors inspecteur général et conservateur des monuments d’Égypte. Il est également chargé de fonder au Caire, dans le quartier du port fluvial de Boulaq, un musée destiné à abriter les œuvres provenant des chantiers de fouilles. Le musée de Boulaq est solennellement inauguré le 1er octobre 1863 par le successeur de Saïd Pacha, Ismaïl Pacha. En remerciement des efforts accomplis pour la protection du patrimoine égyptien, le vice-roi lui décerne le titre honorifique de Pacha en 1879. C’est en Égypte, à Boulaq, qu’Auguste Mariette choisit de mourir le 18 janvier 1881. C’est donc davantage un savant égyptien qu’une personnalité française que le sculpteur a représenté ici. Il n’en reste pas moins que ce buste est l’un des nombreux témoignages de la reconnaissance qu’exprime la République à l’égard de ses élites intellectuelles, dont elle entend faire des figures nationales en cette fin de XIXe siècle.

  Interprétation

« Je suis tout à l’Egypte, elle est tout pour moi. » Auguste Mariette aurait fort bien pu reprendre à son compte cette devise de Jean-François Champollion, son illustre prédécesseur. La carrière de ces deux prestigieux égyptologues n’est d’ailleurs pas sans similitudes. Issus d’un milieu modeste, enseignants l’un et l’autre, l’étude des langues anciennes – le copte notamment – est à l’origine de leur passion pour l’Égypte antique. Très tôt, Mariette se procure le Précis du système hiéroglyphique des anciens Egyptiens de Champollion et s’initie à la lecture des hiéroglyphes. En 1849, il est nommé auxiliaire à la conservation des Antiquités égyptiennes du musée du Louvre. En 1850, le ministère de l’Instruction publique lui confie une première mission en Égypte, où il doit faire l’acquisition de manuscrits coptes et syriaques. Mais sa mission ayant échoué, il utilise les fonds qui lui ont été alloués pour entreprendre des fouilles dans la nécropole de Saqqara et il met au jour le Serapeum de Memphis, nécropole des taureaux sacrés Apis.

Ces découvertes et les nombreux objets archéologiques que Mariette dépose au musée du Louvre – en particulier le fameux Scribe accroupi – lui assurent une grande notoriété. Nommé conservateur adjoint des Antiquités égyptiennes au Louvre, il n’en retourne pas moins en Égypte en 1858. Il conduit de nouvelles fouilles à Gizeh, Saqqara, Thèbes, Edfou, Abydos et dans l’île Éléphantine, entre autres. En 1872, 2 780 ouvriers travaillent sous sa direction. Il publie le compte-rendu de ses trouvailles dans la Revue archéologique. L’Exposition universelle de 1867 et l’exposition égyptienne de 1878 lui permettent de produire à Paris et en Europe le résultat de ses considérables travaux. En 1871, il collabore à la rédaction du livret d’Aïda, l’opéra de Giuseppe Verdi. Il en conçoit aussi les décors et les costumes pour la première représentation qui a lieu au Caire le 24 décembre 1871, à l’occasion de l’inauguration du canal de Suez. Chez Auguste Mariette, l’égyptologie confinait sans nul doute à l’égyptomanie !

Auteur : Alain GALOIN


Bibliographie

  • Élisabeth DAVID, Mariette Pacha, Paris, Pygmalion, 1997.
    Marc DESTI (dir.), catalogue de l’exposition Des dieux, des tombeaux, un savant. En Egypte sur les pas de Mariette Pacha, Boulogne-sur-Mer, 10 mai-30 août 2004, Paris, Somogy, 2004.
  • Gilles LAMBERT, Auguste Mariette, Paris, Éditions Jean-Claude Lattès, 1997.
  • Claudine LE TOURNEUR D’ISON, Mariette Pacha ou le Rêve égyptien, Paris, Plon, 1999.
  • Auguste MARIETTE, Voyage dans la Haute-Egypte : compris entre Le Caire et la première cataracte, Paris, rééd. Errance, 1999.
  • Jean VERCOUTTER, A la recherche de l’Egypte oubliée, Paris, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard » n° 1, 1998.
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