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Julius Meier-Graefe

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Julius Meier-Graefe.

© Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski

Agrandissement - Zoom

Titre : Julius Meier-Graefe.

Auteur : Lovis CORINTH (1858-1935)
Date de création : 1914
Date représentée : 1914
Dimensions : Hauteur 90.4 cm - Largeur 70.4 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 08-501316 / RF1977-109

  Contexte historique

La vie intellectuelle à Berlin au tournant du XXe siècle

Nés respectivement en 1858 et 1867, Lovis Corinth et Julius Meier-Graefe sont deux éminentes personnalités de la vie artistique et intellectuelle berlinoise, à l’écoute de l’actualité internationale. Dès 1894, le jeune critique Meier-Graefe dirige ainsi Pan, une revue d’art et de littérature influencée par Nietzsche, Dostoïevski, Ibsen et soutenant à la fois les impressionnistes français et le Jugendstil, version germanique de l’Art nouveau. En 1898, Max Liebermann et une poignée d’artistes, bientôt rejoints par Lovis Corinth, créent la Sécession berlinoise, pour se libérer de l’emprise étouffante de l’académisme. Soutenu par le marchand Paul Cassirer, ce groupe prône l’ouverture et affirme son admiration pour des artistes étrangers tels que Munch, Puvis de Chavannes ou, plus tard, Picasso. Refondu en 1911, il est un temps dirigé par Corinth qui est alors aussi le plus célèbre portraitiste mondain de la capitale. Meier-Graefe et Corinth se rapprochent à la fin des années 10, avec l’exécution de ce portrait, puis en 1919 avec la publication par le critique d’un recueil d’estampes du peintre, Antike Legenden.

  Analyse de l'image

Le portrait d’un critique

Lovis Corinth offre un portrait expressionniste de Meier-Graefe à la composition très sobre et aux tons monochromes. Le modèle est représenté assis légèrement de biais, appuyé au dossier de son siège, ses deux mains croisées devant lui introduisant une distance vis-à-vis du spectateur. le visage sévère est légèrement animé par l’esquisse d’un sourire.

Corinth souligne ainsi la position distanciée du critique, qui observe et "analyse" les œuvres et les idées ; l’éclairage focalisé sur le visage et la tête du personnage insiste quant à lui sur son caractère d’éminent intellectuel.

  Interprétation

Un passeur d’idées entre la France et l’Allemagne

Julius Meier-Graefe s’est d’abord fait connaître en Allemagne, mais aussi en France, par ses écrits. Engagé dans un combat critique en faveur de l’impressionnisme avec Pan, il se consacre ensuite avec passion à la défense de l’Art nouveau, grâce à la création d’un périodique publié en deux versions à Munich et à Paris à partir de 1898 : Dekorative Kunst / L’Art décoratif. En 1899, Meier-Graefe ouvre même à Paris une galerie où il présente un ensemble d’artistes emblématiques de ce courant, offrant une place de choix au Belge Henry Van de Velde. Vers 1905, déçu par l’évolution de l’Art nouveau, il s’en détourne pour s’intéresser à la peinture française du milieu du XIXe siècle. Par la qualité de sa réflexion théorique, il est considéré comme l’un des historiens d’art et critiques majeurs du début du XXe siècle en Allemagne. Animé par la volonté d’agir sur l’art de son temps, il a participé, comme Lovis Corinth, aux tentatives de dialogue de l’Allemagne avec les artistes français, mettant à profit les ressources nouvelles qu’offrait la presse artistique, alors en plein essor.

Auteur : Fabienne FRAVALO


Bibliographie

  • Collectif, catalogue de l’exposition Lovis Corinth (1858-1925), entre impressionnisme et expressionnisme, Paris, musée d’Orsay, 1er avril-22 juin 2008, Leipzig, Museum für bildenden Künste, 10 juillet-18 octobre 2008, Ratisbonne, Kunstforum Ostdeutsche Galerie, 9 novembre 2008-15 février 2009, Paris, R.M.N., 2008.
  • Thomas GAEHTGENS, « Les rapports de l’histoire de l’art et de l’art contemporain en Allemagne à l’époque de Wölfflin et de Meier-Graefe », Revue de l’art, n° 88, 1990, p. 31-38.
  • Catherine KRAHMER, « Meier-Graefe et Delacroix », Revue de l’art, n° 99, 1993, p. 60-68.
  • Kenworth MOFFET, Meier-Graefe as art critic, Munich, Prestel-Verlag, 1973.

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